Les Cahiers de Nutrition et de Diététique

Le diabète en France en 2016


Diabète, sucre, consommation

Santé Publique France a produit un état des lieux de la prévalence du diabète et de ses complications en France en 2016. Le point sur les principaux éléments à retenir.

Santé Publique France a produit un état des lieux de la prévalence du diabète et de ses complications en France en, 2016. Le point sur les principaux éléments à retenir.

En 2016, 3,3 millions de français reçoivent un traitement médicamenteux pour un diabète (tous types confondus), soit 5 % de la population. Les hommes sont légèrement plus nombreux que les femmes (1,8 millions versus 1,5 millions). La fréquence du diabète augmente avec l’âge, atteignant un pic chez les 75 à 85 ans (21 % des hommes, 15 % des femmes). Elle est aussi marquée par des disparités territoriales. Les taux les plus élevés sont observés dans les départements d’Outremer : plus de 20 %, deux fois plus de cas en Réunion qu’en Métropole à âge identique. En métropole, c’est la Seine-Saint-Denis qui affiche le taux le plus élevé (1,5 fois plus élevé que sur le reste du territoire), suivi par le Val d’Oise (1,3), le Pas-de-Calais (1,3), l’Aisne, le Nord et les Ardennes (1,2). Les départements où le taux de diabète est le plus faible sont l’Îlle-et-Vilaine (0,6 fois moins élevé), le Finistère, les Côtes-d’Armor, le Morbihan (0,7) ainsi que la Mayenne et la Loire-Atlantique (0,7).

Parmi les personnes identifiées, plus de 8100 ont été hospitalisées pour un infarctus du myocarde transmural, plus de 19 800 pour un AVC, plus de 26 700 pour une plaie du pied, plus de 8400 pour une amputation de membre inférieur et plus de 4400 ont été mises sous dialyse ou eu une greffe rénale. L’âge moyen des personnes hospitalisées pour ces complications était de plus de 69 ans. Les hommes étaient 1,5 (AVC, dialyse, plaie du pied) à 2,7 fois plus touchés (infarctus, amputation) par ces complications que les femmes. Notons que ces chiffres sont certainement sous-estimés car ils ne prennent en compte que les sujets identifiés sur la base de leurs remboursements de traitements antidiabétiques.

Des disparités territoriales s’expriment encore une fois sur l’incidence de la plupart des complications avec des taux 1,2 à 1,9 fois supérieurs en Outremer comparé à la métropole, en dehors du taux d’incidence des hospitalisations pour plaie du pied et de celui pour infarctus du myocarde qui sont inférieurs. En métropole, les Hauts de France se distinguent par des taux plus élevés d’amputations (1,3 fois plus élevé que le taux national) et de plaies des pieds (1,4 fois plus). Les taux d’infarctus du myocarde sont plus élevés en Centre- Val de Loire (1,3 fois plus). À l’inverse, la Corse et la région PACA montrent les taux les plus faibles de plaies du pied, et la Bretagne, de mise sous dialyse ou greffe rénale.

Entre 2010 et 2016, les taux d’incidence des hospitalisations pour infarctus du myocarde transmural et pour amputation de membre inférieur sont restés stables alors que ceux des hospitalisations pour plaie du pied et pour AVC ont augmenté. Concernant les examens de suivi recommandés, en 2016, 86 % des sujets diabétiques ont fait réaliser le dosage de la créatininémie et 74 % celui des lipides. En revanche, ils ne sont encore que 31 % à avoir réalisé les dosages de microalbuminurie, 39 % le suivi ophtalmologique bisannuel, 54 % les dosages d’HbA1c et 64 % le suivi cardio- logique.

L’analyse des données révèle que le diabète est plus fréquent chez les personnes les plus défavorisées. Par exemple, la prévalence du diabète était deux fois plus élevée chez les plus de 60 ans bénéficiant de la CMU-C que chez celle n’en bénéficiant pas (3,4 % versus 1,6 %). La prévalence était aussi plus élevée dans les communes défavorisées (1,4 fois chez les hommes et 1,7 fois chez les femmes) comparé à celle des communes les plus favorisées. Enfin, le taux d’incidence de la mise sous dialyse ou greffe rénale est 1,3 fois plus élevé dans les communes les moins favorisées et l’incidence des plaies du pied et des amputations de membre inférieur 1,4 fois plus élevé (signe probable d’une prise en charge trop tardive).

  C. Costa  « © Société Française de Nutrition. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés ».

Le poids du diabète en France en 2016 Synthèse épidémiologique santé publique France. Nov 2018. http://www.santepubli quefrance.fr/.

 

Date de publication : 24/04/2019

Pour vous abonner et retrouver tout les articles des Cahiers de Nutrition et de Diététique, cliquez ici