Nutrition générale

Poisson, acides gras polyinsaturés et déclin cognitif : un effet dose ?


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Cette méta-analyse (21 études) explore le lien entre la consommation de poisson ou d’acides gras polyinsaturés et le risque de déclin cognitif dans des populations adultes.

La consommation de poisson et d’acides gras polyinsaturés (AGPI) pourrait apporter un bénéfice au niveau des fonctions cognitives. Pour étudier l’étendue de ce bénéfice, les investigateurs ont analysé 21 études (n=181 580) qui avaient exploré l’association entre la consommation de poisson, d’AGPI ou d’oméga-3 avec le risque cognitif. Dans ces 21 études, 4 438 cas de déclin cognitif ont été identifiés durant les périodes de suivi (2,1 à 21 ans).

Une méta-analyse portant sur les six études relatives à la consommation de poisson a pu montrer l’existence d’un effet dose entre la consommation de poisson et le risque de trouble cognitif. La consommation d’une portion par semaine de poisson était associée à un risque plus faible :

  • de démence (RR : 0,95 ; IC95% : 0,90 - 0,99 ; P = 0,042, I2 = 63.4%)
  • de maladie d’Alzheimer (RR : 0,93 ; IC95%: 0,90, -0,95 ; P = 0.003, I2 = 74.8%).

Les auteurs ont observé de manière générale une association significative entre la consommation de poisson (de 0 à 5 portions par semaine) et le risque de maladie d’Alzheimer (p<0,001). La consommation de 2 portions de poisson par semaine était associée, en comparaison avec l’absence de consommation de poisson, à un risque relatif de maladie d’Alzheimer de 0,79 (IC95% : 0,66-0,95). Avec 4 portions par semaine, ce risque relatif s’élevait à 0,71 (IC95% : 0,62 – 0,81). Cette association n’a pas pu être démontrée de façon significative au niveau du risque de démence.

Un apport de 8 g d’AGPI par jour était associé à un risque relatif poolé :

  • pour le trouble cognitif léger de 0,71 (IC95% : 0,59 - 0,82; P = 0,733, I2 = 0%),
  • pour la maladie de Parkinson de 0,90 (IC95% : 0,80 - 0,99 ; P = 0,221, I2 = 33,7%).

Les auteurs ont observé de manière générale une association significative entre les apports en AGPI (de 0 à 20 g/j) et le risque de trouble cognitif léger (p<0,001). Cette association n’a pas pu être démontrée de façon significative au niveau du risque de maladie de Parkinson.

Un apport de 0,1 g par jour d’acide docosahexaénoïque (DHA) d’origine alimentaire était associé à un risque diminué :

  • de démence (RR : 0,86 ; IC95% : 0,76 - 0.96 ; P < 0,001, I2 = 92,7%),
  • de maladie d’Alzheimer (RR : 0,63 ; IC95% : 0,51 – 0,76 ; P < 0,001, I2 = 94,5%).

 

Ce qu’il faut retenir :

Une consommation plus importante de poisson et de DHA d’origine marine pourrait être associée à un risque plus faible de démence et de maladie d’Alzheimer. Une consommation plus élevée d’AGPI pourrait être liée à un risque plus faible de trouble cognitif léger.

 

Zhang Y et al. Intakes of fish and polyunsaturated fatty acids and mild-to-severe cognitive impairment risks: a dose-response meta-analysis of 21 cohort studies. Am J Clin Nutr. 2016 ; 103 (2) : 330-40.

Date de publication : 22/06/2017