Nutrition générale

Activité physique, nutrition et obésité


Activité physique, nutrition et obésité

Cette revue générale rassemble plusieurs études dont l’objectif est de mettre en évidence l’intérêt de l’activité physique et de la nutrition dans la prise en charge de l’obésité mais aussi l’importance de conseils associés individualisés à chaque patient

L’activité physique a de nombreux bénéfices, tant au niveau de la perte de poids et du maintien de la composition corporelle que du traitement des complications liées à l’obésité, et cela d’autant plus lorsqu’elle est associée à un régime adapté. En ce sens, la pratique d’une activité physique représente un axe majeur dans la stratégie thérapeutique et dans la prise en charge globale et à long terme des patients obèses.

 

Dans le cadre de la prise en charge de l’obésité, la perte de poids obtenue en associant régime et programme d’activité physique est supérieure à celle résultant du régime seul.

Après un amaigrissement, le maintien du poids représente un enjeu tout aussi important pour le patient. Selon une étude, en pratiquant plus de 40 minutes/jour d’activité physique modérée à intense, les individus ont maintenu une perte de poids supérieure à 10% par rapport au poids initial à 2 ans.

En parallèle avec une augmentation d’activité, l’apport protéique est un facteur important pour le maintien de la masse maigre permettant d’éviter une éventuelle reprise de poids après amaigrissement.

Article

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié le rapport sur l’état de la santé des Français en 2017. Si les Français vont bien, il reste des points à améliorer.

 

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La pratique régulière d’exercices à un effet sur les comorbidités de l’obésité. Les anomalies telles que l’hyperglycémie, l’HTA ou encore le cholestérol sont améliorées par la pratique régulière d’une activité physique d’endurance d’intensité modérée, indépendamment de la masse grasse du sujet. Différentes études prospectives chez l’adulte montrent que les sujets corpulents ayant une bonne capacité physique ont un risque de mortalité total et cardiovasculaire plus faible que les sujets de corpulence normale mais dont la capacité physique est la plus faible.

De plus, les sujets physiquement actifs ont un risque diminué d’incidence et de récidive de cancer. Selon une étude, la pratique d’une activité physique permet une réduction de 20% pour le cancer du sein chez la femme, et de 30% pour le cancer du côlon chez les 2 sexes.

Enfin, cette pratique régulière a des bénéfices psychologiques en améliorant l’humeur, le bien-être et l’estime de soi.

Pour une prise en charge optimale de l’obésité, il est nécessaire d’évaluer le niveau initial de l’activité physique du patient dans ses conditions de vie habituelles, via notamment des questionnaires basés sur sa pratique d’activité et sa sédentarité. L’identification des obstacles d’ordre physique (encombrement volumétrique), psychologique (regard des autres) ou encore socio-environnemental (coût financier des activités) est essentielle pour fixer des objectifs et donner des conseils spécifiques et individuels au patient obèse afin d’optimiser sa prise en charge.

 

Principaux obstacles à la pratique d’activité physique chez le patient obèse et solutions associées

Obstacles

Solutions

Limitation capacité physique (douleurs articulaires…)

Traitement antalgique, adaptation de l’activité

Fatigue permanente

Dépistage syndrome d’apnée du sommeil

Peur des hypoglycémies

Information, adaptation du traitement

Gêne du regard des autres

Relais adaptés (lieux à faible affluence)

Manque de confiance en soi

Encouragement pratique douce, évaluation des progrès

Manque de temps/Obstacles financiers/Difficultés d’accès

Activités vie quotidienne (marche, escalier, vélo d’appartement devant la télévision)

Absence de soutien de l’entourage

Relais associatifs adaptés

Désintérêt pour l’activité physique

Autre approche, relaxation, travail sur la sédentarité

 

Le suivi du patient est indispensable pour le maintien d’un comportement actif. Des outils comme par exemple les podomètres ou accéléromètres sont disponibles afin de mesurer et suivre la progression physique du sujet obèse, renforçant ainsi sa motivation.

 

Ce qu’il faut retenir

 

L’activité physique est un élément essentiel dans la prise en charge de l’obésité et de ses complications. En termes de stratégie thérapeutique, il convient de prendre en compte les situations individuelles des patients obèses, mais également de veiller à ce que les conseils associés soient applicables au quotidien et sur le long terme par le patient.

 

Ciangura C et al. Activité physique, nutrition et obésité. Nutrition Clinique et Métabolisme 2014 ; 28(4) :279–286

 

Date de publication : 23/05/2016