Nutrition générale

Une revue de la littérature met en évidence l’insuffisance des apports hydriques des enfants


Malgré son rôle essentiel, l’eau est souvent absente des recommandations nutritionnelles et l’importance d’une hydratation adéquate est rarement mentionnée. Par ailleurs, peu d’études relatives à la consommation d’eau et d’autres boissons ont été menées, notamment chez les enfants, une population pourtant plus sensible à la déshydratation que les adultes.

Toutefois, l’ensemble de ces travaux ont été analysés et commentés dans une revue menée par Bresson & al paru dans les Cahiers de la Nutrition et de la Diététique au mois de février.

Après avoir rappelé les spécificités des besoins hydriques de l’enfant, les régulations physiologiques permettant de maintenir la balance hydrique et les moyens de mesurer l’état d’hydratation, les auteurs de l’article ont ensuite analysé leur consommation et leur comportement vis-à-vis des boissons sur la base d’études publiées en France et à l’international.

Le besoin en eau, normalisé par rapport au poids corporel, tout comme celui en énergie, est plus important chez le nourrisson et l'enfant que chez l'adulte (d'autant plus important en termes relatifs que le sujet est immature). Chez l’enfant, les pertes urinaires, par évaporation (peau, respiration) ou fécales sont proportionnellement plus importantes lors d’exercices physiques, lors de l’exposition à des températures importantes ou en cas de maladies. La mesure de l’osmolalité urinaire est à ce jour le moyen le plus facile à mettre en œuvre dans le cadre d’une étude à grande échelle de l’état hydrique des enfants notamment lorsqu’elle est réalisée chez les enfants scolarisés.

Les études observationnelles réalisées dans divers pays sur les modes de consommation de boissons des enfants suggèrent toutes la même conclusion : une insuffisance d’apports hydriques ; celle-ci pourrait potentiellement avoir des répercussions sur leurs capacités cognitives. D’autre part, non seulement les enfants boivent insuffisamment mais ils consomment trop de boissons sucrées ceci pouvant affecter leur poids et à plus long terme générer la survenue de certains syndromes liés à ce facteur de risque. Or la seule boisson dont l’enfant ou l’adulte ait besoin est l’eau.

Plusieurs pistes sont évoquées (information des parents, formation du personnel enseignant, amélioration de l’accessibilité à l’eau) pour que le comportement dipsique des enfants évolue afin de permettre une meilleure hydratation, véritable enjeu de santé publique.

Ce qu’il faut retenir

En conclusion, cette revue a mis en évidence l’insuffisance des apports hydriques des enfants et  a permis de mieux comprendre l’influence de leur environnement immédiat sur leurs choix de consommation de boissons, d’où l’importance d’intégrer dans les  programmes nutritionnels une éducation sur le maintien d’une bonne hydratation et d’améliorer l’accessibilité de l’eau dans l’environnement quotidien de l’enfant, notamment à l’école.

 

Bresson JL, Goudable J. Hydratation de l’enfant et comportement dipsique. Cahiers de nutrition et de diététique 2012. Retrouvez l’article sur : http://bresson.etap-elsevier.com

 

Date de publication : 28/03/2013