Nutrition générale

La publicité télévisée fait-elle manger plus ?


La publicité alimentaire fait débat dans les émissions pour enfants, on lui reproche d’être susceptible de favoriser le surpoids. Chez l’adulte, la perception des messages publicitaires influence-t-elle l’apport calorique ?

Objectifs de l’étude

Apprécier d’abord quel est l’impact de regarder la télévision (avec ou sans messages publicitaires), sur les apports caloriques. Puis, il convient de savoir si la mémorisation des messages ou au contraire le fait de les regarder distraitement, joue sur l’apport énergétique et le poids corporel.

 

Participants à l’étude

48 adultes (26 femmes et 22 hommes) de la région de Bâton Rouge en Louisiane :

 

Hommes

Femmes

Age moyen

31,4

32,4

Poids moyen

83,4

68,1

IMC

26,3

25,4

Sont exclus : les sujets prenant un traitement agissant sur l’appétit ou le poids, les fumeurs, les diabétiques et les sujets souffrant de maladies cardio-vasculaires, les femmes présentant une irrégularité menstruelle ou étant enceintes.

 

Protocole

Les sujets sont séparés en 4 groupes :

  • Groupe G1 : c’est le groupe témoin, les sujets ne lisent pas et ne regardent pas la télé pendant le repas
  • Groupe G2 : les sujets doivent lire un texte sur l’utilisation d’Internet pour la sécurité des œuvres d’art pendant qu’ils mangent
  • Groupe G3 : les sujets regardent en mangeant un programme de télévision (sur le même thème que le texte écrit du groupe G2) comprenant 6 publicités alimentaires (des produits qu’ils ingèrent) et 6 publicités non alimentaires durant chacune 30 secondes
  • Groupe G4 : les sujets regardent des programmes télé sans publicité.

Les sujets consomment un petit déjeuner de 359 kcal ; le déjeuner,  4 h après,  et le dîner,  4 h 30 après le repas de midi sont libres, mais les mets doivent être choisis parmi les 16 aliments proposés.

On fait remplir ensuite aux sujets des questionnaires sur le contenu des publicités pour savoir s’ils ont regardé distraitement ou s’ils ont mémorisé leur contenu.

 

Résultats

Dans les 4 groupes, les apports en calories et en micronutriments ne diffèrent pas (p > 0,65). Par contre :

  • Le souvenir des messages publicitaires est corrélé au poids (r = 0,36 ; p < 0,05) et à l’apport calorique chez ceux qui regardent la télé (r = 0,39 ; p < 0,05 sans publicité et r = 0,29, p = 0,06 avec publicités)
  • La distraction est corrélée au poids (r = 0,36 ; p < 0,05) et pour 13 % de la variance de l’apport calorique chez les hommes (p = 0,11).

 

Conclusion

Contrairement à ce qu’on affirme trop souvent, chez l’adulte, regarder la télévision en mangeant ne jouerait ni sur l’importance de l’ingesta calorique, ni sur le poids.

Par contre, des caractéristiques personnelles, tenant à l’individu, comme la mémorisation des messages de la publicité ou la distraction, pourraient influencer le poids ou l’importance des calories ingérées.

Il faudrait, par d’autres études, préciser quels sont les facteurs individuels entrant en ligne de compte et pouvoir ainsi les intégrer dans les études de consommation.

Il serait souhaitable de faire une étude similaire chez les enfants à différents âges.

 

C.K. Martin Association between energy intake and viewing television, distractibility, and memory for advertisements.  Amer J Clin Nutr. 2009, 89, 37-44

 

Date de publication: 10/12/2012