Nutrition générale

L’Inra publie une enquête sur les pratiques culinaires des ménages franciliens


Afin de mieux comprendre les pratiques culinaires des ménages, l’Inra a analysé l’organisation en cuisine et la répartition des tâches de 818 foyers franciliens. Des différences ont été identifiées selon le sexe, l’âge, le rythme de vie, le lieu d’habitation et les compétences culinaires des participants.

En France, les produits consommés par les ménages ont été largement étudiés mais peu de données sont disponibles concernant les comportements culinaires des individus. L’Inra a donc administré des questionnaires à 818 ménages franciliens afin d’étudier le partage des tâches dans le foyer, les savoir-faire et les comportements en cuisine. Les achats sur 15 jours ont été étudiés auprès de 802 foyers grâce à des carnets d’approvisionnement.

L’enquête a permis d’identifier que, parmi les personnes préparant le plus fréquemment le repas du soir, 42 % cuisinent moins de 30 minutes par jour. Cette proportion est plus élevée chez les hommes, les jeunes, les personnes vivant seules, les plus diplômées et celles rentrant chez elles après 18 h. Concernant l’investissement en cuisine, l’étude a montré que le « fait-maison » est plutôt l’apanage des femmes (50 % d’entre elles en font régulièrement contre 26 % des hommes), des personnes les moins diplômées, de celles qui fréquentent les marchés et les commerces Bio, et de celles domiciliées en banlieue.

En termes de répartition des tâches au sein des ménages, il est apparu que les femmes sont plus nombreuses à préparer les dîners en semaine (2/3 des ménages) bien que la moitié n’aime pas cuisiner au quotidien (contre seulement 20 % des hommes). Cependant, elles sont plus nombreuses que les hommes à estimer bien cuisiner (72 % et 62 % respectivement), surtout après 45 ans.

En analysant les commerces fréquentés, les compétences culinaires ressenties des participants et le temps passé à préparer les repas, 3 types de cuisine ont été identifiés parmi les ménages franciliens :

  • la cuisine « nature » (30 % de l’échantillon) est réalisée par des personnes fréquentant les commerces Bio et cuisinant entre 30 et 45 min par jour. Cet échantillon se subdivise en deux groupes. L’un est composé d’hommes seuls, jeunes, diplômés et réalisant peu de « fait maison », et l’autre majoritairement de femmes vivant en couple mais sans enfant, se considérant bonnes cuisinières et adeptes du « fait maison » ;
  • la cuisine « élaborée » (35 % de l’échantillon) est observée chez des individus fréquentant les marchés et cuisinant plus de 45 min par jour. Ces couples avec enfants et revenus modestes (30 – 45 ans) ou sans enfant (plus de 45 ans) se déclarent compétents en cuisine et réalisent de nombreux produits maison ;
  • la cuisine « vite fait » (30 % de l’échantillon) concerne des hommes seuls, de moins de 30 ans, très diplômés et des familles, en particulier monoparentales, d’âge et de diplôme intermédiaire. Ils cuisinent peu, se considèrent mauvais cuisiniers et achètent davantage de plats préparés que les autres.

 

Ce qu’il faut retenir

Cette étude a permis d’identifier des profils types parmi les franciliens en termes de pratiques culinaires. Ainsi, les individus s’estimant compétents passent du temps en cuisine, n’achètent pas de produit tout prêt et fréquentent les marchés tandis que d’autres, majoritairement jeunes et masculins, cuisinent rapidement, fréquentent les supermarchés et se jugent moins compétents en cuisine. Le rythme de vie joue également un rôle dans les pratiques culinaires des franciliens. Ces résultats soulignent l’importance de prendre en compte les pratiques culinaires des ménages pour comprendre leurs habitudes de consommations.

Gojard S. et al. Les pratiques culinaires des ménages franciliens. Inra - Février 2013. ALISS Notes n°1.

 

Date de publication : 07/06/2013