Nutrition générale

Chocolat et santé : de nouvelles études


De nombreuses publications, depuis plusieurs années, rapportent les effets de protection cardio-vasculaire du chocolat. De nouveaux travaux confirment ces orientations.

A. Buitrago-Lopez et al. de l’Université de Cambridge 1, ont cherché à analyser l’association entre la consommation de chocolat et le risque de développer des désordres métaboliques. 7 études (6 études de cohorte et une étude transversale) ont été incluses dans une méta-analyse, avec au total 114 009 sujets âgés de 25 à 93 ans, suivis pendant 8 à 16 ans, à qui l’on demandait leur fréquence de consommation de chocolat sous toutes ses formes (tablettes, bonbons, barres, biscuits, desserts, boissons) et sans distinction entre les chocolats noir, au lait ou blanc. Compte tenu des quantités ingérées et de la fréquence de consommation très hétérogènes, les auteurs de cette méta-analyse ont choisi de ne considérer que les consommations les plus élevées (1 fois par jour ou plus) et les plus faibles (1 fois par mois ou moins).

Dans 5 études, la consommation moyenne était de 1,7 à 7,5 g/jour. Une association significative a été trouvée sur 14875 sujets entre la consommation de chocolat et la diminution des désordres métaboliques. Chez les gros consommateurs, par rapport aux plus faibles, on observe une réduction de 37 % des affections cardio-vasculaires (RR 0,63 ; IC 95 % = 0,44 à 0,90 ; p< 0,001) et de 29 % des accidents vasculaires cérébraux (RR 0,71 ; IC 95 % = 0,52 à 0,98 ; p = 0,183). Par contre, il n’y a pas d’action sur l’insuffisance cardiaque.
Ces effets pourraient s’expliquer par l’action des polyphénols du cacao : meilleure biodisponibilité de l’oxyde nitrique, protection endothéliale, réduction de la tension artérielle, amélioration de la résistance à l’insuline et hypocoagulabilité par action sur les plaquettes sanguines 2.

 

En parallèle, OA Tokede et al. ont étudié l’influence de la consommation de chocolat noir ou de boisson à base de poudre de cacao riches en flavonoides, sur les lipides sanguins. Une méta-analyse 3 a inclus 10 essais cliniques réunissant 320 participants suivis de 2 à 12 semaines. Les sujets absorbaient chaque jour, soit un chocolat placebo, soit de 20 à 100 g de chocolat noir ou 31 à 105 g de boisson chocolatée, contenant respectivement 0 à 75 mg et de 88 à 963 mg de flavanols. Après l’intervention, avec les produits chocolatés riches en flavanols (par rapport au placebo) : le LDL-cholestérol a été réduit de 5,90 mg/dl (- 1,32 à - 10,47 mg/dl) et le cholestérol total de 6.23 mg/dl (-11,60 à – 0.85 mg/dl). Les taux de HDL cholestérol et de triglycérides n’ont pas été modifiés. Ce résultat s’expliquerait par le fait que, parmi les acides gras saturés du chocolat, l’acide stéarique se transforme en acide oléique (monoinsaturé) lors de la digestion.

On peut noter que pour obtenir les effets préventifs décrits, les quantités de chocolat consommées sont très variables d’une étude à l’autre avec des produits chocolatés très différents. Avec un chocolat noir riche en polyphénols, les effets bénéfiques pourraient être obtenus avec de faibles doses, tout à fait compatibles avec l’équilibre alimentaire quotidien.

 

[1] A. Buitrago-Lopez et al. Chocolate consumption and cardiometabolic disorders: systematic review and meta-analysis. BMJ 2011; 342: d4480
[2] M.G. Shrime et al. Flavonoids-rich cocoa consumption affects multiple cardiovascular risk factors in a meta-analysis of short-term studies. The Journal of Nutrition 28 septembre 2011-10-07
[3] O.A. Tokede et al. Effects of cacao products/dark chocolate on serum lipids: a meta-analysis. Eur J of Clin Nutr 2011, 65, 879-886

 

Date de publication: 10/12/2012