Nutrition générale

Réduction du sel : quels bénéfices peut-on attendre ?


Les maladies cardio-vasculaires sont une cause importante de morbidité et de mortalité. L’apport de sodium est souvent cité parmi les facteurs de risque, notamment en fonction de son action sur la tension artérielle. Quel peut être l’impact de la réduction de sel dans la population ?

Aux USA, les recommandations de consommation de sel sont de 5,8 g/jour (2300 mg de sodium), sauf pour les sujets de plus de 40 ans et les hypertendus, chez lesquels on conseille un apport de 3,7 g/jour (1530 mg de sodium). En 2006, la consommation de sel aux USA était, en moyenne, de 7,3 g/j chez les femmes et 10,4 g/j chez les hommes.

 

Méthode
K. Bibbins-Domingo 1 a voulu apprécier les bénéfices d’une réduction de la consommation de sel à 3 g/jour (1200 mg de sodium). Pour réaliser cette estimation, les auteurs ont utilisé un programme informatique (CHD Policy Model) simulant la progression des affections cardio-vasculaires chez les adultes américains âgés de 35 à 84 ans.

 

Résultats

Baisse estimée de la tension artérielle (en mmHg) :

 

Baisse de sel de 1 g/jour

Min  -   Max

Baisse de sel de 3 g/jour

Min   -    Max

Chez les hypertendus

             1,20  -  1,87

3,60   -   5,61

Chez les sujets > 65 ans

1,20   -   1,87

3,60   -   5,61

Chez les autres sujets

0,60   -   1,17

1,80   -   3,51

Impact sur les affections cardio-vasculaires :

La réduction de sel de 3 g/j dans la population américaine pourrait éviter :

  • 60 000 à 120 000 accidents coronariens
  • 32 000 à 66 000 accidents vasculaires cérébraux (AVC).

 

Cette diminution aurait un effet bénéfique comparable :

  • à une baisse de 50 % du nombre de fumeurs
  • à une baisse de 5 % de l’IMC
  • à la prise d’une statine chez les sujets à risque cardio-vasculaire faible ou moyen.

 

Conclusion
Si cet objectif de forte diminution de l’ingestion de sel paraît difficile à obtenir à court terme, la simulation montre qu’une simple baisse de 1 g/jour de la consommation de sel (beaucoup plus facile à réaliser), se solderait déjà par un effet favorable sur l’incidence des maladies cardio-vasculaires et la baisse des dépenses de santé qu’elles occasionnent. En effet, elle entraînerait une diminution de l’incidence des accidents coronaires de 22 000 à 37 000 cas/an et des AVC de 13 000 à 20 000 cas/an.

 

Quelles perspectives pour la France ?
Même si les consommations de sel sont un peu moindres en France qu’aux USA, les conclusions de cette étude peuvent, a priori, s’appliquer dans notre pays.
 Il faut encourager les consommateurs à réduire leurs apports de sel. La teneur en sel dans certaines préparations industrielles et dans le pain (objectif à atteindre : pas plus de 18 g de sel pour 100 kg de farine) a été abaissée. L’étude INCA2 montre qu’entre 1998/99 et 2006/7, chez les adultes de 18 à 79 ans, la consommation de sel a déjà diminué de 5,5 %, passant de 8,1 à 7,7 g/jour ; cette réduction étant plus marquée chez les hommes (-6,6 %) que chez les femmes (- 4,0 %).

 

[1] Bibbins-Domingo K.and al.  Projected effect of dietary salt reductions on future cardiovascular disease. N Engl J Med. 201 February 18, 362, 590-9

 

Date de publication: 10/12/2012