Nutrition générale

Antioxydants et performances cognitives


Le but de cette étude était d’estimer les effets à long-terme d’une supplémentation en antioxydants (à doses nutritionnelles) sur les performances cognitives de sujets ayant participé à l’étude SU.VI.MAX, 6 ans après leur sortie de l’étude.

Méthodologie
Lors de cette étude randomisée en double-aveugle 1, 4 447 Français (hommes et femmes) âgés de 45 à 60 ans (moyenne 52,1 +/- 4,6 ans) ont reçu quotidiennement de 1994 à 2002 : un placebo ou une association d’antioxydants comprenant 120 mg de vitamine C, 6 mg de bêta-carotène, 30 mg de vitamine E, 100 mg de sélénium et 20 mg de zinc.
De 2007 à 2009, soit 6 ans après la fin de l’essai de supplémentation, les performances cognitives des participants ont été évaluées au moyen de 6 tests neuropsychologiques :

  • test de mémoire épisodique (ou RI-48 : rappel de 48 mots)
  • sémantique de fluidité (citation du maximum de noms d’animaux possible)
  • phonémique de fluidité (énumération sur un thème de mots débutant par la lettre P)
  • de souvenir à court-terme (répétition de séquences de chiffres)
  • TMT Delis-Kaplan de flexibilité mentale (séries de chiffres et de lettres à compléter)
  • d’auto-évaluation de l’état dépressif (test CES-D).

L’apport alimentaire était évalué par auto-questionnaire, la prise éventuelle de compléments alimentaires repérée et les concentrations sanguines en micronutriments dosées après prélèvement sanguin à jeun.

 

Résultats
Par rapport au groupe placebo, le groupe ayant reçu la supplémentation en antioxydants a obtenu un meilleur score (+39%) au test de mémoire épisodique (RR : 0,61 ; IC à 95 % de 0,02 à 1,20 ; p = 0,04). En excluant les 462 sujets présentant des symptômes dépressifs (score CES-D ≥ 17 chez les hommes et ≥ 23 chez les femmes), les résultats n’ont pas été substantiellement modifiés (RR : 0,58 ; p = 0,07).
Globalement, aucune différence n’a été notée pour les autres tests.

Des analyses secondaires de sous-groupes montrent que la mémoire verbale a été améliorée chez les fumeurs (p = 0,06) ou les sujets qui avaient initialement une faible concentration sérique en vitamine C (p = 0,05).

 

Conclusion
Ce travail montre le bénéfice de l’apport de faibles doses d’antioxydants sur certaines fonctions cognitives. Ces doses sont dites « nutritionnelles », c´est-à-dire que l’on peut facilement les apporter via l’alimentation, en particulier dans les sous-groupes ayant un statut antioxydant inadéquat au départ. Cet effet favorable est d’autant plus intéressant qu’il semble pouvoir persister plusieurs années (minimum 6 ans) après la fin de la supplémentation.

 

[1] E. Kesse-Guyot, S. Hercberg and al. French adults’ cognitive performance after daily supplementation with antioxidant vitamins and minerals at nutritional doses: a post hoc analysis of the supplementation in vitamins and mineral antioxidants (SU.VI.MAX) trial.
Am J Clin Nutr 2011; 94: 892-9

 

Date de publication: 10/12/2012