Nutrition générale

Fibres et adiposité des enfants en surpoids


Les fibres sont réputées moduler la glycémie et contribuer à prévenir ou améliorer le diabète. Quel est leur impact sur la masse grasse des sujets à risque de diabète ?

Groupe d'inclusion

JN Davis 1 de l’Université de Californie a recruté 85 enfants latino-américains (dont 48 garçons) âgés de 8 à 13 ans, présentant un excès de poids (> 85è percentile) avec un IMC moyen à 96,7 /- 3,6 et une masse grasse moyenne de 28,7 +/- 9,6 kg, dont le  tissu adipeux viscéral moyen (mesuré par absorptiométrie biphotonique) était de 36,6 +/- 21,5 cm2. Leur glycémie moyenne était à jeun de 88,6 +/6,5 mg/dl et de 114,8 +/- 18,8 mg/dl à 2 heures. Au moins une personne dans leurs ascendants (parent ou grand parent), ayant un diabète de type 2.
Ces enfants ont une visite annuelle (comprenant une prise de sang) pendant 2 ans. Le suivi diététique est effectué à chaque visite à partir d’un carnet alimentaire portant sur 2 jours d’ingesta.

 

Apport alimentaire

Il est en moyenne au départ de l’étude de 1769 +/- 577,7 kcal avec 15,3 % de protéines, 32,4 % de lipides, 53 % de glucides (24,2 % de sucres simples dont 14,3 % de sucre ajouté). L’apport de fibres est à 8,5 +/- 3,0 g/1000 kcal (dont 5,7 +/- 2,4 g de fibres insolubles) et un index glycémique moyenne des repas de 59,1 +/- 5,5.

 

Résultats

Au bout de 2 ans, plus l’apport de fibres (totales et insolubles, en g/1000 kcal) augmente, plus la surface de tissu adipeux viscéral diminue (r = - 0,29 ; p = 0,02 et r = - 0,27 ; p = 0,03).
Chez les enfants dont l’apport en fibres totales était réduit d’environ 3 g/1000 kcal, on notait une augmentation statistiquement significative et très préoccupante de la masse grasse (+ 21 %). Par contre, ceux qui avaient augmenté leur apport de fibres de plus 3 g/1000 kcal bénéficiaient d’une diminution de la masse grasse (- 4 % ; p = 0,02).
La baisse des autres paramètres, comme l’apport calorique ou de sucres simples, n’ont aucune influence sur la quantité de tissu adipeux viscéral (source de complications métaboliques).

 

Conclusion

L’augmentation de l’apport quotidien en fibres (aliments complets, céréales riches en fibres, fruits frais et secs, légumes frais et secs) permet donc de diminuer notablement la graisse abdominale et par là même les risques métaboliques.

 

[1] J.N. Davis et al.  Inverse relation between dietary fiber intake and visceral adiposity in overweight Latino youth. Amer J Clin Nutr. 2009; 90: 1160-6

 

Date de publication: 10/12/2012