Nutrition générale

Fibres et prévention du cancer du sein


De nombreuses études ont voulu déterminer si les fibres étaient susceptibles de diminuer le risque de cancer du sein. Leurs résultats sont parfois contradictoires. Une méta-analyse récente permet de faire le point.

Méthodologie
Cette méta-analyse 1 reprend 10 études de cohortes prospectives, incluant 712 195 femmes, parmi lesquelles furent diagnostiqués 16 848 cancers du sein. Leur période de suivi va de 4,3 à 18 ans, avec une moyenne de 8 ans.
Le risque relatif est estimé sur la base la plus élevée de l’apport en fibres, par rapport au quintile inférieur de leur consommation. Les apports ont été évalués par un questionnaire de fréquence alimentaire.

 

Résultats
Dans le quintile le plus élevé (> 30 g de fibres/jour), par rapport au quintile le plus bas (< 10 g/jour), on observe une diminution de la fréquence du cancer du sein de 11 % (RR : 0,89 ; IC 95 % = 0,80 à 0,96).
Ces résultats étaient statistiquement ajustés en fonction de l’âge, de l’IMC, de l’histoire familiale de cancer du sein, du tabagisme, de l’utilisation de traitement hormonal substitutif, de la consommation d’alcool et de graisses animales.

L’analyse des sous-groupes confirme l’association inverse significative entre l’apport de fibres et le risque de cancer du sein, avec une fourchette étroite allant de 0,87 (IC 95% = 0,81 à 0,95) à 0,90 (IC 95 % = 0,82 à 0,98).
Ce résultat n’est pas modifié selon les régions (p = 0,54, 5 études ont été menées en Amérique du Nord, 4 en Europe et 1 en Chine), le temps d’inclusion dans la cohorte (p = 0,53) ou le statut hormonal des sujets (RR = 0,91 en pré-ménopause et 0,92 en post-ménopause ; p = 0,87).

De plus, l’analyse de la quantité de fibres ingérée a montré, de manière significative, que le risque de cancer du sein diminue en moyenne de 7 %, pour chaque augmentation de la consommation de fibres de 10 g/jour (RR : 0,93; IC 95 % = 0,88 à 0,98 ; p = 0,0004). La qualité des fibres n’est pas déterminante, car la consommation de fibres solubles et insolubles est fortement corrélée.

 

Conclusion et physiopathologie
Plus la consommation de fibres est élevée, plus les chercheurs ont observé une baisse significative de la fréquence de cancers du sein, une hypothèse sérieuse étant que les fibres réduiraient les concentrations d’œstrogènes circulants. Ce fait serait dû à la suppression de l’activité de la béta-glucosidase bactérienne dans l’intestin, entraînant une augmentation de l’excrétion oestrogénique dans les selles.

 

[1] Jia-Yi Dong and al. Dietary fiber intake and risk of breast cancer: a meta-analysis of prospective cohort studies. Am J Clin Nutr 2011; 94: 900-5

 

Date de publication: 10/12/2012