Nutrition générale

Les lipides jouent-ils un rôle dans le cancer de la prostate ?


Selon les publications, les données se sont souvent avérées contradictoires en ce qui concerne les rapports éventuels entre la survenue d’un cancer de la prostate et la consommation de lipides.

L’étude multicentrique EPIC 1 dirigée par Elio Riboli, qui recueille les données de 8 pays européens, a suivi 142 520 hommes, de 52 ans d’âge moyen (33-67) lors de l’inclusion, pendant 8,7 ans en moyenne.

Durant cette période, dans cette population, sont survenus 2 727 cas de cancer de la prostate. Les questionnaires alimentaires remplis pendant ces années ont permis de préciser le mode alimentaire et les aliments ingérés.

La consommation de lipides a été classée en 5 quintiles, allant de 31,3 % à 40,4 % de l’apport énergétique, pour apprécier le risque relatif de survenue d’un cancer prostatique.

 

Facteurs de risque observés pour les lipides totaux et les divers acides gras (1= risque 0) :

Lipides

31,3 %

34,6 %

36,3 %

38,1 %

40,4 %

AG totaux

1,0

0,95

0,85

0,90

0,96

AG saturés

1,0

1,01

1,09

0,97

0,97

AG monoinsaturés

1,0

0,96

0,89

0,89

0,98

AG polylinsaturés

1,0

1,07

0,94

0,97

0,98

Polyinsaturés/Saturés

1,0

1,10

1,02

1,10

0,94

On constate qu’aussi bien pour les lipides totaux (RR: 0,96; IC 95%: 0,84-1,09 ; p = 0,155) que pour les divers types d’acides gras, il n’y a pas de corrélation entre l’apport lipidique et la survenue d’un cancer de la prostate (après ajustement multivarié avec la taille, le poids, le tabagisme, le niveau d’éducation, le statut marital et l’apport calorique total).

 

Il n’y a pas non plus de corrélation, en fonction de l’origine des lipides ingérés:

  • viande rouge   RR = 0,98 (p = 0,484)
  • laitages        RR = 0,99 (p = 0,517)
  • poissons      RR = 1,00 (p = 0,837)

 

Néanmoins, il est établi, au travers de nombreuses études, que les quantités et la qualité des lipides consommés peuvent rester un facteur de risque pour d’autres cancers. Il convient donc de ne pas en abuser et de bien les choisir.

 

[1] FL Crowe et coll.  Dietary fat intake and risk of prostate cancer in the European prospective investigation into cancer and nutrition – Amer J Clin Nutr. 2008, 87, 1405-13

 

Date de publication: 10/12/2012