Nutrition générale

Oméga 3, protéine C-réactive et inflammation


Les acides gras oméga 3 sont réputés pour leurs effets antiinflammatoires. Auraient-ils également une action sur la protéine C-réactive (CRP) qui augmente dans les affections cardio-vasculaires ?

L’inflammation chronique joue un rôle important au cours des affections cardio-vasculaires.
I. Reinders et ses collaborateurs 1 ont voulu savoir si des concentrations sériques élevées d’AGPI oméga 3 faisaient ou non baisser le taux sérique de CRP, marqueur biologique de cette inflammation.

 

Méthode
L’étude en cross-over a été conduite sur 1395 hommes finlandais sains, âgés de 42 à 60 ans. Les apports en oméga 3, les taux sériques d’oméga 3 et de CRP ont été évalués. La teneur en mercure dans leurs cheveux a également été étudiée car les poissons riches en oméga 3 peuvent en contenir des quantités importantes.

 

Résultats

Caractéristiques en fonction du taux sérique en oméga 3 (exprimé en pourcentage de tous les acides gras) :

 

1er quartile
2,15-4,43 %

2e quartile
4,44-5,08 %

3e quartile
5,09-6,04 %

4e quartile
6,05-16,16 %

p

Energie kcal/j

2493

2498

2343

2305

< 0,001

Poisson g/j

19,0

35,7

50,8

76,0

< 0,001

Lipides g/j

61

62

57

53

< 0,001

Mercure µg/g

1,19

1,57

2,18

2,53

< 0,001

Concentrations en CRP (en mg/L) selon les quartiles de teneurs en oméga 3

 

1er quartile

2e quartile

3e quartile

4e quartile

p

Oméga 3 totaux

1,23

1,27

1,18

1,08

0,01

EPA

1,23

1,25

1,13

1,13

0,10

DPA

1,51

1,18

1,07

1,03

< 0,001

DHA

1,21

1,24

1,22

1,08

0,05

ALA

1,30

1,13

1,18

1,14

0,08

Ces chiffres sont donnés après régression statistique en fonction de l’âge, du tabagisme et de l’IMC.

 

Conclusion
Les auteurs ont montré qu’il existe une corrélation inverse statistiquement significative entre la concentration en CRP et la teneur totale en acides oméga 3 (surtout à longue chaîne), ainsi qu’avec la teneur en DPA et DHA, mais pas avec la teneur en EPA ou en ALA.
Il n’y a pas de corrélation entre le taux de CRP et les teneurs capillaires en mercure.
En pratique, la consommation d’aliments riches en oméga 3 (poissons gras, mâche, choux, épinards, noix, huile de colza …), peut contribuer à lutter contre l’inflammation, qui joue un rôle prépondérant dans de nombreuses pathologies.

 

[1] I. REINDERS and al. Association of serum n-3 polyinsatured fatty acids with C-reactive protein in men. Eur J of Clin Nutr. 23 november 2011, 1-6

 

Date de publication: 10/12/2012