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Le diabète gestationnel : définition, recommandations et impact à long terme


Diabète gestationnel

Le diabète gestationnel (DG), ou « diabète de grossesse »,  est défini par l’OMS comme un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse. Son dépistage est recommandé chez les femmes enceintes identifiées à risque, car il doit être pris en charge au plus tôt afin d’éviter toute complication chez la mère ou son enfant.

Le diabète gestationnel (DG), ou « diabète de grossesse »,  est défini par l’OMS comme un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse. En fait, deux types de diabètes peuvent alors être diagnostiqués : un diabète de type 2 (DT2) préexistant à la grossesse et découvert seulement à l’occasion de celle-ci, et qui persistera après l’accouchement ; ou bien un diabète réellement apparu en cours de grossesse (DG), généralement en deuxième partie, et disparaissant, au moins temporairement, après l’accouchement. Le DG peut passer inaperçu ou présenter des symptômes de type soif intense, urines abondantes et fatigue importante. Dans l’état actuel du dépistage, la prévalence du DG est estimée entre 2 et 6%, la tendance étant à l’augmentation. Les principaux facteurs de risque sont la surcharge pondérale, l’âge, l’origine ethnique, les antécédents familiaux au 1er degré de DT2, les antécédents obstétricaux de DG ou de macrosomie, ou encore le syndrome des ovaires polykystiques.

Le dépistage du DG est donc recommandé en présence d’au moins un des critères suivants : âge maternel ≥ 35 ans, IMC ≥ 25 kg/m2, antécédents familiaux au 1er degré de diabète, antécédents personnels de DG ou d’enfant macrosome. En cas de risque identifié, il est recommandé de réaliser une glycémie à jeun au premier trimestre, puis, entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée (SA), une hyperglycémie provoquée par voie orale avec 75 g de glucose.

Les critères diagnostiques sont : au 1er trimestre une glycémie à jeun ≥ 1,26 g/L pour le DT2 et une glycémie à jeun ≥ 0,92 g/L pour le DG puis entre 24 et 28 SA, une glycémie à jeun ≥ 0,92 g/L et/ou après une charge orale de 75 g de glucose, une glycémie 1h après  ≥ 1,80 g/L et/ou une glycémie 2 heures après ≥ 1,53 g/L.

Le traitement du DG (diététique, auto-surveillance glycémique, insulinothérapie si indiquée) permet de réduire les complications périnatales sévères, la macrosomie fœtale, et la prééclampsie. La prise en charge diététique reste la principale action à mettre en place. L’apport énergétique recommandé est de 25 - 35 kcal/kg/j, les glucides devraient représenter 40 à 50% de l’apport calorique total et les glucides à Index glycémique bas et les fibres pourraient avoir un intérêt pour le contrôle du DG. Une activité physique régulière, en l’absence de contre-indications, est recommandée environ 30 min 3 à 5 fois par semaine. En cas de DG équilibré et en l’absence d’autres pathologies, le suivi clinique ne sera pas différent des autres grossesses. En cas de DG mal équilibré, il est recommandé de provoquer l’accouchement à un terme approprié, si possible à partir de 39 SA. Les modifications d’hygiène de vie doivent être poursuivies après l’accouchement.

La surveillance de la glycémie est recommandée chez les nouveau-nés de mère avec DG traitée par insuline, ou dont le poids de naissance est inférieur au 10ème ou supérieur au 90ème percentile.

Chez la mère, le DG est associé à un risque accru de prééclampsie, de césarienne, de syndrome métabolique, de pathologies cardiovasculaires et de DT2 ultérieur. Les complications périnatales liées spécifiquement au DG sont rares ; la macrosomie est la principale conséquence néonatale. A long terme, les enfants nés de mères avec DG constituent une population à risque modéré de complications métaboliques ; ce risque est identique, que l’enfant ait été allaité ou non. La surveillance de l’évolution pondérale et de la pression artérielle doit donc être conseillée, ainsi que les mesures qui s’ensuivent (activité physique, suivi diététique et psychologique), ce pour l’enfant et sa famille.

 

Ce qu’il faut retenir : 

Le diabète gestationnel est un diabète apparaissant au cours de la grossesse. Les femmes à risque sont celles âgées de plus de 35 ans, en surpoids, ou avec des antécédents familiaux ou personnels de diabète. La conséquence la plus grave chez la femme enceinte est une prééclampsie, et chez le nouveau-né, une macrosomie. A long terme, la mère risque de développer un DT2, et l’enfant risque d’avoir des complications métaboliques (surpoids, pathologies cardiovasculaires). Il est donc essentiel de dépister le DG chez les femmes à risque, afin de le prendre en charge au plus tôt en cas de diagnostic avéré.

 

Pour en savoir plus : 

https://www.nestlenutrition-institute.org/Resources/Library/Free/nutrition-highlights/Publication00166/Pages/publication00166.aspx

 

Le diabète gestationnel, Référentiel élaboré par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et par la Société francophone du diabète (SFD), Médecine des maladies Métaboliques, Vol. 5 – HS 2, février 2011.

 

Date de publication : 15/06/2015