Nutrition & moments de vie

La dénutrition majore l’immunodépression


Avec l’âge, les réponses immunitaires diminuent. Cela concerne essentiellement l’immunité à médiation cellulaire mais touche aussi l’immunité humorale et non spécifique.

Globalement, on note une diminution de la population lymphocytaire T de faible importance. Mais cette diminution s’accompagne d’une répartition différente des sous-populations et de modifications de leur fonctionnement. Il y a une augmentation des LT* immatures (CD2+CD3+) et NK** (CD2+CD3-) avec une diminution des LT matures et par ailleurs une augmentation des LT mémoire au dépend des LT naïfs. T immatures et T mémoires étant moins activables, il y a alors une moindre réponse fonctionnelle des lymphocytes T.
L’immunité humorale semble moins atteinte, la sous-population lymphocytaire B n’est pas diminuée mais il y a quand même une moindre production d’anticorps qui présenteraient une moins bonne affinité vis à vis des antigènes.

 

Si on étudie des personnes âgées en très bonne santé, ces altérations du système immunitaire sont en fait très faibles et n’apparaissent que pour les sujets très âgés. En revanche, elles sont plus marquées lorsqu’il y a des pathologies chroniques associées. Un facteur particulièrement important joue sur le système immunitaire, il s’agit de l’état nutritionnel.

 

La dénutrition protéino-énergétique  va  entrainer une baisse des LT4 essentiellement et une augmentation des LT immatures. De plus, il y a une diminution des capacités prolifératives des LT et de la sécrétion d’interleukine 2 proportionnelles à l’intensité de la dénutrition. La réponse anticorps est moins bonne quantitativement et qualitativement, et au cours des vaccinations on constate une sero-protection plus faible (vaccination antigrippale et antitétanique).

 

La dénutrition protéino-énergétique qui touche 4 à 10 % des personnes âgées à domicile 2 entraine donc un déficit immunitaire profond qui touche l’immunité à médiation cellulaire et l’immunité humorale. Ces patients sont donc particulièrement à risque d’infection qui sera elle-même par l’hyper-catabolisme qu’elle induit à l’origine d’une aggravation du statut nutritionnel. Il convient donc d’être vigilant, de dépister la dénutrition protéino-énergétique pour la prendre en charge précocement.

 

1 Source: Lesourd B. Nutrition : a major factor influencing immunity in the elderly. J Nutr Health Aging 2004 ; 8 (1) : 28-37.
2 Extrait des recommandations de la HAS. Stratégie de prise en charge en cas de dénutrition protéino-énergétique chez la personne âgée. Avril 2007. P 1-25
* Lymphocyte T
** Natural Killer

 

Date de publication: 10/12/2012