Nutrition & pathologies

Alimentation et hyperuricémie


Hyperuricémie, acide urique, alimentation

Deux études menées sur plus de 12 000 individus ont permis de mieux comprendre les liens entre alimentation et uricémie.

Un article paru récemment dans le Nutrition Journal avait pour objectif de mettre en évidence d’éventuelles associations entre la consommation de différents aliments et le taux d’uricémie. Les auteurs se sont basés sur deux études de cohortes. La première, AusDiab (Australian Diabetes, Obesity and Lifestyle Study), a été menée sur 9732 participants australiens d’origine caucasienne. La seconde, the Tromsø Study, a permis de réunir des informations auprès de 3031 habitants de la ville norvégienne de Tromsø. Les habitudes alimentaires et le mode de vie étaient consignés, un examen clinique permettait de recueillir les mesures de pression artérielle, de circonférence abdominale, de taille et de poids. Des analyses de sang et d’urine complétaient les données.

Certains aliments semblaient avoir un impact négatif sur le taux d’acide urique. C’est le cas de l’alcool : les taux d’uricémie étaient plus élevés chez les gros consommateurs d’alcool (> 10 g d’alcool par jour) que chez les non-consommateurs. Parmi les alcools, le vin ne semblait pas lié à une augmentation du taux d’acide urique. La consommation d’œufs était liée à une augmentation de l’uricémie dans les deux cohortes. La consommation de viande était fortement liée au taux d’acide urique chez les hommes non obèses et les femmes obèses de la cohorte australienne, alors que dans l’étude norvégienne, cette consommation était beaucoup plus faible et aucune relation n’a pu être mise en évidence.

Certains aliments ont été, au contraire, associés à un faible taux d’uricémie : le poisson (chez les femmes obèses de la cohorte australienne), le lait (chez les femmes obèses et les hommes non obèses de la cohorte norvégienne et dans l’ensemble des groupes de la cohorte australienne), les yaourts (dans tous les groupes de la cohorte australienne, excepté chez les hommes obèses). La consommation de fromage avait également un effet favorable sur l’uricémie dans la plupart des groupes des deux cohortes, tout comme la consommation de céréales, de pain complet ou de fruits frais.

D’un point de vue plus général, une consommation élevée de glucides était associée à un faible taux d’uricémie dans les deux cohortes. Dans l’étude australienne, l’apport de fibres était fortement lié à une uricémie faible, mais ces résultats n’ont pas été retrouvés dans l’étude norvégienne, où la consommation de fibres y était au moins deux fois plus faible. L’apport de graisses était en revanche associé à une uricémie élevée dans les deux cohortes.

Certains micronutriments étaient liés à un faible taux d’acide urique dans l’une ou les deux cohortes : le calcium (dès 1 g par jour chez l’homme et 650 mg chez la femme), la vitamine B2 (dès 2 mg par jour), le fer, les vitamine B1 et B9.

 

Ce qu’il faut retenir :

Une alimentation saine, riche en glucides, produits laitiers, fibres et micronutriments, et pauvre en graisses et en alcool pourrait être recommandée pour prévenir l’hyperuricémie.

Pour conseiller vos patients, téléchargez la Fiche « Hyperuricémie » : 

www.nutripro.nestle.fr/outil/cas-patients/hyperuricemie

 

Zykova SN et al. Cross-sectional analysis of nutrition and serum uric acid in two Caucasian cohorts: the AusDiab Study and the Tromsø study. Nutr J. 2015 14 ; 14:49.

 

Date de publication : 15/09/2015