Nutrition & pathologies

Régime alimentaire et hyperuricémie


Hyperuricémie, obésité

Cet article a exploré les liens entre l’alimentation et l’hyperuricémie au travers de deux larges études transversales menées en Norvège et en Australie.

Les investigateurs avaient pour objectif d’étudier l’association entre apports alimentaires (micronutriments, macronutriments) et uricémie au travers de deux études transversales menées sur des populations issues de pays aux traditions culinaires différentes : l’Australie et la Norvège. La première étude était l’AusDab (Australian Diabetes, Obesity and Lifestyle Study 1999/00, n=9734, avec un âge compris entre 25 et 91 ans) et la seconde était la Tromsø Study 4 1994/95 (n = 3031, âge compris entre 25 et 69 ans).

Les apports nutritionnels étaient estimés à l’aide d’auto-questionnaires. Certaines analyses ont intégré le niveau d’obésité abdominale et le genre, en partant de l’hypothèse que l’obésité et le sexe masculin pouvaient être plus souvent associés à une hyperuricémie.

Dans les deux cohortes, des niveaux plus faibles d’uricémie ont été retrouvés chez les participants qui consommaient le plus de glucides, de calcium et de vitamine B2.

Dans les deux pays étudiés, les quartiles où la consommation de glucides était la plus élevée étaient associés à une réduction de l’uricémie qui pouvait atteindre 35 μmol/l en comparaison des quartiles où la consommation de glucides était la moins élevée. Pour le calcium, la dose minimale où apparaissaient une réduction significative de l’uricémie était de 1 000 mg de calcium par jour pour les hommes et de 650 mg pour les femmes. Pour la vitamine B2, la réduction moyenne de l’uricémie était significative lorsque les apports étaient supérieurs à 2 mg par jour. A l’inverse, les apports lipidiques les plus élevés étaient associés à des uricémies élevées. Ces analyses ont été faites après ajustement (âge, IMC, taux estimé de filtration glomérulaire, niveau d’activité physique, apport énergétique total, utilisation de diurétiques, HTA, diabète, goutte).

Au niveau des aliments consommés, les produits laitiers, le pain complet, les céréales et les fruits étaient, en général, associés à une uricémie faible. Les investigateurs ont trouvé une relation forte entre la consommation d’aliments riches en fibres et l’uricémie (réduction de 15 à 27 μmol/l dans le quartile des plus grands consommateurs de fibres versus le quartile des plus faibles consommateurs). La consommation de viande, d’œufs, de bière et de spiritueux (en dehors du vin) était au contraire associée à une hyperuricémie.

En Norvège comme en Australie, l’impact de l’alimentation sur l’uricémie dans cette étude ne semble pas être modifiée par le sexe ou la présence d’une obésité.

 

Ce qu’il faut retenir : 

Pour prévenir l’hyperuricémie, cet article suggère d’adopter une alimentation riche en glucides, fibres, produits laitiers, micronutriments (calcium, vitamine B2) et pauvre en lipides, bière et spiritueux.

 

Zykova SN et al. Cross-sectional analysis of nutrition and serum uric acid in two Caucasian cohorts: the AusDiab Study and the Tromsø study. Nutr J. 2015 ; 14 : 49.

Date de publication : 16/10/2017