Nutrition & pathologies

La consommation d’œufs n’augmenterait pas le risque de maladies coronariennes ou d’accidents vasculaires cérébraux.


Une méta-analyse conclue qu’il n’existerait pas de relation entre la quantité d’œufs consommés et l’incidence de maladies coronariennes ou d’accidents vasculaires cérébraux (AVC). De plus, les individus diabétiques consommant beaucoup d’œufs présenteraient même un risque d’AVC hémorragique réduit de 25 %.

Le cholestérol LDL, présent en quantité importante dans les œufs, est un des facteurs de risque des maladies cardiovasculaires. Les œufs sont cependant sources de nombreux nutriments considérés comme positifs pour la santé (minéraux, protéines, acides gras poly-insaturés). Une équipe de chercheurs s’est donc intéressée à la relation entre consommation d’œufs et incidence de maladies coronariennes ou d’AVC par une méta-analyse de l’effet dose-réponse de plusieurs études de cohorte prospectives.

Les auteurs ont sélectionné dans la littérature 8 articles portant sur 17 études, réalisées au Japon et aux Etats-Unis. Dans toutes ces études, la consommation d’œufs était mesurée par un questionnaire de fréquence. Parmi les participants (263 938 suivis pour les maladies coronariennes et 210 404 pour les AVC), 5 847 incidents coronariens et 7 579 AVC ont été rapportés durant des périodes de suivi allant de 8 à 22 ans.

Les résultats de cette méta-analyse sont que :

  • Aucune association linéaire n’a été observée entre la consommation d’œufs et le risque de maladie coronarienne (p = 0,67) ou d’AVC (p = 0,27).
  • Pour une augmentation de la consommation d’un œuf par jour :
    • le risque relatif de maladie coronarienne était de 0,99, non significatif (IC95% [0,85-1,15] ; p = 0,88)
    • le risque relatif d’AVC était de 0,91 (IC95% [0,81-1,02] ; p = 0,10), non significatif, mais avec une tendance à une diminution.  
  • En comparant la consommation d’œufs la plus élevée et la plus faible dans une sous-population de patients diabétiques, le risque relatif de maladies coronariennes était de 1,54 (IC95% [1,14-2,09] ; p = 0,01). Chez les individus présentant la consommation d’œufs la plus importante en revanche, une diminution de 25 % du risque d’AVC hémorragique a été constatée (p = 0,04).

 

Ce qu’il faut retenir

Cet article montre qu’une consommation élevée d’œufs n’aurait pas d’incidence sur le risque de maladies coronariennes ou d’AVC. Une association positive avec les maladies coronariennes et négative avec les AVC hémorragiques a cependant été constatée chez une sous-population de patients diabétiques ayant les consommations d’œufs les plus élevées.

 

Rong Y. et al. Egg consumption and risk of coronary heart disease and stroke: dose-response meta-analysis of prospective cohort studies. BMJ 2013;346:e8539.

 

Date de publication: 02/05/2013