Nutrition & pathologies

Polyphénols de cacao et santé cardiovasculaire


Plusieurs nouvelles études confirment que le cacao et le chocolat, notamment grâce aux polyphénols qu’ils contiennent, exerceraient une action de protection cardio-vasculaire.

Une étude transversale a été réalisée par l’équipe américaine de L. Djoussé 1 avec 4970 sujets - âgés de 25 à 93 ans. Leurs atteintes cardio-vasculaires sont relevées, ainsi que leur consommation de chocolat noir (évaluée par un questionnaire alimentaire).

  Consommation

Risque cardio-vasculaire

  IC à 95 %             p

  0

1,00

  1,00

  1-3 fois/mois

1,01

  0,76-1,37

  1-4 fois/semaine

0,74

  0,56-0,98       <0,0001

  5 fois ou + par semaine

0,43

  0,28-0,67       <0,0001

Notons que le risque cardio-vasculaire est ajusté pour l’âge, le sexe, la consommation d’énergie, le niveau d’étude, la consommation d’alcool, de fruits et légumes, de sucreries et d’acide linoléique, le tabagisme et l’intensité de l’exercice physique.
Les auteurs concluent que la consommation de chocolat noir est inversement corrélée au risque cardiovasculaire. De plus, par rapport aux sujets consommant du chocolat noir 5 fois par semaine ou plus, les non consommateurs ont un risque d’atteinte cardio-vasculaire augmenté de 49 % (RR : 1,49 ; IC 95% = 0,96-2,32).

 

Une étude randomisée en double aveugle contre placebo, s’intéresse cette fois à l’effet du chocolat sur le profil lipidique de sujets diabétiques de type II. Elle est réalisée par l’équipe anglaise de D.D. Mellor 2 et a évalué l’effet du chocolat sur les profils lipidiques, le poids et la glycémie de 12 sujets (7 hommes, 5 femmes – 68 ans d’âge médian). Ils consommaient chaque jour 45g de chocolat noir à 86 % de cacao, soit riche soit pauvre en polyphénols (respectivement 16,6 mg ou moins de 2 mg d’épicatéchines) pendant 2 périodes de 8 semaines avec une période d’arrêt de 4 semaines. Les prises de sang ont été effectuées avant et après chaque période de 8 semaines. Les auteurs ont montré qu’au bout de 8 semaines le taux de HDL cholestérol augmentait significativement avec la consommation de chocolat riche en polyphénols (1,16 +/- 0,08 puis 1,26 +/- 0,08 mmol/L ; P=0,05) et qu’une diminution du ratio cholestérol/HDL était observée (4,4 +/- 0.4 versus 4,1 +/- 0,4 ; P=0,04). Par contre, la consommation de chocolat sur les 16 semaines n’entrainait aucune modification de poids ou de la glycémie des sujets recrutés. Les effets bénéfiques n’étaient plus observés lorsque la consommation s’arrêtait. Le chocolat pauvre en polyphénols n’améliore pas le profil lipidique.
Pour conclure, un chocolat noir riche en polyphénols permettrait donc d’améliorer le profil lipidique de patients atteints de diabète de type II. Il pourrait ainsi faire partie intégrante d’un régime de réduction du risque cardiovasculaire, sans pour autant affecter le poids ou la glycémie. Toutefois, même si ses résultats sont statistiquement significatifs, cette étude ne porte que sur un faible nombre de sujets.

 

Complétant l’étude précédente, une méta-analyse a été effectuée par l’équipe de L. Jia 3, pour connaître l’effet de la consommation de produits cacaotés (poudre de cacao ou chocolat noir) sur le profil lipidique. Les auteurs ont recherché dans la littérature médicale toutes les études pertinentes sur le sujet publiées depuis 1950 : seules 8 études (regroupant 215 participants) ont été gardées car leur protocole était rigoureux, elles étaient randomisées et duraient suffisamment de temps (2 à 18 semaines). Les doses de polyphénols consommées variaient de 30 à 963 mg/jour. Malgré l’hétérogénéité de ces études, les auteurs ont conclu que la consommation de ces produits cacaotés diminue significativement le LDL cholestérol de 5,87 mg/dl (95% CI : -11.13, -0,61 ; P<0,05) et un peu le cholestérol total de 5,82 mg/dl (95% CI : -12,39, 0,76 ; P=0,08). Par contre, aucun effet n’a été observé pour le HDL cholestérol.
Ces effets n’ont été observés que pour les sujets ayant des antécédents de risques cardio-vasculaires (hypertension, diabète), mais qui ne sont pas « dose dépendant » par rapport à la teneur en polyphénols.

 

[1] Djoussé L. et al. Chocolate consumption is inversely associated with prevalent coronary heart disease: The National Heart, Lung, and Blood Institute Family Heart Study. Clin. Nutr. Sep 2010

[2] Mellor D.D. et al. High-cocoa polyphenol-rich chocolate improves HDL cholesterol in Type 2 diabetes patients. Diabet.Med. Nov 2010

[3] Jia L. et al. Short-term effect of cocoa product consumption on lipid profile: a meta-analysis of randomized controlled trials. Am. J. Clin. Nutr. 2010; 92:218-25

 

Date de publication: 10/12/2012