Nutrition & pathologies

Quel régime pour protéger le coeur ?


Les acides gras saturés (AGS) sont jugés comme délétères pour la santé car ils augmentent le LDL-cholestérol. Par quels acides gras ou autres nutriments vaut-il mieux les substituer pour préserver notre capital cardio-vasculaire ?

Objectif de l’étude

M. U. Jakobson a analysé 11 études de cohorte pour savoir s’il valait mieux consommer des acides gras monoinsaturés (AGMI), polyinsaturés (AGPI) ou davantage de glucides en prévention du risque coronarien.

Protocole

Les études de cohorte américaines et européennes recensées mesuraient l’impact de divers régimes alimentaires comportant ces 3 modifications d’apport sur la prévention des atteintes coronariennes aiguës.

Pendant 4 à 10 ans, 344 696 personnes ont été suivies ; durant cette période sont survenus 5 249 accidents coronariens et 2 155 décès par infarctus du myocarde.

Résultats

Quand les sujets diminuent leurs apports en AGS d’au moins 5 %, grâce à des conseils nutritionnels, et que ceux-ci sont substitués par des AGPI, on constate une corrélation inverse entre la consommation d’AGPI et la survenue d’accidents coronariens (RR : 0,87 ; IC 95 % : 0,77-0,97 ; p = 0,70), avec pour la mortalité coronaire un risque relatif de 0,74 (IC 95 % : 0,61-0,89 ; p = 0,40).

Mais en affinant ces résultats, en fonction de l’âge et du sexe, on constate qu’il y a de grandes disparités au niveau de ce risque relatif : à 60 ans et plus, la protection pour les accidents coronariens ne se retrouve pas chez les femmes, alors qu’elle est majorée chez les hommes.

  

 

F de < 60 ans

F de 60 ans et +

H de < 60 ans

H de 60 ans et +

Morbidité

0,73

1,22

0,90

0,81

Mortalité

0,49

0,73

0,83

0,78

La substitution des AGS par les AGMI ne montre pas d’association avec les accidents coronariens, quel que soit le sexe, mais n’a pas non plus d’effet protecteur.

Quand 5 % des AGS sont remplacés (à valeur calorique égale) par des glucides, on trouve une discrète augmentation du risque à 1,07 pour les accidents coronariens (IC 95 % : 1,01-1,14 ; p = 0,51), mais un risque relatif de mortalité coronarienne un peu abaissé (RR : 0,96 ; IC 95 % : 0,82-1,13 ; p = 0,05).

Conclusion

Pour assurer un effet cardio-protecteur, il est donc conseillé de diminuer sa consommation d’AGS, en les substituant par des AGPI.

Ce travail ne fait pas la distinction au sein des AGPI, entre les oméga 6, les oméga 3 et le rapport entre les deux. De même, on ne connaît pas, la nature de la substitution pour les glucides, ni l’index glycémique moyen de ces aliments consommés !

De nouvelles études pourraient répondre à ces questions et nous permettre de mieux comprendre comment protéger notre santé cardio-vasculaire grâce à notre mode alimentaire.

 

R.U. Jakobson et al. Major types of dietary fat and risk of coronary heart disease : a pooled analysis of 11 cohort studies. Am J Clin Nutr 2009; 89; 1425-32

 

Date de publication: 10/12/2012