Nutrition & pathologies

Vitamine D et prévention cardio-vasculaire


On observe une prévalence croissante des affections cardio-vasculaires et du déficit en vitamine D. Y a-t-il une corrélation entre les deux ?

Les hypothèses

Hypertension, dyslipidémies, obésité androïde, diabète de type 2 et syndrome métabolique sont des facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires.
Parallèlement, le déficit en vitamine D a une forte prévalence dans le monde. Certaines études démontrent qu’il concernerait 30 à 50 % des populations, notamment chez les sujets âgés qui synthétisent moins bien la vitamine D au niveau de la peau. Outre son action sur le métabolisme osseux, la vitamine D joue un rôle important dans de multiples mécanismes physiopathologiques, dont le cancer et la réponse inflammatoire.
Plusieurs auteurs ont constaté des taux anormaux de vitamine D dans les affections cardio-vasculaires et le diabète de type 2 1, 2.
Ainsi J. Parker 3 a-t-elle souhaité réaliser une méta-analyse des études publiées, pour évaluer les relations entre les taux sanguins de vitamine D (25-hydroxy vitamine D) et les troubles cardiaques et métaboliques chez l’adulte.

Méthode

Plus de 6130 références concernant le sujet ont été relevées sur la base de données Pubmed. Après étude critique, seuls 28 travaux (publiés entre 1990 et 2009) ont été conservés, rassemblant 99 745 sujets, hommes et femmes, âgés de 40,5 à 74,5 ans. Ont été exclus les diabétiques de type 1, les personnes souffrant d’hyperparathyroïdie et celles supplémentées en calcium et vitamine D.

Résultats

Des taux sériques élevés de vitamine D sont associés à une baisse globale de 43 % (RR 0,57 ; IC 95 % : 0,48-0,68) du  risque de souffrir de troubles cardio-métaboliques comme : l’HTA, l’hyperglycémie, l’hypertriglycéridémie, le syndrome métabolique, l’insulinorésistance et le diabète de type 2.
Spécifiquement, pour les affections cardio-vasculaires, la baisse est de 33 % (RR 0,67 ; IC 95 % : 0,55-0,81), de 51 % (RR 0,49 ; IC 95 % : 0,38-0,64) pour le syndrome métabolique et de 55 % (RR 0,45 ; IC 95 % : 0,25-0,82) pour le diabète de type 2.
Chaque publication montre un effet protecteur de la vitamine D, contre un ou plusieurs troubles cardio-métaboliques et cet effet est significatif dans 85 % des cas.

Discussion

Parmi les mécanismes physiopathologiques impliqués dans les affections cardio-vasculaires, l’inflammation est de plus en plus mise en avant.  Un des mécanismes possibles d’action de la vitamine D serait l’inhibition de la production de cytokinines pro-inflammatoires 4.

Conclusion

Certes le déficit en vitamine D n’est qu’un facteur, parmi bien d’autres, dans le risque de survenue des maladies cardio-métaboliques. Mais en dépistant les sujets à risque de déficit en vitamine D et en assurant un apport adéquat (par l’alimentation, une meilleure exposition solaire, voire une supplémentation), on peut espérer contribuer à faire baisser la prévalence de ces affections graves associées à une forte morbidité et mortalité.
Néanmoins,  l’EFSA le 25 février 2010 a donné un avis négatif sur l’allégation du rôle positif de la vitamine D sur le fonctionnement cardio-vasculaire, arguant qu’il manquait des études d’intervention randomisées.

[1] Lee J.H. and al. Vitamin D deficiency an important common, and easily treatable cardiovascular risk factor? - J Am Coll Cardiol 2008 ; 52 (December 24) : 1949-56
[2] Palomer X. and al. Role of vitamin D in the pathogenesis of type 2 diabetes mellitus. - Diabetes Obes Metab 2008 ; 10 (March 3) : 185-97
[3] Parker J. and al. Levels of vitamin D and cardiometabolic disorders : systemactic review and meta-analysis. - Maturitas, 2010 Mars; 65 (3): 225-36
[4] Zittermann A. and al. Putting cardiovascular disease and vitamin D insufficiency into perspective. - Br J Nutr 2005, 94 (October 4): 483-92

 

Date de publication: 10/12/2012