Nutrition & pathologies

Une autre façon de prévenir le diabète de type 2


Pour apprécier la valeur préventive d’une diète méditerranéenne contemporaine, M.A. Marinez-Gonzalez 1 a suivi, pendant 4,4 ans en moyenne, 13 380 diplômés de l’université espagnole de Navarre, exempts de diabète lors du recrutement. Durant cette période, 33 cas de diabètes ont été dépistés.

Pour apprécier la valeur préventive d’une diète méditerranéenne contemporaine, M.A. Marinez-Gonzalez 1 a suivi, pendant 4,4 ans en moyenne, 13 380 diplômés de l’université espagnole de Navarre, exempts de diabète lors du recrutement. Durant cette période, 33 cas de diabètes ont été dépistés.

 

Un questionnaire alimentaire étudiait la fréquence de consommation de 136 aliments, pour aboutir à un score d’adhésion au régime méditerranéen (diète méditerranéenne ancienne) coté de 1 à 9 points (score 0 à 2 = faible adhésion ; score 3 à 6 = adhésion moyenne ; score 7 à 9 = forte adhésion).

Le mode alimentaire de type méditerranéen est riche en : céréales, grains complets, poissons, légumes, huile d’olive et fruits. Cette diète apporte des quantités notables d’antioxydants  (bêta-carotène, vitamine C, tocophérols et polyphénols).

 

Un ajustement statistique a été fait en fonction de l’âge, du sexe, du nombre d’années d’études à l’université, du tabagisme, des antécédents familiaux de diabète et des antécédents personnels d’HTA.

 

L’étude montre que le risque de développer un diabète de type 2 est abaissé de 59 % (RR : 0,41 : IC 95 % 0,19-0,87) pour ceux qui adhèrent moyennement au régime méditerranéen (score 3 à 6). Mais il est réduit de 83 % (RR = 0,17 ; IC 95 % : 0,04 – 0,75) chez les sujets qui adhèrent pleinement à ce mode alimentaire (score 7 à 9), par rapport à ceux qui ont un score inférieur à 3. Augmenter son score de 2 points, diminuerait de 35 % le risque de diabète de type 2 de façon linéaire (p = 0,04) en analyse multivariante.

 

L’efficacité préventive de ce mode alimentaire est multifactorielle, mais semble être particulièrement liée à la consommation d’huile d’olive. Pour les auteurs, elle agirait en abaissant le taux des marqueurs de l’inflammation et de la dysfonction de l’endothélium vasculaire, qui sont des facteurs prédictifs de la survenue d’un diabète de type 2.

 

A noter que l’étude n’intègre pas de précisions sur la consommation de vin qui, pour certains auteurs, était l’un des éléments déterminants, du moins dans le domaine de la prévention cardio-vasculaire.

 

Ce travail complète celui de C.S. Mantzoros 2 qui montrait que les femmes qui adhéraient pleinement au régime méditerranéen (score à 9) avaient (après ajustement de l’âge et de l’apport calorique), un taux plasmatique d’adiponectine augmenté de 23 % (p< 0,01). Cette substance a, en effet, un rôle préventif dans le diabète de type 2, en augmentant la sensibilité à l’insuline.

 

Le régime Crétois, même dans sa version moderne, garde un effet protecteur vis-à-vis du diabète de type II. On peut donc recommander, à titre préventif, chez les patients à risque de diabète de type II particulièrement, la consommation de céréales complètes, de fruits et légumes, de poisson… et d’huile d’olive !

 

 [1] Martinez-Gonzalez M.A.  Adherence to Mediterranean diet and risk of developing diabetes: prospective cohort study.  BMJ 2008 May 29

[2] Amer J. Clin Nutr. 2006 Aug; 84 (2): 328-35

 

Date de publication: 10/12/2012