Nutrition & pathologies

Le régime méditerranéen protecteur du diabète


Une alimentation équilibrée devrait permettre de prévenir le diabète de type 2. Mais faut-il préférer un régime pauvre en lipides ou de type méditerranéen ?

En France, selon la dernière enquête épidémiologique (Entred 2007-2010) de l’INVS 1, en 2009, 4,4 % de la population était atteinte de diabète, soit 2,9 millions de personnes (dont 160 000 de diabète de type 1), alors qu’ils n’étaient que 1,6 million en 2000 ! Cette évolution pose problème, compte tenu de la morbidité et de la mortalité qui en découlent et des frais engendrés pour l’Assurance Maladie. Le diabète est désormais une préoccupation de santé publique. Cette augmentation du nombre de diabétiques semble due à l’évolution du mode alimentaire occidental moderne, à la sédentarité et à l’augmentation du nombre de sujets en surpoids ou obèses.
De nombreuses études ont montré l’effet protecteur cardio-vasculaire du régime méditerranéen ; peut-il aussi avoir un rôle préventif dans le diabète de type 2 ?

 

Méthodologie

Pour étudier le mode alimentaire préventif le plus efficace, J. Salas-Salvado [2] a recruté en Espagne, pour cette étude, 418 sujets non diabétiques dont 58,4% de femmes. Ils étaient âgés de 55 à 80 ans pour les hommes et de 60 à 80 ans pour les femmes. Les participants étaient sans antécédent cardio-vasculaire, mais avaient 3 facteurs de risque cardio-vasculaire, parmi lesquels : le tabagisme, l’hypertension artérielle, une dyslipidémie, un excès de poids (IMC entre 25 et 39) ou un antécédent familial d’atteinte cardio-vasculaire prématurée (≤ 55 ans pour les hommes et ≤ 60 ans pour les femmes).
Après randomisation, les sujets ont été scindés en 3 groupes soumis à des régimes alimentaires distincts :

  • Groupe témoin G1, régime pauvre en graisses animales et végétales
  • Groupe G2, régime méditerranéen avec une forte consommation d’huile d’olive (1 litre/semaine) utilisée à la fois crue et pour les cuissons
  • Groupe G3, régime méditerranéen enrichi avec 30g de noix /jour.

Les régimes méditerranéens (G2 et G3) comportaient : l’augmentation de la consommation de fruits et légumes, une diminution de la consommation de viande rouge (remplacée par des viandes blanches), l’utilisation d’huile d’olive pour la cuisine, la fabrication d’une sauce tomate maison (avec ail, oignons, épices et huile d’olive) pour accommoder les légumes, les pâtes et le riz. Les apports de beurre, crème, aliments de fast-food, sucreries, pâtisseries, boissons sucrées et alcoolisées étaient réduits. Seule une consommation modérée de vin rouge (6 à 7,5 cl/jour) était autorisée.
Ces sujets ont été suivis en moyenne pendant 4 ans, avec un examen annuel et des questionnaires médicaux à remplir régulièrement.

 

Résultats de l’étude

Au bout de 4 ans, l’incidence d’apparition d’un diabète de type 2 était de :

  • 10,1 % dans le groupe G2 (IC 95 % = 5,1 à 15,1)
  • 11,0 % dans le groupe G3 (IC 95 % = 5,9 à 16,1)
  • 17,9 % dans le groupe G1 (IC 95 % = 11,4 à 24,4)

Après régression statistique de tous les paramètres, le risque d’apparition d’un diabète de type 2 était de 0,49 (IC 95% = 0,25 à 0, 97 ; p = 0,047) pour le groupe G2 et de 0,48 (IC 95% 0,24 à 0,96 ; p = 0,053) pour le groupe G3, par rapport au groupe témoin G1. Cette diminution du risque de diabète est obtenue, même en l’absence de perte de poids significative ou d’augmentation notable de l’activité physique. Le régime méditerranéen, qu’il soit particulièrement riche en huile d’olive ou en noix, divise donc en moyenne par 2 le risque de survenue d’un diabète.

 

En conclusion

Les auteurs soulignent l’efficacité de ces 2 types de régimes méditerranéens pour prévenir le diabète et ce, sans aucune consigne de restriction calorique (l’apport calorique moyen était de 2320 kcal/j dans les 3 groupes). D’autres études sont cependant nécessaires pour comprendre les mécanismes entrainant une diminution du risque de diabète, sans perte de poids.

 

[1] Fagot-Campagna A. et coll. Synthèse épidémiologique de l’INVS (Institut de Veuille Sanitaire) – Novembre 2010
[2] Salas-Salvado J. et coll. Reduction in the incidence of type 2 diabetes with the Mediterranean diet
Diabetes Care, 2010 oct., 34, 1, 14-25

 

Date de publication: 10/12/2012