Nutrition & pathologies

Un aperçu sur l’ostéoporose

Par Nestlé Nutri Pro ®

Osteoporose

L’ostéoporose se définit comme une perte du capital osseux, accompagnée d’altérations microstructurales ; elle conduit à la survenue de fractures, consécutives à des traumatismes mêmes minimes. Cette pathologie est en augmentation constante, sous l’influence de divers facteurs démographiques et nutritionnels notamment. Elle mérite donc d’être dépistée précocement, d’autant plus que ce sont surtout les mesures préventives qui se montrent efficaces.

L’ostéoporose, définition

En théorie, il faudrait y penser dès l’enfance car c’est l’acquisition d’un capital osseux optimal qui constitue la meilleure des préventions de l’ostéoporose. Or ce capital osseux est à son maximum à l’âge de 20 ans (parfois un peu avant pour les filles, c’est-à-dire dans les 2 ou 4 ans suivant la ménarche). Il ne cesse ensuite de décroître au rythme de 3 à 5 % tous les 10 ans, voire plus dans certaines circonstances particulières.

Évolution de la masse osseuse avec l’âge

(Adapté de Dogan E et Posaci C. Monitoring hormone replacement therapy by biochemical markers of bone metabolism in menopausal women. Postgrad Med J 2002;78:727–731.)

Les ostéoporoses primaires

  • L’ostéoporose post-ménopausique :

- elle est la plus fréquente, du fait de la carence estrogénique qui entraîne une accélération rapide de la perte osseuse. Elle affecte plus spécialement l’os trabéculaire, car elle se traduit surtout par des tassements vertébraux, une fracture du col du fémur ou de l’avant-bras. On sera particulièrement attentif à cette perte osseuse en cas de ménopause précoce ou de castration chirurgicale.

  • L’ostéoporose du sujet âgé :

- elle touche les deux sexes après 70 ans et concerne aussi bien l’os trabéculaire que cortical (fracture du col du fémur notamment). La perte osseuse est souvent aggravée par une hyperparathyroïdie associée et une carence en vitamine D (faible exposition solaire).

  • L’ostéoporose juvénile :

- forme très rare, qui peut être évoquée à partir de 8 à 12 ans chez un enfant présentant une cyphose, des fractures à répétition et des douleurs osseuses, et après avoir éliminé toute autre cause de déminéralisation possible à cet âge.

 Les ostéoporoses secondaires

  • L’ostéoporose cortisonique :

- les traitements corticoïdes dépriment l’activité des ostéoblastes et réduisent l’absorption du calcium. Ce type d’ostéoporose se manifeste pour des doses de prednisone > 0,1 mg/kg/jour ; elle est retrouvée lors de la maladie de Cushing.

  • L’hyperthyroïdie :

- on y sera particulièrement attentif chez la femme en période de ménopause, car c’est également à cette période de la vie que cette affection est la plus fréquente

  • L’ostéoporose d’immobilisation :

- la perte osseuse peut atteindre 40 % du capital en 6 mois, chez des malades immobilisés suite à des polytraumatismes ou à des accidents vasculaires cérébraux. Elle doit également être prise en compte en cas de mobilité réduite (maladies rhumatismales, par exemple)

  • L’hyperparathyroïdie, fréquente après 60 ans, est reconnue par le dosage de la PTH
  • Les ostéoporoses iatrogènes (après la prise d’anticonvulsivants, lithium, héparine, hormones thyroïdiennes, analogues de la GnRH, traitements cytoxiques…)

 Autres causes (rares)

  • Hypercalciurie idiopathique
  • Hypogonadisme
  • Hépatopathies chroniques
  • MICI
  • Hémochromatose
  • Mastocytose
  • Affections héréditaires de l’ostéogenèse
  • Homocystinurie
  • Maladie de Marfan
  • Maladie d’Ehlers-Danlos.

 Facteurs prédisposants

  • Antécédents familiaux
  • Race blanche
  • Tabagisme et alcoolisme
  • Puberté tardive

Épidémiologie : l’ostéoporose, une maladie du 21ème siècle

La plus fréquente des ostéopathies

Selon les études sur la densité minérale osseuse (DMO), l’ostéoporose liée à l’âge (forme la plus fréquente) touche 8 à 18 % des femmes de plus de 50 ans. La population masculine, bien que moins touchée, n’est pas non plus épargnée : 5 à 6 % des hommes de plus de 50 ans sont concernés par l’ostéoporose. 1

La gravité de l’ostéoporose est due aux fractures ostéoporotiques, qui touchent principalement les vertèbres, la hanche et l’extrémité distale de l’avant-bras. Leur incidence augmente significativement avec l’âge. 2

40 % des femmes françaises de 50 ans auront une fracture avant la fin de leur vie.

Ce risque fracturaire se décompose de la manière suivante :

  • 17,5 % pour la hanche
  • 16 % pour le rachis dorso-lombaire
  • 16 % pour l’extrémité distale du radius

Ces chiffres étant 3 à 5 fois plus faibles chez l’homme que chez la femme.

Une augmentation constante

 L’incidence de l’ostéoporose tend à augmenter sous l’influence de plusieurs facteurs :

  • le vieillissement général de la population

- La part de la population âgée de plus de 60 ans (c'est-à-dire présentant un risque élevé de fractures liées à l’ostéoporose) est en augmentation : elle est passée de 9,1 à 12,1 millions entre 1970 et 2000 et il est prévu qu’elle atteigne entre 19,5 et 20,4 millions avant 2030. 2

  • la sédentarité qui est un facteur de réduction du capital osseux
  • l’alimentation dans les pays industrialisés, où il existe une insuffisance d’apport calcique chez les adolescents, et en particulier chez les filles, à la période où se constitue le capital osseux (avant 20 ans)

Un retentissement socio-économique majeur

Source majeure de morbidité et de mortalité dans la population âgée, ces fractures ostéoporotiques constituent un fardeau significatif en matière de santé et d’économie pour la société. 2

Une étude réalisée dans cinq pays européens a évalué le coût médian unitaire d’une hospitalisation pour fracture de la hanche. En 2001 en France, ce coût a été estimé à 9 907 €. 3

De plus :

  • la mortalité, 2 ans après une fracture du col du fémur, est de 36 % chez l’homme et de 21 % chez la femme
  • elle est une source importante d’invalidité et d’admission en institution de long séjour

Le diagnostic initial

Interrogatoire et examen clinique 1

Ils constituent la première étape de la démarche diagnostique et doivent permettre de rechercher les facteurs de risques de l’ostéoporose ou de ses complications. Durant ce premier examen, il est préconisé de rechercher également une maladie pouvant être responsable d’une ostéoporose secondaire justifiant la réalisation d’examens complémentaires appropriés et l’instauration d’un traitement adapté.

Mesure de la densité minérale osseuse (DMO) 1

La mesure de la DMO (ostéodensitométrie) constitue actuellement l’approche diagnostique la plus précise de l’ostéoporose.

La DMO est mesurée par absorptiométrie biphotonique (examen peu irradiant) sur deux sites, de préférence au niveau du rachis lombaire et de l’extrémité supérieure du fémur.

Le résultat, qui s´exprime en nombre de déviations standard (DS) par rapport à la valeur moyenne d´une population adulte jeune de référence, définit le T-score. Celui-ci est donc un indice de déviation statistique par rapport à une population de référence (adulte jeune).

Classification diagnostique de l´ostéoporose en fonction de la DMO (selon l’OMS) 1

  • Normale : T-score > -1
  • Ostéopénie : -2,5 < T-score ≤ -1
  • Ostéoporose : T-score ≤ -2,5

Application pratique : lorsque le T-score est inférieur à 2,5 DS au niveau du rachis lombaire, du col fémoral ou des deux, le diagnostic d´ostéoporose est acquis. Le risque fracturaire double à chaque diminution d´un point du T-score.

Probabilités de fracture de hanche à 10 ans chez des hommes et femmes suédois, selon les valeurs de T-Score évaluées au col du fémur par DXA

 (Adapté de Kanis et al. Osteoporos Int 2001;12:989-995)

C’est un examen clé mais ses indications sont limitées et dépendent de l’existence de facteurs de risques identifiés durant l’examen préalable. Les indications de l’ostéodensitométrie peuvent être complétées par d’autres indications, regroupées en deux catégories :

  • indications valables quel que soit l’âge ou le sexe (population générale)

- en cas de signes d’ostéoporose

> découverte ou confirmation radiologique d’une fracture vertébrale sans contexte traumatique ni tumoral évident

> antécédent personnel de fracture périphérique survenue sans traumatisme majeur

- en cas de pathologie ou traitement potentiellement inducteur d’ostéoporose

> lors d’une corticothérapie systémique prescrite pour une durée d’au moins trois mois consécutifs, à une dose ≥ 7,5 mg/jour d’équivalent prednisone

> antécédent documenté d’hyperthyroïdie évolutive non traitée, hypercorticisme, hyperparathyroïdie primitive, ostéogenèse imparfaite ou hypogonadisme prolongé

  • indications supplémentaires spécifiques à la femme ménopausée

- antécédent de fracture du col fémoral sans traumatisme majeur chez un parent au premier degré

- IMC < 19 kg/m²

- ménopause avant 40 ans quelle qu’en soit la cause

- antécédent de prise de corticoïdes d’une durée d’au moins 3 mois consécutifs, à une dose ≥ 7,5 mg/jour d’équivalent prednisone.

Quel que soit le contexte, la mesure de la DMO n’est indiquée que si le résultat de l’examen peut a priori conduire à une modification de la prise en charge du patient.

Pour en savoir plus

  • Groupe de Recherche et d'Information sur les Ostéoporoses, GRIO
  • Télécharger la fiche pratique Apports en calcium chez la femme de plus de 50 ans. Cette fiche pratique destinée à vos patientes de plus de 50 ans comprend un test simple et rapide pour les aider à évaluer leurs apports quotidiens en calcium et des conseils pratiques pour les améliorer.

 

Sources

  1. HAS. Prévention, diagnostic et traitement de l’ostéoporose. Note de synthèse. Juillet 2006.
  2. Curran D et al. Epidémiologie des fractures liées à l’ostéoporose en France : revue de la littérature. Revue du rhumatisme 2010;77:579-585.
  3. Lespessailles E et al. Prévalence et caractéristiques de l’ostéoporose dans la population générale en France : l’étude Instant. Revue du rhumatisme 2009;76:685-692.

 

Autres sources générales :

  • Rohart C et al. Ostéoporose ; épidémiologie, diagnostic, prévention. Rev Prat 2000;50:85-92.
  • Bonjour JP, Carrie AL, Ferrari et al. Calcium-enriched foods and bone mass growth in prepubertal girls: a randomized, double blind, placebo controlled trial. J Clin Invest 1997;99:1287-1294.
  • Bryant RJ et al. The niew dietary reference intakes for calcium : implications for osteoporosis. J Am Coll Nutr 1999;18(Suppl):406S-4012S.
  • Kardinaal AF et al. Dietary calcium and bone density in adolescent girls and young women in Europe. J Bone Miner Res 1999;14:583-592.
  • Chapuy MC, Arlot ME, Duboeuf F, et al. Vitamin D and calcium to prevent hip fractures in elderly women. N Engl J Med 1992;327:1637-1642.
  • Lips P, Graafmans WC, Ooms ME, Bezemer D, Bouter LM. Vitamin D supplementation and fracture incidence in elderly persons. A randomized, placebo-controlled clinical trial. Ann Intern Med 1996;124:400-406.
  • New SA, Bolton-Smith C, Grubb DA, Reid DM. Nutritional influences on bone mineral density: a cross-sectional study in premenopausal women. Am J Clin Nutr 1997;65:1831-1839.
  • New SA, Robins SP, Campbell MK, et al. Dietary influences on bone mass and bone metabolism: further evidence of a positive link between fruit and vegetable consumption and bone health? Am J Clin Nutr 2000;71:142-151.
  • Tucker KL, Hannan MT, Chen H, Cupples A, Wilson PWF, Kiel DP. Potassium, magnesium and fruit & vegetables are associated with greater bone mineral density in elderly men and women. Am J Clin Nutr 2000;69:727-736.
  • Krall EA et al. Osteoporosis in Shils ME et al. Modern nutrition in health and disease. Lipincott, Williams & Wilkins ed. Baltimore, 1999.
  • Heaney RP. There should be a dietary guideline for calcium. Am J Clin Nutr 2000;71:658-670.

 

Date de publication: 10/12/2012

Date de modification: 26/03/2013