Nutrition & pathologies

Influence des conditions liées à la grossesse et aux conditions périnatales sur le risque de survenue d’une maladie cœliaque


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Certains facteurs liés à la grossesse, à l’accouchement et à la vie néonatale semblent influencer le risque de survenue d’une maladie cœliaque chez l’enfant, d’après cette large étude suédoise menée auprès d’1,9 million d’enfants.

Les auteurs de l’étude se sont basés sur les données issues des registres nationaux suédois, leur donnant accès aux informations concernant 1 912 204 enfants nés entre 1991 et 2009. 6 596 ont développé une maladie cœliaque (MC) avant l’âge de 15 ans. Des analyses de régression logistique ont été réalisées pour déterminer comment la survenue d’une MC était associée à la maternité, à l’accouchement et à la vie néonatale.

 

La MC était près de deux fois plus fréquente chez les filles que chez les garçons. La plupart des mères dont l’enfant avait été diagnostiqué atteint d’une MC étaient âgées de 25 à 29 ans, et disposaient de revenus financiers situés dans la moyenne. 15 % des enfants étaient nés par césarienne.

 

Dans les analyses multivariées, un risque élevé de survenue d’une MC était associé aux facteurs suivants :

  • âge maternel de 25 à 29 ans (OR : 1,1, IC95 % : 1,0–1,2, p = 0,01),
  • revenus financiers moyens (OR : 1,2, IC95 % : 1,1–1,2, p < 0,001),
  • infections maternelles (OR : 1,1, IC95 % : 1,1–1,2, p < 0,001),
  • être le deuxième enfant (OR : 1,2, IC95 % : 1,1–1,2, p < 0,001),
  • être une fille (OR : 1,8, IC95 % : 1,7–1,9, p < 0,001).

 

Une réduction de risque de MC était associée à :

  • un âge maternel ≥ 35 ans (OR : 0,8, IC95 % : 0,7-0,9 p < 0,001),
  • un revenu élevé (OR : 0,9, IC95 % : 0,8-0,9, p < 0,001),
  • un surpoids maternel (OR : 0,9, IC95 % : 0,9-0,9, p = 0,04),
  • une rupture prématurée des membranes (OR : 0,7, IC95 % : 0,5-0,9, p = 0,02),
  • un faible score APGAR (OR : 0,7, IC95 % : 0,5-0,9, p < 0,001).

 

Certaines spécificités étaient liées à l’un des deux sexes : chez les garçons, l’accouchement par césarienne était associé à un risque accru de développer une MC (OR : 1,2, IC95 % : 1,0-1,4, p = 0,02). Chez les filles, les infections maternelles étaient liées à un risque particulièrement accru. Le risque de MC était significativement réduit chez les enfants dont la mère avait plus de 35 ans, n’avait pas eu d’infections urinaires et disposait d’un revenu élevé (OR : 0,5, IC95 % : 0,4-0,6, p < 0,001).

 

Ce qu’il faut retenir

Cette étude montre que le risque de développer une MC durant l’enfance est associé à différents facteurs liés à l’accouchement et la période néonatale.

Un accouchement par césarienne et des infections urinaires répétées durant la grossesse sont associés à un risque accru de MC survenant durant l’enfance. Ceci pourrait suggérer le rôle joué par la dysbiose, le déséquilibre du microbiote intestinal, durant le début de la vie. Un âge maternel élevé et un revenu élevé réduisent le risque de survenue de la MC, ce qui pourrait être mis en relation avec un mode de vie particulier, notamment au niveau de l’allaitement.

 

Namatovu F et al. Maternal and perinatal conditions and the risk of developing celiac disease during childhood. BMC Pediatr. 2016 8 ; 16:77.

 

Date de publication : 20/12/16