Nutrition & pathologies

Acides gras oméga-3 et maladie de Crohn


Maladie crohn et acides gras

Cette étude prospective menée sur plus de 200.000 patients semble montrer une association inverse entre une consommation élevée d’acides gras de type oméga-3 et le développement d’une maladie de Crohn.

229.702 participants ont été recrutés dans 9 pays européens entre 1991 et 1998. Il s’agissait d’hommes et de femmes âgés de 20 à 74 ans. Lors de l’inclusion, ils étaient invités à remplir des questionnaires portant sur leur consommation de vitamine D, d’acide docosahexaénoïque (DHA) et d’acides gras polyinsaturés.

Cette cohorte a été suivie jusque juin 2004 pour identifier les participants qui avaient développé une maladie de Crohn. Lors de l’analyse cas-témoins, chaque cas était comparé à 4 contrôles et les odds ratios étaient calculés pour chaque quintile de consommation de DHA, ajusté en fonction de la consommation calorique totale, du tabagisme, de la consommation d’autres acides gras, de la consommation de vitamine D et de l’IMC.

73 participants ont développé une maladie de Crohn (dont 64% de femmes), à un âge médian de 56,4 ans (durée médiane de après l’inclusion : 5,3 ans). Dans 29% des cas, la maladie ne concernait que l’iléon, et dans 42% uniquement le côlon.

Les quintiles supérieurs de consommation de DHA étaient inversement associés au développement de la maladie de Crohn, avec un maximal lié au quintile le plus élevé (OR=0,07 ; IC95% : 0,02-0,81), ce qui équivalait à la consommation d’une à deux portions de poisson gras par semaine. Un gradient biologique semblait apparaître quintile après quintile (ORtrend : 0,54, IC95% : 0,30-0,99, ptrend : 0,04). La prise en compte de l’IMC n’a pas modifié cette tendance.

Aucun autre acide gras n’a été associé au développement de la maladie de Crohn.

 

Ce qu’il faut retenir

Il semble exister un gradient inverse entre consommation de DHA et risque de développer une maladie de Crohn, avec notamment une diminution du risque de 93% dans le quintile de consommation de DHA la plus élevée (équivalent à une ou deux portions de poisson gras par semaine). Des études menées sur d’autres populations seront nécessaires pour confirmer cette association.

 

Chan SS et al. Association between high dietary intake of the n-3 polyunsaturated fatty acid docosahexaenoic acid and reduced risk of Crohn's disease. Aliment Pharmacol Ther. 2014 ; 39 (8) : 834-42. 

 

Date de publication : 05/05/2015