Nutrition & pathologies

L’obésité avec ou sans complications


obésité complications métaboliques

Il existe un nombre non négligeable de personnes obèses qui n’ont pas de complications métaboliques et qui présente donc un phénotype d’obésité métaboliquement saine (MHO*). La question posée est celle du traitement.

L’obésité, c’est-à-dire les personnes ayant un IMC supérieur à 30 kg/m2 représente 15,8% des hommes et 15,6% des femmes dans un échantillon de 27 126 personnes de la cohorte CONSTANCES (1), représentative de la population française.

Ces personnes peuvent se trouver dans deux situations métaboliques très différentes. Les unes ne présentent aucune anomalie métabolique et sont 26% chez les hommes et 52% chez les femmes. La prévalence de femmes sans anomalie métabolique est particulièrement élevée, plus que dans d’autres pays. Comme les traitements n’ont pas été pris en compte dans cet échantillon, il est possible que certaines personnes présentant un profil métabolique normal soient sous traitement, ce qui pourrait surestimer la prévalence de MHO dans cet échantillon.

Les autres présentent une anomalie métabolique caractérisée par la présence d’un seul facteur de risque comme des triglycérides >1,7 mmol/l ou une pression artérielle systolique (PAS) ≥130 mm Hg, pression artérielle diastolique (PAD) ≥85 mm Hg ou une glycémie à jeun ≥5,6 mmol/l, un cholestérol-HDL <1,04 mmol/l pour les hommes et <1,29 mmol/l pour les femmes.

L’IMC (indice de masse corporelle) pris isolément comme indicateur de santé conduit souvent à une sous-estimation de la présence de facteurs de risque cardio-métabolique associés. En effet, dans la population générale qui présente des troubles cardio-métaboliques, une fréquence non négligeable de personnes non obèses présentaient plusieurs facteurs de risque associés : 19,5% des hommes en insuffisance pondérale, 26,6% en poids normal, 49,9% en surpoids ainsi que 25,6% des femmes en surpoids.

 

Ce qu’il faut retenir :

26% des hommes obèses et 52% des femmes obèses n’ont pas de complications métaboliques. Il est finalement plus à risque d’être un homme obèse qu’une femme obèse. Et la question de l’intérêt de maigrir pour des personnes en surpoids ou obèses sans complications métaboliques et sans problèmes articulaires peut se poser.

 

1-BEH 25 octobre 2016

MHO : metabolically healthy, but obese