Nutrition & pathologies

Syndrome métabolique en médecine générale : les bénéfices cardio-métaboliques d’un programme de conseils d’hygiène de vie


Syndrome métabolique

La prévalence de l’obésité et du syndrome métabolique sont en constante augmentation dans le monde. Le syndrome métabolique est considéré comme un problème majeur de santé publique. En effet, aujourd’hui le syndrome métabolique est un puissant facteur prédictif du diabète de type 2 et favorise également les maladies cardiovasculaires.

Une étude cas-témoin prospective contrôlée sur trois ans a été réalisée au centre communautaire de santé de Malaga en Espagne. Parmi les 2492 sujets dépistés, âgés de 18 à 80 ans, 601 sujets atteints du syndrome métabolique (selon les critères de la Fédération Internationale du Diabète) ont été randomisés pour suivre un programme de conseil d’hygiène de vie sur l’exercice physique et l’alimentation (groupe d’intervention, n = 298) ou pour avoir des soins standards (groupe contrôle, n = 303). Cette étude avait pour objectif de démontrer qu’un programme de conseils d’hygiène de vie en médecine générale peut avoir à long terme un impact positif sur les différentes composantes du syndrome métabolique. En effet, ce programme basé sur un régime méditerranéen, ainsi que sur la pratique d’une activité physique quotidienne (150 minutes de marche par semaine minimum) permettrait de réduire significativement la prévalence du syndrome métabolique et ses différentes composantes (circonférence abdominale, hypertension artérielle, cholestérol, triglycérides…), ainsi que la survenue de diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et la mortalité globale. Le régime diététique recommandé avait pour unique source de matière grasse l’huile d’olive dont la consommation régulière est préconisée. Les aliments également recommandés étaient les légumes (≥ 2 portions/jour), les fruits (≥ 3 portions/jour), le poisson (≥ 3 fois/semaine) et la viande rouge (≤ 2 fois/semaine). Les produits laitiers, les produits à base de sucres et les boissons sucrées étaient à supprimer ou à réduire fortement (≤ 1fois/semaine).

Les principaux résultats attendus de cette étude étaient d’observer une diminution des composantes individuelles du syndrome métabolique par rapport aux valeurs initiales, les changements de la prévalence et la sévérité du syndrome métabolique, ainsi que l’incidence du diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires.

Durant les trois années de l’étude, les visites de suivi médical ont eu pour but de conférer aux patients les connaissances et les compétences nécessaires à un changement significatif de leurs habitudes de vie à travers des modifications qualitatives de leur alimentation, l’augmentation de l’activité physique et une recommandation à perdre du poids en cas de surpoids ou d’obésité.

A l’issue de cette expérience en médecine générale, il a été observé que dans le groupe qui suivait le  programme de conseils d’hygiène de vie, les facteurs de risques avaient significativement diminué en comparaison avec les soins standards (2,83 vs 3,25 p = 0.01). La prévalence du syndrome métabolique a, quant à elle, été réduite de 29,1 % (vs 19,3 % groupe soins standards) et une amélioration de la qualité de vie des patients a également été constatée.

En effet, dans le groupe d’intervention la circonférence abdominale a significativement diminuée par rapport au groupe contrôle (-0,4 ± 6 cm vs +2,1 ± 6,7 cm p< 0,001). Aussi, la pression artérielle systolique
(-5,5 vs -0,6 mmHg, p = 0,004) et diastolique (-4,6 vs -0,2 mmHg, p< 0,001) ont significativement été réduites dans le groupe d’intervention. De plus, ce programme d’intervention a amélioré de 6,5 % le taux de triglycérides, le HDL-cholestérol (p = 0,05) et la glycémie à jeun de 5 %. La proportion de la population ayant atteint une perte de poids supérieure à 5 % de leur masse corporelle est d’environ 19,5 % (sans différence entre les deux groupes de l’étude). Compte tenu de la forte consommation d’huile d’olive, un taux très élevé d’acides gras mono-insaturés a été retrouvé chez les sujets de l’étude.

 

Ce qu’il faut retenir

Cette étude montre les bénéfices d’un programme de conseils d’hygiène de vie, en médecine générale, sur le profil cardio-métabolique de patients atteints du syndrome métabolique.

Un tel programme nécessite une approche et un suivi des patients individualisés, et doit être soutenu par des documents d’éducation pour les patients en dehors des consultations.

 

Effects of a long-termlifestyle intervention program with Mediterranean diet and exercise for the management of patients with metabolic syndrome in a primary care setting
R. Gomez-Huelgas, S. Jansen-Chaparro, A.J. Baca-Osorio, J. Mancera-Romero,
F.J. Tinahones, M.R. Bernal-López
 
Date de publication : 17/07/2015