Nutrition & pathologies

Jeux vidéo “actifs”, IMC et masse grasse


Jeux vidéo actifs et IMC et masse grasses

La pratique d’activités sédentaires comme les jeux vidéo, où le sujet est passif, est corrélée à la survenue d’une obésité. Mais qu’en est-il pour les jeux vidéo actifs, où le sujet bouge ? Constituent-ils une activité physique valable ?

L’objectif de l’étude de R. Maddison 1 est d’évaluer l’effet de jeux vidéo actifs où le sujet est en mouvement, notamment en ce qui concerne l’évolution de l’IMC et la composition corporelle, sur une durée de 6 mois.

 

Les sujets recrutés sont 322 enfants de 10 à 14 ans habitant Auckland (Nouvelle-Zélande) en surpoids ou obèses, utilisateurs habituels de jeux vidéo sédentaires. Dans cette étude randomisée et contrôlée, 162 enfants conservaient leurs habitudes et 160 recevaient (en plus de leurs jeux vidéo passifs), 5 jeux vidéo actifs différents, leur permettant de pratiquer des activités physiques.

 

Les paramètres étudiés étaient : l’évolution de l’IMC, de la masse grasse corporelle, de l’activité physique et du grignotage.

 

Résultats

Au bout des 6 mois, dans le groupe d’intervention, l’évolution de l’IMC est favorable et ceci de façon significative par rapport au groupe témoin. Il ne baisse pas, mais reste stable, alors qu’il augmente dans le groupe témoin. Ainsi, l’IMC dans le groupe qui pratique les jeux vidéo actifs est, par rapport au groupe témoin, plus bas de - 0,24 (IC 95 % : - 0,44 à - 0,05 ; p = 0,02) ; alors que l’IMC augmente de 0,34 +/- 0,08 dans le groupe témoin au cours des 6 mois.
La masse grasse, dans le groupe d’intervention, diminue significativement de 0,83 % (IC 95 % : - 1,54 % à - 0,12 % ; p = 0,02).
Le temps passé chaque jour à pratiquer des jeux vidéo actifs dans le groupe d’intervention, est en moyenne de 10,03 minutes (IC 95 % : 6,26 à 13,81 minutes ; p < 0,0001). Par ailleurs, dans ce groupe, le temps passé à jouer à des jeux vidéo passifs, diminue de 9,39 minutes par jour (IC 95 % : - 19,38 min à - 0,59 min ; p = 0,06).

 

En conclusion

La pratique de jeux vidéo actifs qui permet au sujet de bouger et donc d’augmenter son activité physique, a un effet modeste mais certain sur l’IMC et la composition corporelle des enfants en surpoids ou obèses. Cette activité ludique peut donc être ajoutée aux autres modalités de prise en charge, visant à augmenter l’activité physique. Elle contribue à lutter contre la sédentarité des enfants en surpoids ou obèses.

 

[1] R. Maddison and al. Effects of active video games on body composition : a randomized controlled trial. Am J Clin Nutr 2011; 94: 156-63

 

Date de publication: 10/12/2012