Activité physique & diabète de type 2

La prise en charge du diabète de type II ne repose pas seulement sur l’alimentation. L’activité physique est également un pilier essentiel du traitement. En effet, les bénéfices sont multiples tant au niveau fonctionnel que vital. Mais qu’entend-on par activité physique ? Combien de temps vos patients doivent-ils y consacrer ?
Réponses du professeur Serge Halimi, professeur Emérite de la Faculté de Médecine de Grenoble.

Date de publication : 14/10/2016

En savoir plus sur le diabète et sa prise en charge

Dossier

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Le diabète est une affection métabolique caractérisée par une hyperglycémie chronique liée à une déficience soit de la sécrétion de l'insuline, soit de l'action de l'insuline, soit les deux. L'augmentation de sa prévalence et de son incidence en fait l'une des épidémies les plus préoccupantes du XXIème siècle.

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Pourquoi pratiquer une activité physique ?

La prise en charge du diabète de type 2, ce n’est pas que l’alimentation. Clairement l’activité physique est reconnue à part égale, au moins, comme un pilier du traitement. Premièrement, parce que l’activité physique ne va peut-être pas faire perdre de poids mais va maintenir la masse musculaire d’un patient et va la maintenir active, ce qui consomme les graisses et les sucres, ce qui améliore globalement le profil métabolique du patient. Deuxièmement, on a une réduction de ce qu’on appelle la graisse abdominale, la fameuse brioche, et ça c’est très important car ça a des effets extrêmement favorables sur le plan du pronostic fonctionnel et vital. Le patient va avoir une amélioration de son risque cardio-vasculaire très spectaculaire et même de la mortalité due au cancer. On sait aujourd’hui que cette activité physique a des bénéfices à niveau-là aussi. 

Quels types d’activités conseiller au patient ?

Concrètement, avoir une activité physique par simplification, c’est ne pas être sédentaire. Il faut sortir de son fauteuil, ne pas passer la journée devant sa télévision. Or, beaucoup de diabétiques de type 2 sont souvent des retraités, des gens qui ont parfois travaillé durement et qui se reposent… et ça n’est pas bon. La seconde chose, c’est qu’il faut des activités de la vie courante, pas du sport, d’abord et avant tout se servir de son corps.  Alors en ville, c’est descendre une ou deux stations de tram ou de métro avant, faire du vélo dans la mesure du possible. Ensuite ça peut être des activités physiques plus programmées. Il y a une règle générale qui vaut dans le diabète et hors diabète, grosso modo on conseille 150 à 200 minutes d’activité physique par semaine, réparties plutôt qu’en une seule fois. On essaie d’alterner des activités dites d’endurance mais endurance un peu poussée, comme la marche active, la marche nordique ; et la deuxième chose c’est de faire du travail en résistance, c’est-à-dire avoir des altères de 500 g à 1 kg chez soi, et d’en faire un petit peu tous les jours ou tous les deux jours. En fait c’est quelque chose qu’il faut réussir à intégrer petit à petit. Après, on peut avoir des personnes qui vont aller vers une vraie       activité physique et s’inscrire dans une salle d’activité de maison de quartier, avec un groupe d’activité de diabétiques ou de non diabétiques, aller faire de la marche avec eux… c’est assez incitatif et ça aide indéniablement.