Nutrition & moments de vie

Alimentation des nourrissons et enfants en bas âge

Par Nestlé Nutri Pro ®

alimentation bébé 0 à 36 mois

De la naissance jusqu’à 3 ans, l’alimentation du nourrisson et de l’enfant en bas âge va beaucoup évoluer. On distingue deux grandes périodes : une première correspondant à peu près aux 6 premiers mois de la vie et durant laquelle le lait maternel ou les préparations pour nourrissons sont les aliments exclusifs, puis une période de diversification alimentaire où seront introduits progressivement différents aliments pour amener l’enfant en bas âge vers une alimentation de type adulte.

La période d’allaitement : 0 à 6 mois

Pendant les 6 premiers mois de sa vie, l’aliment essentiel et unique du nourrisson est le lait maternel ou les préparations pour nourrissons. 1

 

L’allaitement maternel

L’OMS recommande un allaitement exclusif au sein pendant les 6 premiers mois de la vie. 2 Cette recommandation est également soutenue en France par les autorités de santé et le PNNS. 3,4

Nestlé s’efforce de promouvoir une alimentation sûre et adéquate chez les nourrissons en encourageant l’allaitement au sein comme meilleur départ dans la vie et en fournissant des substituts de lait maternel de haute qualité en vue de répondre à des besoins spécifiques requérant une alternative au lait maternel, comme par exemple, lorsque le nourrisson n’a pas accès au lait maternel ou lorsqu’une préparation spécialement formulée est nécessaire.

Le lait maternel est le mieux adapté au nourrisson. Il présente de nombreux avantages nutritionnels et immunitaires. 5

Durant la période d’allaitement, le lait maternel est constamment adapté aux besoins physiologiques de l’enfant : sa composition en protéines, acides gras et minéraux est parfaitement adaptée. Elle évolue au fil des semaines mais également pendant la tétée. Au-delà de l’intérêt nutritionnel, l’allaitement maternel présente également des bénéfices pour la santé de l’enfant :

  • il permet un développement optimal du nourrisson jusqu’à 6 mois 4
  • il aurait un rôle protecteur vis-à-vis du risque d’infections, en particulier gastro-intestinales et peut-être également des voies respiratoires 4,5,6
  • il pourrait également avoir un rôle favorable  dans la protection contre le risque de diabète insulinodépendant chez l’enfant 5
  • un effet protecteur vis-à-vis de la survenue de l’obésité a également été mis en évidence sans qu’il soit possible d’affirmer s’il s’agit d’un effet direct de la composition du lait maternel ou d’un ensemble de comportements bénéfiques à la santé de l’enfant 5,6
  • il aiderait à limiter les risques d’allergies alimentaires chez l’enfant surtout chez ceux ayant des prédispositions familiales 1,5,6

Le bébé doit téter le plus tôt possible après l’accouchement. Il n’existe aucune règle concernant le nombre et la fréquence des tétées. L’allaitement doit se faire à la demande du nourrisson et sans restriction de durée. Des pauses sont toutefois recommandées pour permettre un remplissage progressif de l’estomac et faciliter les rots. 5

Il est recommandé de poursuivre l’allaitement maternel si possible pendant les 6 premiers mois de façon exclusive. Lorsque le bébé passe progressivement du lait maternel à une préparation infantile, c’est la période de sevrage. Le sevrage doit être progressif : les tétées doivent être supprimées une par une en commençant pas les moins abondantes (celles du milieu de journée) pour finir par celle du soir puis du matin. L’idéal serait de laisser une semaine entre chaque suppression de tétée. 1,5

 

 

Les préparations pour nourrissons et préparations de suite

Lorsque que le nourrisson ou l’enfant en bas âge n’est pas allaité au sein, il est possible d’utiliser des substituts de lait maternel, c'est-à-dire des formules infantiles qui permettent de nourrir le nourrisson à défaut d’allaitement maternel. 5

La règlementation française ne reconnaît que 2 types de préparations 5 :

  • «Préparations pour nourrissons», les denrées alimentaires destinées à l'alimentation particulière des nourrissons pendant les premiers mois de leur vie et répondant à elles seules aux besoins nutritionnels de ces nourrissons jusqu'à l’introduction d'une alimentation complémentaire appropriée
  • «Préparations de suite», les denrées alimentaires destinées à l’alimentation particulière des nourrissons lorsqu'une alimentation complémentaire appropriée est introduite et constituant le principal élément liquide d'une alimentation progressivement diversifiée de ces nourrissons

 

Les diverses préparations existent 5 :

  • sous forme de poudres devant être reconstituées avec une eau faiblement minéralisée, en bouteille ou du robinet, en respectant le plus strictement possible la proportion d’une « mesurette » arasée pour 30 mL d’eau
  • sous forme liquide prête à l’emploi

 

En fonction de l’âge du nourrisson, l’utilisation des préparations est différente 5 :

  • jusqu’à 6 mois révolus : une préparation pour nourrissons garantit la totalité des apports nutritionnels (voir dans l’introduction les paragraphes concernant la vitamine K et D). Si l’enfant présente des antécédents allergiques, c'est-à-dire qu’au moins un membre de sa famille (père, mère, fratrie) a présenté ou présente des symptômes allergiques, il est recommandé d’utiliser une préparation HA (hypoallergénique) pour réduire le risque d’allergie aux protéines de lait de vache.
  • de 6 à 12 mois ou plus : une préparation de suite doit continuer à représenter l’apport alimentaire le plus important. Ces préparations ne doivent en aucun cas être utilisées avant l’âge de 4 mois pendant la période d’alimentation lactée du nourrison exclusive.

 

La diversification alimentaire : de 4-6 mois à 3 ans

L’étape de diversification correspond au passage d’une alimentation exclusivement constituée de lait maternel ou de préparation pour nourrisson à une alimentation variée qui va progressivement se rapprocher de celle d’un adulte. Elle se fait habituellement à partir de 4 - 6 mois) et graduellement jusqu’à l’âge de 3 ans.5 Pour les enfants dits « à risque », c’est-à-dire prédisposés à l’allergie, il est recommandé de ne débuter la diversification qu’après 6 mois révolus.

À 6 mois, le nourrisson commence en effet à avoir des besoins en énergie et en nutriments (énergie, protéines, fer, zinc, vitamines…) que le lait maternel ne peut plus satisfaire à lui seul.2 Mais la diversification n’a pas seulement un intérêt nutritionnel, même s’il est primordial. Elle permet également l’apprentissage des textures, des goûts et elle favorise la socialisation.5,7

Entre 4 et 6 mois ; l’objectif n’est pas un apport énergétique supplémentaire mais un début de familiarisation par toutes petites touches avec des goûts et des textures différentes.

 

Les différentes étapes de la diversification alimentaire

La diversification alimentaire correspond à la phase de transition entre l’alimentation lactée exclusive et une alimentation diversifiée de type adulte. Les aliments autres que le lait maternel ou préparations pour nourrissons ou préparation de suite sont introduits progressivement. Le nourrisson ou l’enfant en bas âge fait alors l’apprentissage des textures, des goûts et des différents modes d’alimentation. 5

On peut distinguer 2 grandes phases de la diversification :

  • de 4-6 à 8 mois :

- La période 4-6 mois est l’âge où la diversification alimentaire peut être débutée. Si cet âge peut varier suivant les nourrissons, en fonction des traditions culturelles familiales et de la maturation physiologique du nourrisson, elle ne doit toutefois jamais commencer avant l’âge de 4 mois. 5

- Le lait maternel ou les préparations de suite doivent rester la base de l’alimentation du nourrisson : donner au moins 500 mL par jour de lait maternel ou préparation pour nourrisson 8

- Supprimer une partie d’une tétée ou d’un biberon très progressivement pour arriver vers 4-6 mois à 4 repas par jour pour commencer la diversification.

- Les légumes : ils peuvent être introduits au repas de midi ou du soir, en complément du lait. Les légumes doivent être cuits à l’eau ou à la vapeur, sans ajout de sel mais avec ajout d’huile végétale (colza par exemple), puis mixés. Il est toutefois préférable d’éviter les légumes riches en fibres au début car plus difficiles à digérer. 8

- Les fruits : à choisir bien mûrs, cuits et mixés sans ajouter de sucre 8

- La viande et le poisson : ce sont des sources de fer privilégiées. Toutes les viandes à l’exception des abats et de la charcuterie qui sont à limiter, peuvent être introduites, ainsi que tous les poissons. Ils seront servis mixés ou écrasés très finement, et  introduits en toutes petites quantités à partir de 6 mois (de l’ordre de 2 cuillères à café pour débuter) 8

- Les œufs : ils sont introduits à partir de 6 mois

- Les féculents : à partir de 4 mois, les céréales infantiles sans gluten peuvent être proposées en petites quantités, notamment si le nourrisson est un « petit mangeur ». Les pommes de terre cuites peuvent être introduites dès l’âge de 6 mois. Elles seront cuites à la vapeur, et moulinées. 8

- Les matières grasses ajoutées : elles ne doivent pas être introduites avant l’âge de 6 mois (sauf si on commence la diversification entre 4 et 6) et les matières grasses végétales sont à privilégier (huile de colza, tournesol, olive). 8

  • de 8 / 12 mois à 3 ans :

- après 1 an, l’apport lacté doit être assuré par un aliment lacté pour enfant en bas âge 9

- de 8 à 12 mois : 20-25 g de viande ou de poisson ou ½ œuf

- après 1 an : la portion de viande ou de poisson sera de 30 g

- à partir de 15 – 18 mois : les légumes secs en purée types lentilles ou haricots secs pourront être introduits.

 

Les premiers apprentissages alimentaires sont facilités par le caractère ouvert des nourrissons à la nouveauté.. En effet, jusqu’à la fin de la deuxième année de vie, la diversification alimentaire se déroule dans un contexte d’ouverture : les aliments denses sont appréciés et l’enfant en bas âge est peu réticent pour gouter l’ensemble des aliments qui lui est proposé. Au début, en raison du développement réduit de sa dentition et de ses capacités de mastication il apprécie davantage les textures souples, lisses et onctueuses. Ce n’est que progressivement que l’enfant en bas âge va s’orienter vers des aliments nécessitant une mastication importante et accepte alors des de textures de plus en plus complexes. 10

 

 

Prévenir les risques d’allergie alimentaire

La pathologie allergique résulte de la conjonction de facteurs environnementaux et génétiques. 5

Un nourrisson ou enfant en bas âge ayant au moins un parent du 1er degré allergique, a dans les premières années de sa vie de plus forts risques d’être lui-même allergique. Même « non à risque », un enfant peut développer une allergie. C’est pourquoi il existe certaines mesures préventives à mettre en place pour éviter leur apparition, notamment au moment de la diversification alimentaire. Ainsi, chez l’enfant à risque 11 :

  • La diversification alimentaire ne doit pas être débutée avant l’âge de 6 mois
  • L’introduction des aliments à fort pouvoir allergénique (kiwi, céleri, arachide, fruits à coques, crustacés) doit être retardée après 1 an
  • L’introduction de l’œuf et du poisson peut être envisagée après 6 mois.

 

Les grandes phases de la diversification alimentaire 5,13

À retenir

  • De 0 à 4-6 mois : alimentation lactée exclusive

- L’allaitement maternel est recommandé et doit être encouragé

- Si l’allaitement maternel n’est pas possible ou souhaité, il est possible d’utiliser des préparations pour nourrissons

  • De 6 mois à 3 ans : diversification alimentaire

- Introduction progressive des aliments selon les recommandations

- Recommandations spécifiques pour l’introduction de certains aliments chez les enfants à risque d’allergie

 

Sources

  1. PNNS. Enfants. La période d’allaitement (0-6 mois). Le lait en exclusivité. Allaitement ou laits infantiles ? Disponible sur le site : http://www.mangerbouger.fr/enfants/la-periode-d-allaitement-0-6-mois/le-lait-en-exclusivite/allaitement-ou-laits-infantiles.html
  2. OMS. Centre des médias. Alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Aide mémoire n°342. Juillet 2010. Disponible sur le site : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs342/fr/index.html
  3. PNNS. Enfants. La période d’allaitement (0-6 mois). Disponible sur le site : http://www.mangerbouger.fr/enfants/la-periode-d-allaitement-0-6-mois/
  4. ANAES. Allaitement maternel. Mise en œuvre et poursuite dans les 6 premiers mois de vie de l’enfant. Recommandations. Mai 2002.
  5. PNNS. Livret d’accompagnement du guide nutrition des enfants et ados pour tous les parents destiné aux professionnels de santé. Septembre 2009.
  6. Synthèse PNNS. Allaitement maternel. Les bénéfices pour la santé de l’enfant et de sa mère. Février 2005.
  7. Gottrand F. Diversification alimentaire : nouvelles recommandations. Archives de pédiatrie 2009;16:2-4.
  8. PNNS. La santé vient en mangeant et en bougeant. Le guide nutrition de la naissance à 3 ans. Décembre 2005.
  9. Ghisolfi J et al. Lait de vache ou lait de croissance : quel lait recommander pour les enfants en bas âge (1 – 3 ans) ? Archives de Pédiatrie 2011;18:355-358.
  10. Rigal N. Diversification alimentaire et construction du goût. Archives de pédiatrie 2010;17:S208-S212.
  11. Chouraqui JP et al. Comité de nutrition de la Société française de pédiatrie. Alimentation des premiers mois de vie et prévention de l’allergie. Archives de Pédiatrie 2008;15:431-442.
  12. Agostoni C et al. ESPGHAN Committee on Nutrition. Medical position paper. Complementary feeding : a commentary by the ESPGHAN committe on nutrition. Journal of pediatric gastroenterology and nutrition 2008;46:99-110.
  13. PNNS. Les grandes phases de la diversification alimentaire. Disponible sur le site : http://www.mangerbouger.fr/IMG/jpg/01-tabelauprint.jpg

 

Date de publication: 10/12/2012