Depuis 2010, les Français ont changé leurs consommations protéiques selon 4 schémas différents et qui semblent associés à des profils socio-démographiques particuliers.

Le Credoc et l’UMR PNCA située à l’AgroParis Tech ont retracé l’évolution de la consommation des protéines par sources alimentaires chez les adultes français entre 2010 et 2019. 

Les données actuellement disponibles indiquent que les Français consomment suffisamment de protéines et d’acides aminés indispensables. Nous savons aussi que la durabilité́ des régimes semble dépendre de la nature des protéines consommées. L’objectif des pouvoirs publics en termes de santé de l’homme et de l’environnement serait de favoriser des choix plus « durables » d’apport en protéines. Seulement, pour faire des recommandations ciblées, il faudrait connaître les évolutions des profils de consommation protéique et notamment les substitutions en jeu entre les sources animales et végétales. 

Pour cela, les chercheurs ont exploité les carnets alimentaires récupères lors des enquêtes « Comportements et Consommations Alimentaires en France » réalisées entre 2010 et 2019 par le Credoc. Ces données ont été́ croisées avec les tables de composition des aliments (CIQUAL) et les proportions de 11 sources de protéines des aliments consommés ont été́ détaillées pour chaque individu (1389 adultes en 2010 et 1845 en 2019). Avec l’analyse des caractéristiques socio-démographiques des individus et de leur régime alimentaire, les chercheurs ont tenté́ de trouver une logique aux substitutions réalisées. 

Résultat, entre 2010 et 2019, la consommation totale de protéines a baissé́ chez tous les participants, passant de 93 g/jour (dont 35 % de protéines végétales) à 82 g/jour (dont 28 % de protéines végétales). L’analyse des évolutions selon les catégories socio-démographiques et les régimes alimentaires met en relief des évolutions très hétérogènes selon les sources protéiques et quatre catégories de consommateurs sont identifiées. 

Deux groupes de consommateurs (A et D) ont fortement réduit leur consommation de protéines animales (-13 à -14,9g/jour) mais l’un (A) a légèrement augmenté ses consommations de protéines végétales (+1,2 g/j) tandis que l’autre (D) les a diminuées (-1,9 g/j). Le groupe A (n = 285), surreprésenté́ chez les employés, a surtout diminué ses consommations de protéines issues des produits laitiers (−8,9 g/j) et des viandes de boucheries (−10 g/j) tandis qu’il a augmenté́ sa consommation de protéine provenant des légumineuses (+0,7 g/j). Au contraire, le groupe D (n = 333) a augmenté́ ses consommations de protéines issues des produits laitiers (+4,3 g/j) et a diminué́ celles de volailles (-11 g/j) et de viandes de boucheries (−7 g/j). 

 

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Un troisième groupe (C) a augmenté́ sa consommation de protéines animales (1,7g/j) et réduit celle de protéines végétales (−6,7 g/jour). C’est dans ce groupe que la consommation de protéines issus de la viande de boucherie a le plus augmenté (n = 297 +8,8 g/j). Les individus de ce groupe sont plus souvent des cadres et ont plus de 35 ans. 

Enfin, un quatrième groupe (B) a diminué́ à la fois ses apports en protéines animales et végétales (-1,5g/j et -2,9g/j). Surreprésentés chez les 18-34 ans (n=325), ils ont surtout substitué les sources de protéines animales consommées. Ainsi, s’ils ont diminué́ le plus leur consommation de protéines de viande de boucherie (−11,9g/j), ils ont, en contrepartie, augmenté leurs consommations de protéines de volaille (+5,5g/j) et de produits laitiers (+6 g/j). 

Ces résultats montrent bien que les campagnes en faveur des protéines végétales ont des effets variés sur les comportements. L’évolution des consommations protéiques des Français entre 2010 et 2019 implique probablement des impacts sur la santé et sur l’environnement mais la grande hétérogénéité des substitutions réalisées les rend difficiles à appréhender et compliqueront donc les actions de santé publique à moins qu’elles ne ciblent des catégories de population très spécifiques. 

https://www.credoc.fr/publications/evolutions-de-la-consommation-de-proteines-par-sources-alimentaires-entre-2010-et-2019-selon-les-profils-de-consommateurs   

C. Costa 

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