Nutrition & pathologies

L’allergie alimentaire au soja : phénomène encore rare mais émergent


 

Une mise au point récente sur le soja rappelle que ce dernier est considéré comme un des principaux allergènes émergents, notamment en raison de l’augmentation de sa consommation.  Si la prévalence de cette allergie alimentaire est encore  faible (moins de 1 % en Europe), elle peut être responsable d’anaphylaxie sévère. 

Le soja est une des principales sources de protéines et d’huile pour l’alimentation humaine et animale et est souvent un allergène  présent dans l’alimentation. On le retrouve ainsi au sein de divers aliments : produits non fermentés (jus de soja, tofu), fermentés (miso, sauce soja) ou industriels (farines, concentrés ou isolats de soja).

Les allergènes du soja peuvent être classés en plusieurs familles protéiques en fonction de leurs propriétés structurales et fonctionnelles : les cupines (protéines de stockage du soja), les prolamines (protéines hydrophobes de coques, responsables d’asthmes sévères et reconnus comme allergènes professionnels), les homologues des pollens, les oléosines (protéines impliquées dans la formation des huiles, pouvant être responsable de réaction croisée à l’arachide).

On distingue différents tableaux cliniques de l’allergie alimentaire au soja :

  • l’allergie alimentaire au soja isolée est exceptionnelle
  • l’allergie au soja associée à une allergie aux protéines de lait de vache (APLV) concernerait 10 % à 14 % des enfants allergiques au lait de vache
  • l’allergie au soja associée à une allergie à l’arachide : 67 % des allergiques au soja sont aussi allergiques à l’arachide
  • l’allergie sévère au soja chez les patients polliniques au bouleau : 10 % des patients polliniques au bouleau en Europe centrale seraient allergiques au soja par réactivité croisée entre protéines
  • l’anaphylaxie sévère au soja induite par l’exercice est rare
  • l’anaphylaxie à l’huile de soja : rare, quelques cas ont été publiés
  • les formes d’hypersensibilité retardée sont représentées par des tableaux digestifs type entérocolite ou des dermites de contact par des cosmétiques contenant des protéines de soja

Concernant le diagnostic de l’allergie alimentaire au soja, l’auteur rappelle la bonne valeur prédictive positive d’une histoire clinique convaincante, contrairement aux tests cutanés qui ont de mauvaises valeurs prédictives positive et négative.  La sensibilité de ces tests cutanés est améliorée par l’utilisation d’aliments natifs : farine de soja, tofu, jus de soja.

 

Ce qu’il faut retenir

Même si sa prévalence reste encore faible, moins de 1 % de la population générale en Europe, les allergologues craignent une augmentation de l’allergie alimentaire au soja en raison de l’augmentation du soja dans nos consommations alimentaires actuelles. La compréhension et le diagnostic de cette allergie complexe s’améliorent de plus en plus et il faut y penser en cas d’accidents anaphylactiques chez des patients polliniques au bouleau, allergiques à l’arachide ou aux protéines de lait de vache.

 

Gomez-Andre SA et al. Un allergène emergent : le soja. Rev Française Allerg 2012. [Epub ahead of print].

 

Date de publication: 10/12/2012