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Quels sont les sports les plus pratiqués en France ? Par qui et comment ? Qu’est-ce qui motive les sportifs dans la pratique de leurs activités sportives ? Quels sont les freins ? Autant de questions auxquelles répond ce premier état des lieux des pratiques sportives en France.

Afin de mieux connaître les pratiques sportives des Français, l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) a mis en place, en lien avec le ministère des sports, un Baromètre national des pratiques sportives. Ce baromètre a été réalisé avec l’aide du Crédoc auprès de plus de 4000 personnes et sera reconduit tous les deux ans. Il met notamment l’accent sur les ressorts des pratiques sportives et leur principal frein. Le point sur les principales données obtenues.

Peu de données décrivent spécifiquement les pratiques sportives des français. La dernière enquête sur le sujet, réalisée par l’Insee et portant sur les adultes français date de 2015 (cf. actualités du numéro 1 vol 53) et celle plus récente du Crédoc (2018) s’intéresse aux 16—25 ans (cf. actualités du numéro 3 vol 53).

L’enquête commandée par l’INJEP intègre la population de 15 à plus de 70 ans. Elle révèle qu’en 2018, 66 % des Français de plus de 15 ans ont pratiqué une activité sportive au cours des 12 derniers mois. Lorsque les activités physiques liées aux déplacements quotidiens sont incluses (à pied, vélo, trottinette), la proportion de pratiquants passe à 75 %.

Les pratiques sportives sont variées et parfois multiples : en moyenne 29 % des français ont pratiqué trois sports ou plus au cours des 12 derniers mois (57 % des 15—19 ans, 49 % des hommes de moins de 40 ans). Les plus citées sont la course à pied et la marche (40 % des français), les activités de la forme et de la gymnastique (22 %), les sports aquatiques et nautiques (20 %) et les sports de cycles ou motorisés (18 %). Les sports de raquette et les sports collectifs (football principalement) attirent 11 % des français. La course et la marche sont davantage citées par les hommes que les femmes, chez les moins de 40 ans comme chez les 40 ans et plus. À l’exception des sports de la forme et de la gymnastique particulièrement prisés par les femmes, les autres univers sportifs sont plus souvent déclarés par les hommes. L’écart est notamment plus marqué dans les sports collectifs (16 % chez les hommes, 6 % chez les femmes) et les sports de raquette (8 % contre 1 %). Les pratiques les plus souples en termes d’organisation sont les plus prisées des français par rapport aux sports d’équipe, de raquette ou de cycle qui impliquent plus de contraintes de temps et d’organisation. L’âge et le sexe sont fortement associés à la pratique sportive. En dehors de la course et la marche qui sont les plus fréquentes, le niveau de pratique diminue de moitié après 40 ans. Ainsi les activités de la forme et de la gymnastique passent de 32 % de pratiquants de moins de 40 ans à 16 % de plus de 40 ans tandis que les sports aquatiques et nautiques passent de 27 % chez les moins de 40 ans à 15 % après 40 ans. Quant aux sports collectifs, ils sont clairement délaissés après 40 ans (4 % de pratiquants versus 22 % de pratiquants de moins de 40 ans). De même, certaines pratiques sont plus spécifiques du genre féminin comme les activités de forme et de gymnastique (28 % des femmes contre 15 % des hommes) et d’autres plus recherchées par les hommes comme les activités de cycle ou motorisées (23 %, contre 12 % chez les femmes). Au contraire, la randonnée pédestre, affiche sa particularité : c’est l’activité la plus souvent déclarée par les français, elle est autant pratiquée par les hommes (25 %) que par les femmes (22 %) et sa pratique croit avec l’âge (27 % à partir de 40 ans, 17 % avant 40 ans).

La grande majorité des individus sportifs le font dans le cadre d’un loisir de façon régulière tout au long de l’année. Les personnes qui pratiquent leur sport principal deux fois ou plus par semaine et représentent la proportion la plus importante des pratiquants avec 57 % ; 22 % déclarent avoir une régularité moindre (une fois par semaine) et seuls 21 % font leur sport préféré de façon sporadique, à savoir moins d’une fois par semaine.

La fréquence de la pratique est, par ailleurs, très liée au type d’activité : plus de deux fois par semaine pour les adeptes du fitness (57 % pratiquent plus de deux fois par semaine) et 13 % pour les joueurs de tennis. Enfin, plus l’activité est pratiquée fréquemment, plus elle est régulière. Les adeptes du fitness (68 % pratiquent régulièrement) et du jogging (61 %) sont, par exemple, plus réguliers tout au long de l’année que les nageurs (33 %). La pratique intensive ne concerne que 12 % des pratiquants réguliers. Pour autant, la participation à des compétitions concerne 18 à 21 % de l’ensemble des pratiquants.

Les pratiques sportives autonomes sont privilégiées (61 %) par rapport à celles qui s’exercent en club (24 %) ou dans une structure commerciale (8 %). La santé et le bien-être sont les principales motivations (surtout chez les quadragénaires). Toutefois, chez les plus jeunes et chez ceux qui pratiquent le football et le tennis, la recherche de plaisir et d’amusement sont les premières motivations affichées. Chez les coureurs et marcheurs, la recherche d’une proximité avec la nature est citée tandis que les pratiquants du fitness mettent l’amélioration de leur apparence et de leur forme au premier plan.

Cependant, la pratique sportive en général est très inégale selon l’âge, le niveau de diplôme, le niveau de revenu et le lieu d’habitation. Ainsi, ceux qui pratiquent le moins d’activité sportive sont les plus âgés, les peu diplômés, les bas revenus et, dans une moindre mesure, les femmes et les personnes résidant hors des grandes agglomérations.

Le manque de goût pour le sport (mis en avant par les plus âgés, les cadres et les hauts revenus), les problèmes de santé (anciens sportifs, sujets avec handicap ou maladie chronique et plus de 70 ans) et les contraintes professionnelles et familiales sont les principaux freins à la pratique sportive. Notons que chez les non pratiquants et n’ayant aucune envie de faire du sport figurent 33 % de malades chroniques, 33 % de personnes en surpoids, 38 % de sujets obèses et 45 % de personnes jugeant leur état de santé « mauvais ». Au contraire l’envie de pratiquer une activité sportive est présente chez un Français non pratiquant sur cinq en particulier chez les jeunes parents, chez les femmes, les plus jeunes et les plus diplômés. Les activités de la forme et de la gymnastique sont celles qui sont les plus souvent envisagées (citées par 27 %) devant les activités nautiques (18 %), la course et la marche (15 %).

Ces données très détaillées et dont on pourra suivre l’évolution devraient permettre aux politiques publiques d’orienter et de cibler plus précisément leurs actions.

 C. Costa  « © Société Française de Nutrition. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés ».

Croutte PY, Müller J. 2018. Baromètre national des pratiques sportives 2018, Baromètre réalisé par le CREDOC sous la direction de Hoibian S. pour l’INJEP et le ministère des Sports, INJEP Notes & rapports/Rapport d’étude. Janvier 2019. http://www.credoc.fr/

Date de publication : 22/05/2019

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