Lancé en septembre 2019 pour durer jusqu’à 2023, le PNNS 4 fait, comme prévu, le premier bilan annuel des actions engagées.

Pour rappel, le PNNS 4 comprend 5 axes qui impliquent au total 56 actions et 10 mesures phares à mener entre 2019 et 2023. En 2020, une seule action a été finalisée, l’expertise collective sur la nutrition en Outre-mer, 9 actions n’ont pas démarré et les autres sont en cours de réalisation.

Les avancées des dix mesures phares

Les nouvelles recommandations nutritionnelles ont marqué les esprits : 73 % des personnes interrogées reconnaissent au moins un support de la campagne parmi lesquels 75 % se sentent directement concernés et 77 % se disent incités à faire des efforts sur leur alimentation (action 19).

Les actions sur la qualité nutritionnelle des produits alimentaires reposent principalement sur l’engagement volontaire des fabricants. Les auteurs du bilan se félicitent donc de l’engagement « ferme » de 415 entreprises à apposer le logo Nutri-Score sur leurs produits. Les données de l’Oqali leur paraissent encourageantes : les produits porteurs du Nutri-Score et vendus en GMS sont en majorité classés A (31,7 %) tandis que la classe E (9,6 %) est moins fréquente (actions 16,17,18). Mais quid de ceux qui ne portent pas le logo ?

Les actions sur la réduction de la teneur en sel de 30 % d’ici 2025 portent sur le secteur de la boulangerie avec la signature d’accords collectifs au 1er semestre 2021 (action 2).

La protection des enfants et adolescents vis-à-vis des campagnes marketing audiovisuelles pour des boissons et aliments classés D et E au Nutri-Score (la moitié des publicités vues en 2018 !) repose, là encore, sur l’engagement des  opérateurs audiovisuels. Le bilan indique que les chaînes ont respecté leurs engagements : le volume horaire consacré à  la promotion d’une bonne hygiène de vie a été multiplié par  4 en 10 ans. De plus, ils ont soutenu les Journées Européennes de l’obésité en réduisant leurs tarifs pour les campagnes favorables à la santé (action 11).

Pour la restauration collective, un guide et un livret de recettes aidant à la mise en œuvre d’un menu végétarien hebdomadaire en milieu scolaire (loi Egalim) ont été publiés  en 2020 (action 6).

Pour accompagner les équipes éducatives et pédagogiques dans l’éducation à l’alimentation (maternelle-lycée), des outils ont été mis à leur disposition : un vademecum « Ecole promotrice de santé » et un vade-mecum « Education à l’alimentation ». De plus, les « classes du goût » ont été déployées dans 9 régions en métropole et 2 en outre-mer (action 29).

Quant à la pratique d’activité physique adaptée, elle est en cours d’expérimentation pour les personnes atteintes de  maladies cardio-vasculaires dans 5 régions (PACA, Bretagne, Auvergne-Rhône-Alpes, Centre-Val de Loire et Occitanie). Un parcours de soin global (nutritionnel, psychologique et activité physique) est aussi proposé après traitement d’un cancer et est soutenu financièrement par les ARS. Un bilan d’activité physique est prévu chez les diabétiques de type 2 avec complications (action 42). Des référentiels de prescription de l’activité physique adaptée et des fiches-mémo sont en cours d’élaboration par la HAS pour accompagner les médecins dans leur prescription (action 44).

Sur la problématique de la dénutrition, une semaine nationale de sensibilisation a été mise en place en novembre 2020 auprès du grand public, des professionnels de santé et du secteur social. Elle a mobilisé 350 partenaires et fait  l’objet de 3 073 évènements (action 37).

Enfin, 105 collectivités territoriales ont signé une charte « Villes actives » ou « Départements actifs du PNNS » dont 17 communautés de communes et 41 Entreprises ont adhéré  à la charte « Établissements actifs du PNNS » au niveau régional (action 48). Les actions concrètes qui devraient en découler sur le terrain n’ont pas fait l’objet de l’enquête. A suivre.

Des actions empêchées par l’épidémie du Covid-19

Ce bilan est toutefois à relativiser au vu du contexte très particulier de cette dernière année. Quelques mois après le  lancement du 4e PNNS, l’épidémie de la COVID-19 a engendré une crise sanitaire majeure qui a impacté la mise en œuvre des actions du PNNS 4. Cette crise a aussi révélé les difficultés d’accès à une alimentation variée et équilibrée pour plusieurs catégories de la population, l’importance de l’activité physique dans la prévention du surpoids et a pointé l’obésité comme facteur aggravant le pronostic vital des personnes infectées par le virus.

Plusieurs actions, notamment celles liées à l’activité physique et la dénutrition n’ont pu être mises en œuvre. Et à contrario, d’autres non prévues au départ ont été réalisées comme l’enquête CoviPrev qui a estimé la sédentarité au cours du 1er confinement et la rédaction d’une fiche
« Obésité-Covid » à destination des professionnels de santé. Enfin, Il a été décidé de donner la priorité pour les prochains mois à la prise en charge des personnes en situation d’obésité (et son articulation avec le PNNS) et à la lutte contre la précarité alimentaire.

C. Costa « © Société Française de Nutrition. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés ».

 MINISTERE DES SOLIDARITES ET DE   LA   SANTE—Mai 2021 - Bilan à mi-parcours   du   Programme   natio- nal nutrition santé - 2019-2023.

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/pnns_4_bilan_5mai2021.pdf

  

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