L'alimentation durable est le prochain défi collectif à relever et la dernière version du PNNS (2019-2023) l’a désormais intégré. Selon une étude française, suivre les nouveaux repères de consommation pourrait réduire l’impact environnemental des consommateurs de 50 % tout en permettant la prévention de 35 000 décès.

Un travail récent paru dans Nature Sustainability, confirme que le quatrième PNNS, qui pour la première fois intègre la dimension environnementale de l’alimentation, a un impact plus positif sur l’environnement et sur la santé que ses précédentes versions.

Pour rappel, en 2017, le Haut Conseil de la santé publique demandait au PNNS d’intégrer les préoccupations environnementales et de développement durable dans la définition des repères de consommation alimentaire. Des mesures relatives aux risques d’exposition aux toxiques environnementaux par l’alimentation (résidus de toxiques, de pesticides, métaux lourds...) étaient demandées ainsi que la proposition de régimes alimentaires ayant de faibles conséquences sur l’environnement, faisant ainsi écho aux recommandations de la FAO (Cf. Biodiversité et régimes alimentaires durables, 2010). Une demande relativement peu commune lorsqu’on sait qu’en 2016, sur les 83 pays ayant édicté des recommandations alimentaires, seuls 4 y ont intégré les enjeux environnementaux – le Brésil, la Suède, le Qatar, l’Allemagne (selon la FAO en 2016), rejoints depuis par le Canada, la Suisse et la Norvège.

En 2019, c’était donc au tour de la France d’inviter la population à manger plus durablement en lui proposant d’aller vers des aliments de saisons et produits localement, des aliments issus de l’agriculture biologique, de réduire la consommation de produits animaux (viandes rouges, charcuteries...) et d’augmenter celle de produits végétaux (fruits, légumes, légumes secs…), dans les nouveaux repères du PNNS4.

Des scientifiques de l’INRAE, de l’Inserm, de l’Université Sorbonne Paris Nord et de Solagro ont évalué l’impact de ces nouvelles recommandations sur l’environnement et sur la santé des Français. Pour cela, ils ont comparé la durabilité des recommandations de 2001 à celles de 2017 et ont utilisé les données de 28 340 participants de l’étude NutriNet-Santé (75,6 % de femmes, 50 ans en moyenne) pour comparer la santé de ceux dont l’alimentation est cohérente avec les nouvelles recommandations à celle qui en sont éloignés.

Selon leurs résultats, les participants proches des recommandations nutritionnelles de 2017 réduisent l’impact environnemental de leur alimentation de 50 % (évalué selon émission de GES, ressources utilisées, occupation des sols) tout en conservant une aussi bonne qualité nutritionnelle que ceux qui suivent les recommandations de 2001 (même score PANDiet) et dont l’impact environnemental est réduit de 25 % (versus absence de suivi des recommandations). Cette différence d’impact entre les deux recommandations est principalement liée aux restrictions de consommation de produits animaux comme les produits laitiers, les viandes vouges et les charcuteries prônées dans les recommandations de 2017 et dont les auteurs reconnaissent que cela nécessite de grands changements d’habitudes alimentaires et un apport énergétique diminué par rapport au régime actuel des Français.

L’impact sur la santé est également plus important avec les recommandations de 2017. Les chercheurs estiment qu’elles permettraient la prévention de 35 000 morts prématurées (d’origine cardiovasculaire principalement puis hypertension et cancers des voies aériennes supérieures) ce qui représenterait 10 % de plus qu’avec les recommandations de 2001. Les chercheurs estiment aussi que les expositions aux pesticides ou aux métaux lourds sont moindres avec le suivi des recommandations de 2017 qui favorisent les produits biologiques et réduisent la consommation de poisson.

Toutefois, le suivi des recommandations alimentaires (2017 et 2001) engendre un léger surcoût économique (de 0,91 D et 1,29 D /j/personne, respectivement) probablement lié au prix plus élevé des produits biologiques.

Pour les chercheurs, leurs travaux indiquent qu’il est possible d’obtenir des co-bénéfices pour la santé et l’environnement en travaillant sur les recommandations alimentaires et que la dernière mouture du PNNS pourrait y parvenir.

 C. Costa « © Société Française de Nutrition. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés ».

 Kesse-Guyot E, Chaltiel D, Wang J, et al. Sustainability analysis of French dietary guidelines using multiple criteria. Nat Sustain (2020). https://doi.org/10.1038/s41893-020-0495-8

 Date de publication : 21/01/2021

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