Nutrition générale

Quelle eau pour quel patient ?

Par Nestlé Nutri Pro ®

Hydratation

Différents types d’eau sont à notre disposition pour notre consommation. Leurs propriétés diffèrent et certains types peuvent même présenter des bénéfices pour notre santé. En fonction de nos besoins, qui peuvent changer suivant de nombreux paramètres, certaines eaux seront plus adaptées que d’autres.

Différents types d’eau

Les eaux embouteillées 1

On distingue 3 types d’eaux embouteillées :

  • les eaux minérales naturelles
  • les eaux de source
  • les eaux rendues potables par traitement

L’eau minérale est un patrimoine naturel dont le renouvellement est assuré par l’eau de pluie et la neige qui s’infiltrent dans le sol et le sous-sol. Chaque eau minérale naturelle est lentement filtrée à travers les roches et les sables rencontrés auxquels elle emprunte sa minéralité (calcium, magnésium, potassium...). Provenant d’une ressource profonde, protégée de toute pollution humaine et embouteillée sur son site d’émergence, l’eau minérale naturelle est microbiologiquement saine et présente une composition unique en sels minéraux, stable dans le temps. L’eau minérale naturelle peut avoir des effets sur la santé, et selon sa composition, être recommandée pour des besoins particuliers. Sa composition doit être affichée sur la bouteille.

En 2004, la France a produit 11 milliards de litres d’eau minérale naturelle, dont 6,6 milliards pour le marché français et 4,4 milliards pour l’exportation. Sa production a environ doublé en 10 ans.

L’eau de source est également d’origine souterraine. Elle doit répondre aux mêmes critères de potabilité et de qualité que l’eau du robinet. Elle est embouteillée à la source. Toutefois, à la différence des eaux minérales naturelles, l’eau de source n’est pas tenue à une stabilité de sa composition.

Les eaux rendues potables par traitement peuvent être traitées suivant tous les traitements autorisés pour l’eau du robinet, y compris la désinfection et peuvent être commercialisées en France.

L’eau du robinet 2

Elle a pour origine des eaux de surface (33 %) et des eaux souterraines (67 %). Elle peut ainsi être soumise à diverses pollutions et doit subir de nombreux traitements pour être rendue potable. De ce fait, en termes de pureté et de qualité à l’origine, l’eau du robinet se distingue fondamentalement d’une eau minérale naturelle. Les systèmes de filtration, carafes et filtres sur robinet, permettent d’atténuer le mauvais goût de l’eau du robinet en retenant le chlore, et parfois certains métaux lourds comme le plomb. Leur efficacité est toutefois très variable.

 

L’eau minérale naturelle, des bénéfices pour la santé

Chaque eau dispose de propriétés différentes selon sa teneur en minéraux. En particulier, la richesse en calcium et/ou magnésium de certaines eaux minérales est un atout à considérer pour aider vos patients à choisir l’eau qui leur convient à certaines périodes de la vie, lorsque les besoins sont importants.

Les caractéristiques minérales des eaux sont évaluées à partir d’un résidu sec. C’est le taux d’éléments minéraux recueillis après évaporation d’1 litre d’eau à 180 °C. Les dénominations de ces eaux sont définies règlementairement :

  • taux de minéraux > 1 500 mg/L : eau riche en minéraux (calcium, magnésium et/ou sodium)
  • taux de minéraux compris entre 500 et 1 500 mg/L : pas d’appellation spécifique (eau moyennement minéralisée)
  • taux de minéraux < 500 mg/L : eau faiblement minéralisée
  • taux de minéraux < 50 mg/L : eau très faiblement minéralisée

Le calcium

Le calcium intervient dans la constitution et l’entretien du capital osseux et des dents ; à ce titre, il contribue à la prévention de l’ostéoporose. Il intervient également dans la coagulation sanguine, la transmission des influx nerveux et la contraction musculaire. 3

Le calcium joue un rôle majeur dans la croissance et le maintien de la densité osseuse. À ce titre, il est indispensable pour tous, mais plus particulièrement :

  • pour les enfants et adolescents qui constituent leur masse osseuse

La densité de leurs os ne cesse d’augmenter et ce jusqu’à 30 ans, il est donc primordial de s’assurer que leurs apports en calcium soient satisfaisants afin de réduire les risques éventuels de fractures et de fragilité osseuse après 50 ans.

  • pour les femmes enceintes et allaitantes qui ont des besoins accrus en calcium (+100 mg/jour)
  • pour les personnes de plus de 50 ans pour qui le calcium intervient dans la prévention de l’ostéoporose

Pour prévenir cette maladie, les apports recommandés en calcium doivent être impérativement couverts. Ceux des femmes de plus de 55 ans (et des hommes de plus de 65 ans) sont majorés à 1200 mg/jour 4 (vs 900 mg/jour pour les adultes).

Une eau est dite calcique lorsqu’elle contient au moins 150 mg de calcium par litre. Les eaux minérales naturelles riches en calcium peuvent être recommandées aux adolescents en période de croissance et à tous ceux qui ont des besoins accrus, aux personnes dont l’alimentation n’est pas suffisamment équilibrée, les exposant ainsi à des déficiences nutritionnelles, et aux sujets souffrant d’une intolérance au lactose.

Si les produits laitiers sont la principale source de calcium, les eaux minérales naturelles calciques constituent une source simple et quotidienne à conseiller à vos patients pour compléter leurs apports. Les eaux minérales calciques viennent en complément d’une alimentation équilibrée sans risque de surdosage chez l’individu sain car le corps puise ce dont il a besoin et élimine le surplus.

Le magnésium

Le magnésium intervient dans de nombreuses réactions de l’organisme et contribue notamment au fonctionnement normal du système nerveux, du métabolisme énergétique et de la fonction musculaire. Il participe également au maintien d’une ossature et d’une dentition normales.

Une eau est dite magnésienne lorsqu’elle contient plus de 50 mg de magnésium par litre. La consommation d’une eau minérale naturelle riche en magnésium est conseillée aux personnes qui ont des besoins accrus (femmes enceintes, allaitantes…), ou qui ont une alimentation mal équilibrée pouvant les exposer à des déficiences nutritionnelles. Les eaux minérales magnésiennes constituent une source simple à conseiller à vos patients pour compléter leurs apports alimentaires en magnésium. Les eaux minérales magnésiennes peuvent être bues tous les jours sans risque de surdosage chez l’individu sain car le corps puise ce dont il a besoin et élimine le surplus.

Eau et transit

La constipation concerne près de 20 % de la population générale en France 5,6 .Certaines populations y sont cependant plus sensibles :

  • les femmes sont 2 à 3 fois plus touchées que les hommes 7
  • les séniors ont plus de risque de développer une constipation que les adultes plus jeunes 7

Votre rôle de praticien et votre qualité d’interlocuteur privilégié auprès de vos patients sont primordiaux pour diagnostiquer une constipation, en identifier la cause, en apprécier le retentissement sur la qualité de vie et pour y apporter une solution naturelle et/ou thérapeutique.

En cas de constipation occasionnelle, vous pouvez recommander à vos patients des mesures hygiéno-diététiques simples comprenant :

  • une augmentation des apports en fibres (fruits, légumes et céréales complètes)

De manière générale, les fibres augmentent la fréquence des selles et améliorent leur consistance

  • une activité physique régulière

Quelques mouvements simples comme marcher, monter des escaliers, faire du vélo, permettent d’activer les abdominaux

  • une hydratation optimale : incitez votre patient à boire, idéalement, 1,5 litre d’eau par jour

Si la majorité de l’eau consommée est absorbée et utilisée dans l’organisme, une partie arrive jusqu’au colon où elle permet d’hydrater les selles, permettant aussi le bon fonctionnement du transit. En cas de constipation, il est donc essentiel que les besoins en eau de vos patients soient couverts.

 

Quelle eau conseiller pour quel patient ?

Pour les nourrissons

Le système rénal des nourrissons étant encore immature (jusqu’à l’âge de 2-3 ans), il faut privilégier des eaux faiblement minéralisées (moins de 500 mg/L) et pauvres en nitrates (< 10 mg/L) ou des eaux de source dont l’étiquette mentionne « convient pour la préparation des aliments des nourrissons ».

Par ailleurs, si le nourrisson reçoit une supplémentation en fluor, il ne doit pas consommer d’eau contenant plus de 0,3 mg/L de fluor. En l’absence de supplémentation en fluor, il est conseillé de donner aux nourrissons une eau contenant au maximum 0,5 mg/L de fluor.

Pour les enfants

L’eau nature doit être privilégiée, pendant et en dehors des repas, tout au long de la journée. Des eaux de source au goût léger ou des eaux minérales naturelles sources de calcium sont adaptées aux jeunes enfants.

Les eaux dont la teneur en fluor est supérieure à 1,5 mg/L ne conviennent pas aux enfants de moins de 7 ans. Elles doivent porter la mention « contient plus de 1,5 mg/L de fluor : ne convient pas aux nourrissons et aux enfants de moins de 7 ans pour une consommation régulière ».

Pour les adolescents

Il est important d’encourager l’habitude de boire de l’eau nature chez les adolescents, souvent adeptes de boissons sucrées 8.

En pleine croissance, leurs besoins en calcium sont très élevés (les apports recommandés sont de 1 200 mg/jour vs 900 mg/jour pour les adultes4) et leur consommation de produits laitiers parfois insuffisante. 9 Des eaux minérales naturelles sources de calcium ou riches en calcium peuvent être recommandées pour compléter l’apport alimentaire de calcium.

Pour certains adolescents dont l’alimentation mal équilibrée ou restreinte peut les exposer à des déficiences en certains minéraux, des eaux minérales naturelles riches en calcium et magnésium peuvent également être conseillées.

Pour les femmes enceintes ou allaitantes

Les besoins en eau augmentent pendant la grossesse et l’allaitement, ainsi que les besoins nutritionnels en calcium et magnésium :

  • + 100 mg/jour pour le calcium
  • +30 à 40 mg/jour pour le magnésium

Pour cette raison, la consommation d’une eau riche en calcium et en magnésium peut être recommandée.

Pour les personnes suivant un régime hypocalorique ou dont l’alimentation est insuffisamment équilibrée

Chez les personnes qui restreignent leurs apports alimentaires ou celles dont l’alimentation est mal équilibrée, le risque de déficiences en minéraux (calcium et magnésium notamment) est accru. Les eaux de sources ou riches en calcium et/ou magnésium sont alors recommandées pour contribuer à couvrir leurs besoins, sans apport calorique supplémentaire.

Pour les femmes au moment de la ménopause

Au moment de la ménopause, la production d’estrogènes cesse progressivement. Ce bouleversement hormonal naturel entraîne une diminution de la densité minérale osseuse. Les besoins en calcium sont alors plus élevés et atteignent 1 200 mg/jour. C’est pendant cette période que l’os se fragilise, favorisant l’ostéoporose. Il est alors conseillé de boire une eau riche en calcium.

Pour les personnes âgées

La sensation de soif étant diminuée, il est important de sensibiliser les personnes âgées et leur entourage à la nécessité de boire de l’eau tout au long de la journée, même sans soif.

Les besoins en calcium et magnésium étant également accrus, notamment chez les femmes, des eaux calciques et magnésiennes peuvent être recommandées.

Pour les personnes suivant un régime hyposodique

Chez certaines personnes souffrant de troubles cardiovasculaires notamment, l’apport en sodium doit être limité. Dans ce cas, il est recommandé de choisir une eau minérale naturelle contenant moins de 20 mg de sodium par litre. Ces eaux peuvent d’ailleurs porter la mention « convient pour un régime pauvre en sodium ».

 

Pour en savoir plus

 

Sources 

  1. Anses. Alimentation humaine. Eaux embouteillées. Disponible sur le site : http://www.anses.fr/PN2101.htm
  2. Anses. Alimentation humaine. Eau du robinet. Disponible sur le site : http://www.anses.fr/PN7401.htm
  3. Anses. Alimentation humaine. Quelques minéraux et leurs fonctions. Disponible sur le site http://www.anses.fr/PNEB01.htm
  4. Martin A. ANC pour la population française. 3ème édition. Tec & Doc. 2001.
  5. Suares NC et al. Prevalence of, and risk factors of, chronic idiopathic constipation in the community: systematic review and meta-analysis. Am J Gastroenterol 2011;106(9):1582-91.
  6. Peppas G et al. Epidemiology of constipation in Europe and Oceania: a systematic review. BMC Gastroenterology 2008;8:5.
  7. Wald A et al. A multinational survey of prevalence and patterns of laxative use among adults with self-defined constipation. Aliment Pharmacol Ther 2008;28:917-30.
  8. Inpes. Baromètre Santé Nutrition 2008.
  9. Etude INCA 2. 2006-2007.

 

Date de publication: 10/12/2012