Nutrition & pathologies

Un aperçu sur le diabète

Par Nestlé Nutri Pro ®

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Le diabète est une affection métabolique caractérisée par une hyperglycémie chronique liée à une déficience soit de la sécrétion de l’insuline, soit de l’action de l’insuline, soit les deux.1 L’augmentation de sa prévalence et de son incidence en fait l’une des épidémies les plus préoccupantes du XXIème siècle. 2

Les différents types de diabète

D’une manière générale, le diabète se définit par une hyperglycémie permanente. En fonction du mécanisme à l’origine de la maladie, on distingue essentiellement deux types de diabète. 2

 

Le diabète de type I : insulinodépendant

Le diabète de type I est causé par la destruction des cellules bêta du pancréas, entrainant, pour la personne atteinte, une incapacité à sécréter l’insuline. C’est une maladie auto-immune apparaissant brutalement et bruyamment, le plus souvent chez l’enfant, l’adolescent et le jeune adulte avant l’âge de 30 ans. 1,2

La polyurie et la polydipsie sont les deux symptômes caractéristiques du diabète de type I. En effet, en cas de carence en insuline, le glucose ne peut plus être stocké par les tissus, ni dans le foie. Son taux sanguin augmente entrainant une hyperglycémie. Le glucose s’élimine alors par les urines, conduisant à une polyurie, compensée par une polydipsie. 2

 

Le diabète de type II : non insulinodépendant

Le diabète de type II est caractérisé par une résistance à l’action de l’insuline et une carence relative de sécrétion d’insuline, l’une ou l’autre de ces deux caractéristiques pouvant dominer à un degré variable. Cette forme de diabète survient essentiellement chez les adultes mais peut apparaître également dès l’adolescence et son installation est progressive et insidieuse.1,2

L’augmentation de la glycémie dans le cadre du diabète de type II est expliquée par l’altération de l’utilisation du glucose par les tissus périphériques. Mais l’hyperglycémie est ici moins considérable qu’en cas de diabète de type I, c’est pourquoi la maladie reste souvent longtemps silencieuse. 2

 

Des complications graves 2

L’hyperglycémie chronique qui caractérise le diabète est également responsable de redoutables complications macro et microangiopathiques. Elle altère les micro-capillaires de la rétine, du rein et des fibres nerveuses et contribue à l’athérome qui obstrue les artères de gros calibre.

  • Rétinopathie diabétique

- complication oculaire la mieux connue et la plus grave

- une des premières causes de malvoyance

  • Néphropathie diabétique

- une des premières causes d’insuffisance rénale pouvant conduire à la dialyse

  • Neuropathie périphérique diabétique

- touche avec prédilection les membres inférieurs

- la perte de la perception douloureuse est particulièrement dangereuse car en l’absence de la douleur alerte, le risque de développer des plaies du pied est important

  • Complications macro-angiopathiques

- risque augmenté en présence d’autres facteurs de risque cardiovasculaire (tabac, HTA, dyslipidémies, sédentarité...)

- risque d’angor et d’infarctus

Le cumul de ces complications peut aboutir à de réelles catastrophes, par exemple chaque année on réalise encore en France des amputations de membres inférieurs chez des patients diabétiques.

 

Épidémiologie : une prévalence toujours en progression

Le diabète, un problème majeur de santé publique 1

La prévalence du diabète traité pharmacologiquement a été estimée en 2009 à 4,4 % de la population résidant en France, soit environ 2,9 millions de personnes diabétiques, contre 1,6 million en 2000 (2,6 %).

Le diabète de type 2 est la forme la plus fréquente : 2,7 millions de personnes diabétiques de type 2 (91,9 %) contre 160 000 personnes diabétiques de type I (5,6 % ; les 2,5 % restant correspondent aux autres types ou cas non typés de diabète).

La prévalence du diabète est influencée par différents facteurs. Elle est plus élevée :

  • chez les hommes que chez les femmes
  • en cas de surpoids ou d’obésité
  • lorsque le niveau socio-économique est moins favorisé
  • chez les femmes d’origine maghrébine
  • dans les DOM, et les régions Nord et Nord-Est de la métropole

De plus, la prévalence du diabète traité pharmacologiquement augmente fortement avec l’âge.

Le diabète constitue donc un problème majeur de santé publique, dont la prévalence va probablement continuer de progresser en raison du vieillissement de la population générale, de l’allongement probable de l’espérance de vie des diabétiques et de l’augmentation de la fréquence de l’obésité.

 

Complications et mortalité liées au diabète

Selon l’étude Entred, menée en France en 2007, la fréquence des complications liées au diabète serait de 3 :

  • 16,7 % pour l’angor ou infarctus du myocarde
  • 13,9 % pour la revascularisation coronarienne
  • 6,3 % pour l’insuffisance cardiaque
  • 5 % pour les accidents vasculaires cérébraux
  • 3,9 % pour la perte de la vue d’un œil
  • 16,6 % pour le traitement ophtalmique par laser
  • 9,9 % pour le mal perforant plantaire
  • 1,5 % pour l’amputation
  • 0,3 % pour la dialyse ou greffe

Malgré une amélioration globale du contrôle des facteurs de risque vasculaire, il n’a pas été observé de diminution de la prévalence des complications micro- ou macrovasculaires du diabète par rapport à 2001 (+5 points pour les revascularisations coronariennes, +3 points pour le traitement ophtalmologique par laser, +4 points pour le mal perforant plantaire). Cette légère augmentation peut être liée à un dépistage plus important des complications. 3

Le diabète étant rarement la cause directe du décès, mais davantage une cause indirecte via une de ses complications, la mortalité est dite liée au diabète quand le médecin certificateur a reporté le diabète comme étant soit la cause initiale du décès soit une des causes associées au décès. En 2006, parmi tous les certificats de décès des personnes résidant en France, le diabète était mentionné dans 2,2 % des certificats de décès comme cause initiale et dans 6,1 % des certificats parmi les différentes maladies ayant contribué au décès. Le taux standardisé de mortalité liée au diabète était plus élevé chez les hommes que chez les femmes et l’âge moyen au décès, lorsque celui-ci était lié au diabète, était de 78 ans. 1

 

 

Diagnostic du diabète et bilan initial

Le dépistage du diabète est réalisé à jeun par une prise de sang qui permet de mesurer la glycémie. Une glycémie à jeun faisant suspecter un diabète se situe à partir de 7 mmol/l (1,26 g/l). En cas de valeur anormale, une confirmation est nécessaire.

 

Bilan initial du diabète de type 1 4,5

L’objectif du bilan initial est, pour le patient et son entourage, d’acquérir les connaissances de base  au moment du diagnostic, et pour le professionnel de santé, de rechercher les facteurs de risque, d’éventuelles atteintes d’organes cibles et de maladies associées.

  • Acquisition des connaissances de base

- comment le diagnostic a été fait, les causes des symptômes

- explication simple des causes probables du diabète, ne pas avancer de cause discutable

- pourquoi l’insuline est tout de suite indispensable, comment elle agit

- ce qu’est le glucose, la glycémie normale et les objectifs glycémiques

- aspects pratiques : injections d’insuline, examens de sang ou d’urine et motifs de la surveillance

- recommandations diététiques de base

- explication simple de l’hypoglycémie, glucose/saccharose toujours disponibles

- en cas de maladie, ne jamais arrêter l’insuline

- le diabète à la maison, à l’école, au travail, en vacances, au cours de l’exercice physique

- adhésion à une association ou à d’autres groupes de soutien

- adaptation psychologique au diagnostic

- toutes les coordonnées téléphoniques en cas d’urgence

  • Recherche des facteurs de risque

- chez l’enfant et l’adolescent

> HTA

> dyslipidémie

> surpoids ou obésité

> sédentarité

> retard de croissance, retard de développement pubertaire

> tabagisme, consommation d’alcool ou de drogues chez l’adolescent

> aspects psychosociaux

- chez l’adulte

> facteurs de risque cardiovasculaire : âge > 50 ans chez l’homme et 60 ans chez la femme ; antécédents familiaux d’accident cardiovasculaire précoce ou d’AVC constitué précoce, tabagisme, HTA permanente traitée ou non ; HDL cholestérol ≤ 0,4 g/l quel que soit le sexe ; LDL cholestérol > 1,6 g/l ; microalbuminurie > 30 mg/24 heures

> autres facteurs à prendre en compte : surpoids ou obésité, sédentarité, consommation excessive d’alcool, aspects psychosociaux

  • Recherche d’atteinte d’organes cibles

- chez l’enfant et l’adolescent : les complications du diabète sont rares, s’assurer de l’absence d’anomalies au niveau oculaire, rénal, neurologique, cardiovasculaire

- chez l’adulte : la recherche d’éventuelles complications, symptomatiques ou non, oculaires, rénales, neurologiques, cardio-vasculaires et la recherche de lésions du pied doivent être effectuées de manière systématique au travers de l’interrogatoire, de l’examen clinique et d’actes et examens spécifiques

  • Recherche de maladies associées

- mesure de la fonction thyroïdienne (dosage de la TSH) et recherche d’anticorps antithyroïdiens

- recherche de signes cliniques en faveur de la maladie cœliaque et la recherche d’anticorps spécifiques

 

Bilan initial du diabète de type II 6

Les objectifs principaux lors du bilan initial du diabète de type II sont d’identifier les facteurs de risque associés et de rechercher une atteinte des organes cibles.

  • Recherche de facteurs de risques cardiovasculaires

- âge > 50 ans chez l’homme, > 60 ans chez la femme

- antécédents familiaux d’accident cardio-vasculaire précoce

> infarctus du myocarde ou mort subite avant 55 ans chez le père ou chez un parent du 1er degré de sexe masculin

> infarctus du myocarde ou mort subite avant 65 ans chez la mère ou chez un parent du 1er degré de sexe féminin

- antécédents familiaux d’AVC constitué précoce (< 45 ans)

- tabagisme (actuel, ou arrêté depuis moins de 3 ans)

- HTA permanente, traitée ou non

- HDL-cholestérol ≤ 0,4 g/l quel que soit le sexe

- LDL-cholestérol > 1,60 g/l (4,1 mmol/l)

- microalbuminurie > 30 mg/24 heures

  • Recherches d’autres facteurs à prendre en compte

- obésité abdominale (périmètre abdominal > 102 cm chez l’homme et 88 cm chez la femme) ou obésité (IMC ≥ 30 kg/m²)

- sédentarité : absence d’activité physique régulière, soit environ 30 minutes, 3 fois par semaine

- consommation excessive d’alcool : plus de 3 verres de vin/jour chez l’homme et 2 verres/jour chez la femme

- aspects psychosociaux : activité professionnelle, problèmes psychologiques, psychosociaux, troubles de l’alimentation, dynamique familiale, facilité d’adaptation, éducation, emploi

 

Pour en savoir plus

 

Sources 

  1. InVS. Fagot-Campagna A et al. Prévalence et incidence du diabète, et mortalité liée au diabète en France. Maladies chroniques et traumatismes. Novembre 2010.
  2. Frère M. Diabètes, physiopathologie et conséquences. Kinesither Rev 2011;118 :24-28.
  3. InVS. Numéro thématique – Les enquêtes Entred : des outils épidémiologiques et d’évaluation pour mieux comprendre et maîtriser le diabète. BEH 2009 n°42-43.
  4. HAS. Guide ALD. Diabète de type 1 de l’enfant et de l’adolescent. Juillet 2007.
  5. HAS. Guide ALD. Diabète de type 1 de l’adulte. Juillet 2007.
  6. HAS. Guide ALD. Diabète de type 2. Juillet 2007.

 

Date de publication: 10/12/2012