Nutrition & pathologies

L’enquête IDEFICS montre qu’une exposition télévisuelle élevée augmente le risque de surpoids chez les enfants européens.


 

Une enquête menée sur les enfants de 8 pays européens a permis d’identifier une relation significative entre différents indicateurs d’exposition télévisuelle et l’augmentation du risque d’obésité. De plus, ces indicateurs sont également associés à une propension plus élevée à consommer des aliments à forte teneur en sucre et en graisses.

 

L’exposition précoce à la télévision est identifiée comme ayant des conséquences négatives pour la santé, dont l’augmentation du poids (Marshall SJ et al.*). Cette association semble être en relation avec les régimes alimentaires, les préférences gustatives, la catégorie socioprofessionnelle et les autres aspects du style de vie. L’analyse des résultats de l’enquête européenne IDEFICS a permis de mieux comprendre le phénomène.

 

L’étude IDEFICS (IDentification and prevention of dietary and lifestyle induced health EFfects In Children and infantS) a été menée auprès de 15 144 enfants âgés de 2 à 9 ans en Italie, Chypre, Belgique, Suède, Allemagne, Hongrie et Espagne entre septembre 2007 et juin 2008. L’étude comportait un questionnaire détaillé ainsi qu’un examen physique pour déterminer l’état nutritionnel des enfants. L’exposition télévisuelle a été évaluée à l’aide de 3 indicateurs : temps passé devant la télévision (plus ou moins d’une heure par jour), prise des repas devant la télévision et présence de télévision ou de lecteur DVD/vidéo dans la chambre de l’enfant. Ces indicateurs ont permis d’analyser la relation entre exposition télévisuelle et statut pondéral de l’enfant, consommation d’aliments riches en sucres ou en graisses et préférences alimentaires.

 

L’étude montre que manger devant la télévision est significativement associé à une augmentation du risque de surpoids (OR = 1,28 ; IC95% [1,13 - 1,42]). Le fait de posséder une télévision dans la chambre et de regarder la télévision plus de 60 min par jour montrent des résultats similaires (OR = 1,39 ; IC95% [1,17 - 1,44] ; OR = 1,21 ; IC95% [1,10 - 1,33], respectivement).

 

De plus, quels que soient le niveau d’éducation, le sexe, l’âge ou le pays, une relation a été mise en évidence entre ces indicateurs d’exposition télévisuelle et une augmentation de la consommation d’aliments gras et sucrés (définis d’après la liste d’aliments du questionnaire CEHQ-FFQ**).  Cette dernière relation n’est vraisemblablement pas la conséquence des préférences gustatives des enfants, les résultats ci-dessus étant comparables quelles que soient ces préférences.

 

Ce qu’il faut retenir

Cette étude a permis de confirmer que la télévision pouvait jouer un rôle négatif concernant la problématique de surpoids et d’obésité chez les enfants. En effet, les trois indicateurs d’exposition télévisuelle étudiés ici ont été associés à une prévalence du surpoids et à une consommation d’aliments gras et sucrés plus élevées. Il a également été montré que cette relation entre comportements alimentaires et exposition télévisuelle n’était pas la conséquence des préférences gustatives des enfants. Cette étude montre donc l’importance de prendre en compte de nombreux facteurs socio-environnementaux pour lutter contre le surpoids et l’obésité chez l’enfant.  

 

*Marshall SJ, Biddle SJH, et al. Relationships between media use, body fatness and physical activity in children and youth: a metaanalysis. Int J Obes. 2004;28:1238–46.

** Lanfer A, Hebestreit A, Ahrens W, et al. Reproducibility of food consumption frequencies derived from the Children’s Eating Habits Questionnaire used in the IDEFICS study. Int J Obes. 2011;35:S61–8

Lissner L. et al. Television habits in relation to overweight, diet and taste preferences in European children: the IDEFICS study. Eur J Epidemiol 2012;27:705–715.

 

Date de publication: 14/02/2013