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Données d’un dispositif en test chez les enseignants de l’Académie de Créteil pour faire bouger les enfants.   

Face au respect limité des recommandations en matière d’activité physique et de sédentarité chez les enfants, le dispositif des 30 minutes d’activité physique quotidienne à l’école primaire a été développé (programme Génération 2024 et Stratégie Nationale Sport Santé 2019-2024). Ce dispositif a fait l’objet d’une évaluation commanditée par Paris 2024 - Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et réalisée par l’Onaps (Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité. Il s’agissait : (1) d’évaluer les effets perçus par les enseignants du dispositif sur eux-mêmes et sur leurs élèves ; (2) de tirer des enseignements sur les conditions de réussite de sa mise en œuvre au sein du territoire de l’académie de Créteil ; (3) d’émettre des recommandations adaptées aux réalités de terrain.

Pour cela une enquête quantitative (questionnaire) auprès de 25 924 enseignants d’écoles maternelles et élémentaires de l’académie de Créteil (1161 répondants, soit 4 % de retour) a été associée à une enquête qualitative de 20 entretiens semi-directifs auprès d’enseignants d’écoles élémentaires de l’académie.

Un dispositif mis en jeu par plus de la moitié

Le dispositif est déployé par 56 % des répondants et par 16 enseignants sur 20 reçus en entretiens. Il l’est à 67 % à l’initiative d’un enseignant seul, à 34 % de plusieurs enseignants et à 15 % de la direction. De plus, 36 % des enseignants auraient été formés à sa mise en place. En moyenne, les enseignants qui mettent en place le dispositif proposent les activités physiques quotidiennes pendant 26 minutes. En réalité, 56 % des enseignants le proposent tous les jours, 41 %, 2 ou 3 jours par semaine (les jours sans EPS).

Hors récré, en extérieur et sous forme de jeux

Les temps hors récréations sont choisis par la majorité (81 % des enseignants), suivis des temps de récréation (39 %). Les activités se déroulent à l’extérieur dans l’enceinte de l’école (89 %), dans l’école hors de la classe (43 %) et dans la classe (32 %). Il s’agit le plus souvent de jeux actifs (78 %), de leçons actives (44 %) et de pauses actives (43 %).

Un ressenti positif

Les enseignants perçoivent des effets prometteurs sur leurs élèves et sur eux-mêmes comme l’amélioration du bien-être des élèves (63 % tout à fait d’accord, 31 % plutôt d’accord), la réduction de la sédentarité (58 % tout à fait d’accord, 33 % plutôt d’accord), la coopération des élèves (37 % tout à fait d’accord, 49 % plutôt d’accord) mais aussi l’engagement des élèves dans une pratique extérieure à l’école (37 % tout à fait d’accord, 45 % plutôt d’accord). Les enseignants de maternelle sont plus nombreux à percevoir des effets positifs sur le bien-être de leurs élèves que les enseignants en élémentaire. Autre constat, ceux mettant en place des leçons actives ont davantage tendance à percevoir des effets sur le climat de classe.

Chez les enseignants eux-mêmes, les effets perçus sont plus mesurés sur l’enrichissement de leurs pratiques pédagogiques (23 % tout à fait d’accord, 46 % plutôt d’accord), l’amélioration de leur bien-être (20 % tout à fait d’accord, 42 % plutôt d’accord) et l’amélioration de la confiance en soi dans l’enseignement de l’EPS (16 % tout à fait d’accord, 38 % plutôt d’accord).

Encore des freins à la mise en place

Les entretiens ont permis d’identifier les freins implicites à sa mise en place comme la croyance que le dispositif doit se faire dans un endroit dédié, en dehors de l’école. L’enseignant peut également avoir la représentation erronée que le dispositif est associé au sport et non à l’activité physique en général. Pensant qu’il doit mettre en place une activité sportive, il se limite indirectement dans les formes qu’il peut proposer à ses élèves et ne se sent pas toujours à l’aise dans ses propositions. Enfin, trois freins sont les plus évoqués par ceux qui le mettent en place et ceux qui ne le mettent pas en place : le manque de temps (respectivement 63 % et 80 %), le manque de moyens (respectivement 48 % et 44 %) et le manque de formation (respectivement 27 % et 16 %).

Des recommandations pour favoriser son adoption 

L’analyse des données obtenues conduit à plusieurs recommandations visant à faciliter l’implémentation du dispositif dans les écoles :

  • une clarification du dispositif : lieu, moment, exemples concrets ;
  • sa promotion à tous les niveaux hiérarchiques de l’éducation nationale notamment sur les enjeux, l’intégration dans le parcours éducatif, les objectifs du dispositif et le rôle de chacun ;
  • une communication auprès des parents et des enfants pour faciliter sa compréhension ;
  • l’accompagnement des équipes - formation des enseignants, des directeurs d’établissements et des conseillers pédagogiques - et la mise à disposition de ressources clés en main (fiches d’activités, agenda d’activité par jour, kits de matériels, plateformes participatives…).
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Couple sportive

Activité physique : en faire un élément majeur du parcours de soin

30 minutes d’activité physique quotidienne (apq) à l’école primaire—Évaluation du dispositif sur le territoire de l’académie de Créteil. ONAPS https://onaps.fr/wp-content/uploads/2023/12/rapport_final_30mn_apq_compr…
C. Costa « © Société Française de Nutrition. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés »

Date de publication : 28/03/2024

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