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Comment détecter précocement les personnes les plus susceptibles d’être inactives à un âge avancé ? Une étude récente fournit les éléments prédicteurs.

Des chercheurs ont suivi une cohorte de sujets de 60 à 83 ans pendant 20 ans pour identifier les facteurs influençant l’activité physique et la sédentarité au cours du vieillissement.

 

Des recommandations peu suivies

Les recommandations d’activité physique pour les personnes de 65 ans et plus en bonne santé, sont identiques à celles préconisées pour l’adulte en bonne santé : réaliser des activités d’intensité modérée de type aérobie (en endurance) sur un minimum de 30 min par jour, 5 jours par semaine ou d’intensité plus élevée 20 min par jour, 3 jours par semaine ou un combiné des deux. Toutefois, les seniors sont peu nombreux à suivre ces recommandations. Les messages de santé publique sont-ils bien adaptés à cette catégorie de la population ? Prennent-ils en compte les facteurs individuels, personnels et environnementaux ? Quels sont les freins à la pratique d’activité physique chez ces sujets ?

Pour répondre à ces questions, des chercheuses et chercheurs de l’Inserm et de l’université Paris Cité ont exploité les données de la cohorte Whitehall II, qui suit depuis 1985 plus de 10 000 britanniques recrutés à l’âge de 35 à 55 ans. Ils ont en particulier analysé les données de 3896 participants de 60 à 83 ans portant un accéléromètre en continu durant 9 jours (en 2012—2013). D’autres données — sociodémographiques, comportementales, de santé, alimentaires et d’activité physique—collectées entre 1991—1993 et 2012—2013 étaient aussi disponibles pour les analyses.

 

Cibler les sujets les plus à risque

Les auteurs ont considéré 3 types d’intensité d’activité physique : la sédentarité (assis ou allongé), l’intensité légère (marche lente, par exemple) et l’intensité modérée à forte (natation, vélo. . .).

Résultats, les hommes passent plus de temps en activité sédentaire et en activité modérée à forte que les femmes qui, elles passent plus de temps que les hommes en activité légère. Par rapport aux personnes vivant en couple, les personnes vivant seules passent en moyenne 11 min de plus en activités sédentaires, principalement aux dépends du temps d’activité légère. Chez les hommes une augmentation de l’âge de 5 ans se traduit par une augmentation de 15 min par jour du temps sédentaire, mais cette fois-ci aux dépends du temps d’activité modérée à forte.

Le tabagisme impacte le temps passé à être actif physiquement. Les fumeurs masculins passent 37,4 min sédentaires de plus par jour, au détriment de 23,3 min d’activité légère et de 14,1 min d’activité modérée à élevée (soit les 2/3 du temps recommandé pour cette dernière). Chez les femmes fumeuses, l’augmentation du temps sédentaire se fait plutôt aux dépends de l’activité modérée à élevée.

Un mauvais état de santé général et la présence d’une maladie chronique sont associés à une augmentation significative du temps sédentaire. Les sujets obèses sont par exemple plus sédentaires que ceux d’IMC normal de 50 min par jour et pratiquent 28 min de moins d’activité d’intensité légère et 22 min de moins d’activité modérée à élevée (ce qui est normalement recommandé).

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Des freins à prendre en compte

Parmi les freins à l’activité physique, plusieurs sont présents dès 50 ans comme le fait de vivre seul, d’être en surpoids ou en obésité, d’avoir une maladie chronique, un affaiblissement physique ou une mauvaise hygiène de vie. Les plus sédentaires ont tendance à fumer et à moins consommer de fruits et légumes.

La détection précoce des personnes susceptibles d’être inactives à un âge avancé pourrait donc être utile pour prévenir les conséquences défavorables du manque d’activité physique sur l’apparition de maladies chroniques et les limitations fonctionnelles à un âge avancé. Les résultats de cette étude suggèrent aussi que la prévalence du surpoids, de l’obésité et des maladies chroniques, ainsi qu’une mauvaise santé mentale et physique, pourraient servir de critères de sélection des individus à inclure dans des interventions adaptées.

 

Source: Chen M, Yerramalla MS, van Hees VT, et al. Individual Barriers to an Active Lifestyle at Older Ages Among Whitehall II Study Participants After 20 Years of Follow-up. JAMA Netw Open. 2022;5(4):e226379.

C. Costa

© Société Française de Nutrition. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

Date de publication : 05/09/2022

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