Nutrition générale

Prévention de la lithiase rénale : le rôle de l'eau


Eau, lithiase rennale

Le rein est au cœur du maintien de l’homéostasie corporelle. Cet organe intervient notamment dans la régulation des bilans hydrique et calcique en jouant sur les activités de concentration et de dilution urinaires.

 

La survenue de la lithiase rénale, de type oxalocalcique, dépend étroitement des concentrations urinaires en ions calcium et oxalate. Sa prise en charge repose donc en partie sur des mesures diététiques comme, par exemple, une diurèse d’au moins 2 litres par jour, des apports de 800 mg à 1000 mg de calcium / j et une limitation des prises excessives d’aliments riches en oxalate. L’intérêt des eaux minérales naturelles (EMN) calciques a été étudié dans ce contexte de prise en charge diététique.

Le rôle principal des reins est de maintenir l’homéostasie du milieu intérieur et, pour cela, d’assurer un bilan nul entre les entrées et les sorties. Les reins veillent ainsi à équilibrer, de manière fine et dynamique, les entrées en eau et en calcium, essentiellement alimentaires, aux sorties.

La lithiase rénale est une pathologie fréquente et récidivante, caractérisée par la formation anormale de calculs dans les voies urinaires. Il existe plusieurs typologies de lithiase rénale, la plus fréquente étant la lithiase oxalocalcique (70% des calculs rénaux).

La formation de ces calculs oxalocalciques repose sur une sursaturation des urines en oxalate de calcium. Plusieurs facteurs de risque sont clairement identifiés :

  • une hypercalciurie ou excrétion anormalement élevée de calcium. Elle peut être causée par une maladie identifiable (sarcoïdose, hyperparathyroïdie primitive…) et semble aussi être favorisée par des apports sodés élevés ou par les apports en protéines animales.
  • une hyperoxalurie ou excrétion importante d’acide oxalique (oxalate) au niveau rénal. En dehors de situations particulières (hyperoxalurie primitive), l’alimentation est la principale source d’acide oxalique (cacao, thé, épinards, rhubarbe…).
  • des apports hydriques insuffisants.

 

Longtemps prescrite en cas de lithiase rénale, la restriction calcique a clairement été démontrée comme aggravant le risque de récidive. En effet, des apports insuffisants en calcium alimentaire majorent l’oxalurie en entrainant une baisse de la complexion des oxalates par le calcium dans l’intestin et en favorisant leur absorption dans le côlon et donc leur passage dans les voies urinaires.

La prise en charge diététique de la lithiase rénale repose sur :

  • une diurèse ≥ 2 l / j, en répartissant les prises sur 24h
  • des apports calciques compris entre 800 et 1000 mg / j
  • une consommation de sel et de protéines animales réduite (respectivement 6 à 7g/j et pas plus de 150 à 180g de viande/poisson ou 2 œufs par jour)
  • une réduction des prises excessives d’aliments riches en oxalates (cacao, thé, épinards, brocoli, rhubarbe…)
  • une baisse de la consommation de sucres simples

En parallèle, plusieurs études montrent que les EMN* calciques aident à réduire significativement l’excrétion d’oxalate dans l’urine, notamment en abaissant la concentration urinaire d’oxalate et donc en évitant une sursaturation des urines en oxalate de calcium.

 

CE QU’IL FAUT RETENIR

La prise en charge de la lithiase rénale repose notamment sur des apports hydriques et calciques suffisants. Dans ce contexte, les EMN* calciques peuvent avoir un vrai rôle à jouer en fonction des habitudes alimentaires des patients.

 

Houillier P. Diététique et lithiase rénale : le rôle de l’eau. Cahiers de Nutrition et de Diététique 2015;50(HS1):S51-S60.

*EMN : eaux minérales naturelles

 

Date de plubication : 11/12/2017