Nutrition & pathologies

Une méta-analyse d’études génétiques met en évidence un possible lien entre obésité et déficit en vitamine D.


Une étude basée sur une approche génétique indique qu’un IMC élevé conduirait à une diminution de la concentration en vitamine D.

L’obésité, définie par un IMC > 30 kg/m2, est responsable de nombreuses pathologies et co-morbidités. Il a notamment été identifié que les personnes souffrant d’obésité présentaient un risque de déficit en vitamine D plus élevé que le reste de la population (Earthman CP et al. 2012*). Cependant, aucun élément ne permet à l’heure actuelle d’expliquer précisément le phénomène.

Les auteurs de l’article ont donc cherché à comprendre la relation entre IMC et déficit en vitamine D par une méthode de randomisation mendélienne permettant d’analyser une relation de causalité en observant les conséquences cliniques de variants génétiques définis. Les données de 42 024 adultes, hommes et femmes, issus de 21 études génétiques réalisées en Europe (Royaume-Uni, Finlande, Suède et Allemagne) et en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) ont ainsi été exploitées. 12 polymorphismes nucléotidiques simples (SNPs) associés à l’IMC et 4 SNPs associés à la vitamine D ont été sélectionnés pour établir des scores génétiques (un score IMC et deux scores vitamine D).

Cette méta-analyse a ainsi mis en évidence que les personnes présentant les prédispositions génétiques à l’obésité étudiées présentaient de plus faibles taux de vitamine D. Chaque augmentation de l’IMC de 10 % entraine une diminution moyenne de 4,2 % du taux de vitamine D (p = 0,005). En revanche, les variations génétiques liées à de faibles taux de vitamine D ne sont pas associées à un risque accru d’obésité (p ≥ 0,08).

Ces résultats obtenus par la corrélation entre scores génétiques et observations cliniques ont ensuite été confirmés par l’analyse des données issues du consortium GIANT incluant 123 865 adultes d’origine européenne dans 46 études : les deux scores de vitamine D n’ont pu prouver d’association avec l’IMC (p ≥ 0,57 pour les deux).

 

Ce qu’il faut retenir

Sur la base d’une approche génétique bi-directionnelle, cette étude  émet l’hypothèse qu’une augmentation de l’IMC pourrait être à l’origine d’un déficit en vitamine D.

 

* Earthman CP et al. The link between obesity and low circulating 25-hydroxyvitamin D concentrations: considerations and implications. Int J Obes 2012;36:387–396.

 Vimaleswaran KS et al. Causal relationship between obesity and vitamin D status: bi-directional mendelian randomization analysis of multiple cohorts. PLoS Med 2013;10(2) .

 

Date de publication : 06/03/13