Nutrition & pathologies

Les Français sont-ils en bonne santé ?


Santé DREES

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié le rapport sur l’état de la santé des Français en 2017. Si les Français vont bien, il reste des points à améliorer.

 

Les Français sont globalement en bonne santé par rapport aux pays de niveau de richesse similaire, d’après le dernier rapport de la DREES. Cependant, celui-ci rappelle que si l’état de santé en France continue de s’améliorer, c’est à un rythme moins soutenu qu’auparavant. Les Français bénéficient d’une espérance de vie élevée : 85 ans pour les femmes en 2015 (parmi les plus élevées d’Europe) et 78,9 ans pour les hommes (dans la moyenne européenne) mais l’augmentation de l’espérance de vie de 2005 à 2015 a été moins importante qu’au cours des dix années précédentes.

La mortalité a diminué (mortalité toutes causes, mortalité prématurée et mortalité liée aux maladies chroniques). Sur les 567 000 décès observés en France métropolitaine en 2013, les cancers et les maladies cardiovasculaires constituent les causes les plus fréquentes (respectivement 27,6 et 25,1 %), suivies par les maladies de l’appareil respiratoire (autres que les cancers) et les morts violentes. Ces quatre groupes rassemblent près de deux tiers des décès. Toutefois le rapport indique que le poids de la mortalité prématurée (avant 65 ans) reste important (près d’un décès sur cinq) et qu’elle est deux fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes. La mortalité évitable représente, en 2013, 30 % de la mortalité prématurée et est 3,3 fois plus élevée chez les hommes.

Le rapport souligne également que la morbidité par maladies chroniques progresse.  Ce phénomène peut être expliqué par le vieillissement de la population et l’accroissement de l’espérance de vie mais d’autres facteurs sont aussi à l’œuvre, positifs (meilleurs diagnostics, meilleures techniques d’imagerie) ou négatifs (surdiagnostic, sédentarité et inactivité physique, surpoids et obésité, tabagisme, inégalités sociales). Le rapport souligne ainsi l’évolution très défavorable du cancer du poumon chez la femme, l’augmentation de l’incidence des patients hospitalisés pour AVC ischémique avant 65 ans, l’augmentation des hospitalisations pour exacerbation de BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) ou encore l’accroissement de la prévalence du diabète traité pharmacologiquement. La DREES estime particulièrement préoccupante l’augmentation de la fréquence des maladies chroniques chez les Français de moins de 65 ans. 

Le rapport accorde une place importante aux déterminants de santé. Le rapprochement des comportements féminins et masculins vis-à-vis de la consommation d’alcool et de tabac a contribué à une diminution de la mortalité par cancer moins marquée chez les femmes que chez les hommes, au cours des années 2000, qui explique d’ailleurs en partie la réduction des écarts d’espérance de vie. Le taux de mortalité standardisé par cancer des hommes a baissé de 19 % et celui des femmes de 9 %. Entre 2002 et 2013, le taux de tumeurs malignes du larynx, trachée, bronches, poumons a augmenté de 39% chez les femmes.

Autres déterminants de santé : le surpoids et l’obésité. L’augmentation de leur prévalence est moins rapide que dans les années récentes : 52 % des hommes de plus de 15 ans se déclarent en surpoids ou obèse, contre 40 % des femmes. La prévalence de personnes atteintes d’obésité continue de progresser passant tant chez les hommes que chez les femmes de 10 % environ au début des années 2000 à 15 % environ en 2014. Les prévalences du surpoids et de l’obésité sont inégalement réparties sur le territoire national. Les données issues des DROM (Départements et Régions d’Outre Mer) montrent une différence marquée avec celles de la Métropole : le surpoids et l’obésité ont fortement progressé en Martinique et en Guadeloupe (33 % de femmes obèses en Martinique et 31 % en Guadeloupe). Cette différence Métropole/DROM se retrouve également au niveau des enfants : en 2014, 4,8 % des enfants de classes maternelles et 5,5 % des enfants de classes de CM2 dans les DROM souffraient d’obésité contre 3,5 % et 3,6 % respectivement en Métropole. Ces disparités territoriales de santé sont également en lien avec les inégalités sociales. Le rapport indique que la proportion d’enfants souffrant d’obésité s’élève à 5,8 % pour les ouvriers contre 1,3 % pour les cadres en grande section de maternelle et 5,5 % contre 1,4 % en CM2.

Certains facteurs essentiels qui permettraient de lutter activement contre le surpoids (consommation de fruits et légumes, activité physique) sont à la traîne : 60 % de la population n’atteint pas les objectifs de consommation de fruits et légumes et la moitié seulement déclare pratiquer une activité physique régulière.

 

Ce qu’il faut retenir

Les Français sont globalement en bonne santé par rapport aux pays de niveau de richesse similaire, et à plus forte raison en regard de la population mondiale. Toutefois de nombreux efforts restent à faire en matière d’éducation à la santé (activité physique, consommation de fruits et légumes…).

Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques. L’état de santé de la population en France - Édition 2017.

Date de publication 22/05/2018