Depuis six ans, l’Observatoire des habitudes alimentaires hors repas fournit un panorama des habitudes de consommation des Français en dehors des repas, autrement appelées « snacking ». Les résultats de la quatrième édition, menée en collaboration avec Sandrine Monnery-Patris et Pascale Hébel, intègrent le contexte inflationniste inédit et apporte un éclairage nouveau sur les pratiques de snacking des enfants en interrogeant leurs parents. L’enquête a été réalisée auprès de 1350 individus adultes représentatifs des Français dont 500 parents d’enfants entre 3 et 11 ans.
Une pratique généralisée et bien installée
En 2024, 89 % des adultes et 84 % des enfants ont des consommations alimentaires (mangées ou bues) en dehors des repas et qui ne sont pas considérées comme des repas. Cette pratique est relativement stable depuis 2020 (89 %) et est très liée au rythme de travail puisqu’il est noté jusqu’à 5 fois moins de consommation durant le week-end (en dehors de l’apéritif). Chez l’adulte, elles prennent place durant trois moments clés : durant la matinée (39 %), au goûter (48 %) et à l’apéritif (39 %). Les aliments les plus consommés sont : (1) Dans la matinée, les boissons chaudes (37 %), les viennoiseries (23 %), les biscuits sucrés (20 %) ou les fruits (18 %) ; (2) Au goûter, les biscuits sucrés (42 %), les boissons chaudes (24 %), les jus de fruits (20 %) ou les fruits (18 %) ; (3) À l’apéritif, les chips et biscuits salés (58 %), l’alcool (47 %), la charcuterie (29 %) et les graines (28 %).
Le plaisir sans culpabilité
Plus de 50 % des consommations se font assises et accompagnées. Les principales motivations des adultes à consommer en dehors des repas se sont renforcées depuis deux ans. Ce sont le plaisir dans plus de la moitié des cas (55 % contre 32 % en 2022), la faim (40 % contre 24 % en 2022) et la convivialité en famille ou entre amis (38 % contre 18 % en 2022).
Ces consommations se sont ritualisées : 58 % anticipent ces prises alimentaires (contre 69 % des sujets en télétravail) et le choix des aliments est fortement motivé par le goût et le prix. Ces consommations sont sources de satisfaction pour 93 % des adultes. Le sentiment de culpabilité pouvant y être associé reste faible (25 %), avec une part plus élevée chez les sujets en télétravail (33 %). Par ailleurs, 82 % affirment être capables de s’arrêter de manger lorsqu’ils n’ont plus faim.
Quand le grignotage remplace le repas
Les prises hors repas sont fréquentes chez les Français en insécurité alimentaire, notamment à la place des repas principaux : 35 % à la place du déjeuner (contre 29 % pour les personnes en sécurité alimentaire) et 31 % à la place du dîner (contre 22 %). Les émotions associées sont la décompression (34 %), l’ennui (20 %), le stress (18 %), la récompense (14 %). De même, le contexte économique semble avoir réduit les consommations de biscuits sucrés (cité par 32 %), des chips et biscuits salés (28 %) et sodas, jus de fruits ou boissons sucrées (26 %).
Un rituel encadré chez les enfants
Chez les 3 - 11 ans, la pratique du snacking est installée et ritualisée : 84 % ont des consommations en dehors des repas, 68 % principalement au moment du goûter. Les prises hors repas se déroulent majoritairement à la maison (77 %) et en présence d’un adulte (79 %). Les aliments les plus consommés au goûter sont les biscuits (56 %), les fruits (43 %) et les produits laitiers (35 %). Chez les enfants, la faim guide majoritairement ces prises alimentaires (61 %), puis les habitudes (40 %) et le plaisir (38 %). Pour leurs enfants, les parents se montrent plus exigeants sur les critères d’achat des produits de snacking, notamment sur la qualité nutritionnelle (84 % contre 79 % pour les adultes), la portion individuelle (84 % contre 75 % pour les adultes) et la liste d’ingrédients courte (93 %).
Des pratiques différentes chez les enfants en surpoids
Pour les enfants en situation d’obésité, les prises hors repas sont davantage liées à l’habitude (45 % des cas contre 40 % pour la moyenne des enfants) et à des motivations émotionnelles (29 % des cas contre 12 % pour la moyenne des enfants). Dans 20 % des cas, elles sont considérées comme une récompense (contre 9 % pour la moyenne totale des enfants). Cette pratique est aussi plus installée le soir ou la nuit (21 % contre 13 % pour la moyenne) et devant les écrans (29 % contre 19 % en moyenne).
Un contrôle parental contre-productif ?
Dans plus des trois quarts des foyers, les adultes décident des portions et des aliments consommés par les enfants et 81 % des parents se disent stricts sur le sujet. Toutefois, plus les parents déclarent contrôler de façon stricte ce que l’enfant mange, quelle quantité, quand et où il mange (quantité, horaire, lieu), plus l’enfant mange ou boit en dehors des principaux repas. Et à l’inverse, les parents qui déclarent ne jamais ou très peu recourir à ces comportements de contrôle stricte ont des enfants qui mangent moins en dehors des repas (69 % contre 82 % sous contrôle strict).
Il semble que la situation d’insécurité alimentaire des parents impacte le tempérament alimentaire des enfants (préférences, réactions émotionnelles, appétit, néophobie alimentaire). Les enfants développent plus de néophobie alimentaire (si insécurité sévère) et plus de sélectivité (si insécurité modérée).
Source : Observatoire des Habitudes Alimentaires Hors Repas — 4e édition. Septembre 2025. https://www.mynewsdesk.com/fr/mondelez-france/blog posts/observatoire-des-habitudes-alimentaires-hors-repas-123062
C. Costa
C. Costa © Société Française de Nutrition. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Date de publication : 14/01/2026
| Pour vous abonner et retrouver tous les articles des Cahiers de Nutrition et de Diététique, cliquez ici |