Nutrition & pathologies

Consommation régulière d’un petit déjeuner et marqueurs de risque du diabète 2


Dans cette étude, la prise d’un petit déjeuner chez des enfants âgés de 9 à 10 ans semble améliorer les marqueurs de risque du diabète de type 2.

Une équipe anglaise a mené une étude transversale sur 4116 enfants âgés de 9 à 10 ans et scolarisés dans des écoles primaires. L’objectif était d’évaluer les liens possibles entre la fréquence des petits-déjeuners et des marqueurs de risque pour le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. Différents facteurs étaient relevés :

  • fréquence des petits-déjeuners,
  • taille, poids, impédance bioélectrique,
  • pression artérielle,
  • dosages sanguins :

- lipides: cholestérol total, HDL cholestérol, LDL cholestérol, triglycérides,

- insulinémie,

- glycémie,

- hémoglobine glyquée (HbA1c),

- urée plasmatique,

- protéine C réactive,

  • appartenance ethnique.

L’analyse de l’alimentation a été menée sur un sous-groupe de 2004 enfants, qui étaient interrogés sur ce qu’ils avaient mangé la veille. Dans ce même sous-groupe, l’analyse de l’activité physique a été mesurée par des capteurs portés par les enfants pendant une semaine.

Parmi les 4116 enfants, 3 056 (74%) prenaient un petit-déjeuner tous les jours, 450 (11%) la plupart du temps, 372 (9%) de temps en temps, et 238 (6%) rarement. 36% des enfants de la catégorie socio-professionnelle (CSP) la plus basse ne prenaient pas de petit-déjeuner chaque jour vs 20% pour ceux de la CSP la plus élevée (p = 0,0001).

Des associations ont été retrouvées entre la fréquence des petits-déjeuners et les marqueurs de risque de diabète de type 2. Les enfants qui ne prenaient que rarement un petit-déjeuner avaient, par rapport à ceux qui prenaient un petit-déjeuner quotidien, une augmentation significative des taux sanguins:

  • de l’insuline de 26,39% (IC95% : 16,62-36,99),
  • de l’insulinorésistance de 26,68% (IC95% : (16,97-37,20),
  • de l’HbA1c de 1,21% (IC95% : 0,38%-2,04%),
  • du glucose de 0,97% (IC95% : -0,04%-1,99%),
  • de l’urée de 6,38%(IC95% : 2,93%-9,94%),
  • des triglycérides de 5,92% (IC95% : 0,76-11,34),
  • de la protéine C réactive de 42,43% (IC95% : 19,92-69,17).

Il était reporté également dans ce groupe une augmentation des plis cutanés de 22,70% (IC95% : 15,16-30,73) et de l’indice de masse grasse de 13,26% (IC95% : 7,71-19,11). Ces valeurs étaient obtenues après ajustement (âge, mois, sexe, origine ethnique, école). Le taux de HDL cholestérol était significativement plus bas de 0,03% (IC95% : -0,07-0,01) pour les enfants qui ne prenaient que rarement un petit-déjeuner, et leur pression artérielle systolique était plus élevée de 0,86% (IC95% : -0,51-2,24). Les mesures du cholestérol total, du LDL cholestérol et de la pression artérielle diastolique n’ont pas montré de différence nette entre les groupes.

Les résultats ont été similaires après ajustement par le niveau d’activité physique. Après ajustement par l’adiposité (indice de masse grasse et mesure des plis cutanés), les différences au niveau de l’insulinorésistance, de l’HbA1c, du glucose, de l’urée étaient encore présentes mais à des degrés moindres ; au niveau du HDL cholestérol, des triglycérides, de la protéine C réactive et de la pression artérielle systolique, les différences n’étaient plus significatives.

Parmi les enfants qui avaient pu être interrogés sur leur alimentation de la veille,  il est apparu que ceux qui avaient consommé un petit déjeuner composé de céréales riches en fibres avaient une insulinémie et une insulinorésistance nettement plus basses que dans les autres groupes (p = 0,01).

 

Ce qu’il faut retenir

Dans cette étude, les enfants qui prenaient un petit-déjeuner tous les jours, et en particulier si celui-ci comprend des céréales riches en fibres, présentaient un profil plus favorable vis-à-vis de la survenue d’un diabète de type 2. D’autres études seront nécessaires pour quantifier cet effet protecteur.

 

Donin AS et al. Regular Breakfast Consumption and Type 2 Diabetes Risk Markers in 9- to 10-Year-Old Children in the Child Heart and Health Study in England (CHASE): A Cross-Sectional Analysis. PLoS Med. 2014 ; 11 (9) : e1001703.