Nutrition & pathologies

Le rôle des vitamines sur la santé osseuse


Le rôle des vitamines sur la santé osseuse

L’action de la vitamine D (et du calcium) sur l’os est bien connue. Mais quels effets ont les autres vitamines ? H. Ahmadieh et A. Arabi 1 ont voulu récapituler l’action des vitamines A, B, C, E et K sur la densité osseuse et savoir si elles favorisaient ou non la prévention des fractures.

Vitamine A

Les auteurs recensent 7 publications (de 1998 à 2004) qui étudient l’effet de cette vitamine sur l’état osseux. Mais elles sont très hétérogènes : certaines concernent des hommes, d’autres des femmes en péri ou post-ménopause. Certains travaux sont d’observation longitudinale, d’autres prospectifs, avec ou sans crossing-over ou double-aveugle. Les résultats ne sont pas concordants, et une conclusion ne peut être tirée pour l’instant. Ces résultats disparates peuvent être expliqués d’une part par la difficulté à mesurer et estimer l’apport en vitamine A, et d’autre part, par le fait que le taux de rétinol sérique est un faible indicateur du statut en vitamine A.

Vitamines B

Un déficit d’apport en vitamines B (B2, B6, B9 et B12) s’accompagne d’une augmentation du taux d’homocystéine qui stimule in vitro l’activité ostéoclastique (activité de résorption osseuse). De plus, des études ont montré que le statut en folates (vitamine B9) serait prédictif de la densité osseuse. Dans l’étude de Framingham, les chercheurs ont montré qu’un taux sérique bas de vitamine B12 s’accompagnait d’une diminution de la densité osseuse au niveau du fémur chez les hommes et du rachis chez les femmes. Même si des études supplémentaires chez l’humain sont nécessaires pour conclure car les conclusions des travaux à date ne sont pas concordants, on ne peut exclure que de faibles apports et de taux sériques bas en vitamines B aient un impact négatif sur l’état osseux.

Vitamine C

Chez les femmes ménopausées, plusieurs études ont montré une corrélation positive entre les apports en vitamine C et la densité osseuse au niveau des hanches et du rachis. Les effets les plus importants ont été notés chez les hommes dont les apports en vitamine e et en calcium étaient bas. Les effets sont plus intéressants ont été observés avec des apports en vitamine C via l’alimentation, et non via des compléments alimentaires.

Vitamine E

Il y en a 2 types : le tocophérol et le tocotriénol. Ce dernier s’avère avoir une effet antioxydant supérieur. Or les radicaux libres altèrent la qualité de l’os en raréfiant les ostéoblastes. Chez l’animal, on a montré que la vitamine E favorise la synthèse du collagène et protège les chondrocytes articulaires. Chez l’homme âgé, l’alpha-tocophérol prévient la formation d’ostéoclastes. La vitamine E agit en synergie avec d’autres antioxydants comme la vitamine C, permettant de diminuer le risque de fracture de hanche, sans être sûr que cela compense toujours le stress oxydatif chez les fumeurs.

Vitamine K

Elle n’a pas qu’un rôle dans la coagulation ; elle a de multiples autres fonctions dont une action protectrice sur l’os. Les sujets souffrant de fracture de hanche ou d’un tassement vertébral ont des taux sériques bas de vitamine K. Une étude japonaise a montré qu’un apport de 45 mg/j de menaquinone-4 pendant 1 à 2 ans réduit le risque de fracture, dont le risque de fracture de la hanche.

En conclusion

La vitamine D et le calcium ne sont pas les seuls micronutriments à intervenir dans le métabolisme osseux. Une majorité d’études montre qu’un apport optimal en vitamines B, C, E et K est corrélé positivement avec la densité osseuse et réduit le risque de fracture, parfois indépendamment de la densité osseuse.

 

[1] H. Ahmadieh et A. Arabi. Vitamins and bone health : beyond calcium and vitamin D.
Nutrtion Reviews, 2011, 69 (10: 584-98)

 

Date de publication: 10/12/2012