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Lancée par Santé publique France, l’étude DIValim (2021) éclaire la maitrise de la diversification alimentaire par les parents, en révélant l’évolution de leurs connaissances, leur mise en pratique et les inégalités sociales persistantes.
 Les parents sont-ils à jour des dernières recommandations sur la diversification alimentaire et leurs connaissances s’améliorent-elles avec les années ? C’est ce qu’a cherché à savoir l’étude DIValim, conduite dès 2021 par Santé publique France à la suite de la diffusion des nouvelles recommandations sur la diversification alimentaire des enfants de 4 mois à 3 ans. Rappelons que cette période du développement de l’enfant joue un rôle déterminant dans la construction de son capital santé à plus long terme.
 L’objectif de l’étude était, non seulement d’évaluer l’évolution, entre 2022 et 2023, des connaissances des parents sur les principales recommandations de diversification alimentaire, mais aussi leur niveau de certitude associée, ainsi que leur sentiment d’applicabilité dans la vie quotidienne. Ces évolutions étaient aussi analysées selon les caractéristiques socioéconomiques des familles afin d’identifier d’éventuelles inégalités sociales.

Dix-sept recommandations évaluées

 L’étude repose sur une enquête transversale répétée, menée en ligne auprès de parents d’enfants âgés de 0 à 3 ans vivant en France. Deux vagues d’enquête ont été réalisées : la première en mars 2022 auprès de 1356 parents et la seconde en octobre 2023 auprès de 1394 parents représentatifs de la population française.
Le questionnaire évaluait la connaissance, les certitudes et le sentiment d’applicabilité de dix-sept recommandations clés de la diversification alimentaire mais sept seulement sont présentées dans ce rapport. Parmi celles-ci, l’introduction précoce de tous les groupes d’aliments (dont les légumes secs et les produits céréaliers complets), ainsi que les aliments allergènes (œuf, arachides, poissons, fruits à coque, produits laitiers autres que le lait, gluten), même chez l’enfant à risque d’allergies, et l’ajout systématique de matières grasses dans les préparations maison ou celles du commerce qui n’en contiennent pas. À cela, s’ajoutaient des questions sur leur prise en compte de l’appétit de l’enfant.

Une amélioration globale des connaissances

 Entre 2022 et 2023, les résultats montrent une amélioration globale des connaissances parentales concernant les recommandations de diversification alimentaire. La progression est statistiquement significative concernant la connaissance de l’ajout de matières grasses dès le début de la diversification (passant de 64 à 67 % des parents le connaissant) et l’introduction de tous les groupes d’aliments sans ordre particulier. En revanche, certaines recommandations restaient insuffisamment connues en 2023. Par exemple, moins de la moitié des parents connaissaient correctement l’introduction précoce des légumes secs et l’introduction des féculents complets et moins de 40 % l’introduction des fruits à coque et des aliments allergènes à visée préventive. Ces résultats signifient que, malgré des progrès notables, des marges d’amélioration importantes persistent sur les
messages les plus récents ou perçus comme complexes.

Un faible niveau de certitude des connaissances

 Le niveau de certitude des parents vis-à-vis de leurs connaissances alimentaires reste globalement faible pour certaines recommandations (seuls 10 % des parents se déclarent certains pour les légumes secs et les féculents complets). Moins de la moitié des parents se déclare totalement sûr de leurs réponses lorsqu’elles sont correctes, et cette proportion n’évolue que faiblement entre les deux vagues. Cependant, certaines améliorations sont observées, en particulier pour l’ajout de matières grasses, avec une progression significative du pourcentage de parents « tout à fait sûrs » de leur connaissance (passant de 29 à 32 %). Cette évolution est surtout marquée chez les parents ayant un niveau d’étude plus faible, suggérant un effet positif des actions de communication sur la réduction des écarts de certitude. De façon générale, le fait de se sentir bien informé, d’être une mère, un parent plus jeune ou de s’appuyer sur des sources institutionnelles ou professionnelles est fortement associé à un niveau de certitude plus élevé.

Le sentiment d’applicabilité des recommandations progresse

 Le sentiment d’applicabilité des recommandations progresse globalement entre 2022 et 2023. Une majorité de parents se déclare prête à mettre en pratique les recommandations, notamment celles déjà bien installées comme le respect de l’appétit de l’enfant, connue par 95 % des parents. De même, concernant la recommandation sur les matières grasses, environ 70 % des parents se sentaient prêts à l’appliquer, sans évolution significative entre les deux vagues d’enquête. En revanche, certaines recommandations, même mieux connues qu’auparavant, demeurent perçues comme moins faciles à appliquer, en particulier celles concernant les aliments allergènes ou certains groupes d’aliments spécifiques comme les féculents complets et les légumes secs. Le sentiment d’applicabilité est plus élevé chez les parents disposant d’un capital socioéconomique plus favorable, mais il progresse également chez les parents les plus modestes.

Une réduction des inégalités sociales de connaissances

 Un résultat central est la réduction des inégalités sociales de connaissances entre 2022 et 2023. Les progrès observés sont plus importants chez les parents de niveau socioéconomique plus faible, tant en matière de connaissance que de certitude. Toutefois, ces parents restent encore moins informés et moins confiants que ceux de milieux plus favorisés. Ils considèrent aussi moins souvent les recommandations comme applicables. Quoi qu’il en soit, le recours aux sites Internet d’autorités de santé et la consultation de la brochure de diversification alimentaire sont clairement associés à de meilleurs niveaux de connaissance, de certitude et d’applicabilité.

Des avancées significatives

L’étude DIValim met en évidence des avancées concernant la diffusion et l’appropriation des recommandations de diversification alimentaire entre 2022 et 2023. Les actions de communication menées par Santé publique France semblent avoir contribué à cela, tout en réduisant partiellement les inégalités sociales. Toutefois, la persistance d’un faible niveau de certitude et la connaissance encore limitée de certaines recommandations clés soulignent la nécessité de poursuivre et renforcer les actions de prévention, en particulier à destination des parents les plus vulnérables. Explorer les éventuels freins de mise en pratique de chaque message pourrait aussi permettre d’améliorer la qualité de l’information transmise tout en augmentant les niveaux de connaissance et de certitude associée.

 Synthèse de l’évolution des connaissances des parents sur la diversification alimentaire entre 2022 et 2023 : résultats de l’étude Divalim. Sante publique France. Octobre 2025. https://www.santepubliquefrance.fr/import/ synthese-de-l-evolution-des-connaissances-des-parents-sur- la-diversification-alimentaire-entre-2022-et-2023-resultats- de-l-etude-divalim

C. Costa

C. Costa © Société Française de Nutrition. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

Date de publication : 27/04/2026
 

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