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Vieillir à domicile est le choix de la majorité des Français. Mais comment les seniors maintenus à domicile s’alimentent-ils au quotidien ? Pour le savoir, la Fondation Restalliance a mené une enquête sur les comportements, attentes et besoins des seniors en lien avec leur niveau d’autonomie. Ce Baromètre de l’Alimentation des seniors à domicile s’appuie sur une étude quantitative (questionnaires, carnets de consommation et entretiens) réalisée auprès de 541 seniors autonomes et 104 aidants de personnes non autonomes, complétée par une enquête qualitative auprès de 19 seniors autonomes.

Des produits bruts et frais privilégiés

Plus de la moitié des seniors autonomes vivent seuls (52 %). Ils réalisent l’essentiel de leurs courses en hyper ou supermarchés (63 %) et fréquentent les marchés de façon plus occasionnelle. Par rapport à la moyenne française, ils se distinguent par leur préférence pour les produits frais et bruts (28 % de leur panier), notamment les fruits, légumes, viandes, charcuteries et fromages, plutôt que les produits emballés. Les laitages sont surreprésentés dans leurs achats (17 % contre 15 % au niveau national).

Les aidants — hommes et femmes à parts égales, majoritairement âgés de 50 à 64 ans — effectuent souvent les courses à la place des seniors non autonomes, pour compenser le manque de mobilité (76 %) ou de force (68 %) des aidés. Un quart d’entre eux rapporte aussi que la personne aidée ne sait pas toujours quoi acheter pour bien manger.

Le repas, un moment de plaisir. . . souvent fractionné

Les repas restent une source de plaisir pour deux tiers des seniors autonomes, et 73 % déclarent aimer cuisiner. Près de 9 sur 10 se disent satisfaits de leur alimentation. Le plaisir est renforcé lorsqu’ils partagent le repas avec leurs proches.
Dans l’ensemble, les seniors ont tendance à fractionner leur alimentation tout au long de la journée, notamment en intégrant une pause dans l’après-midi. Cette tendance est plus fréquente chez les personnes en perte d’autonomie (55 % concernés versus 30 % des seniors autonomes), qui s’éloignent légèrement de la structure classique des trois repas par jour. Des collations le matin, le soir et la nuit sont aussi plus souvent déclarées chez les non autonomes.

Les personnes mangeant seules, disent en majorité y être habituées. Cependant, plusieurs expriment encore une préférence pour les repas partagés. Beaucoup disent également allumer la télévision ou la radio pendant le repas, afin de créer une ambiance sonore et ressentir une forme de présence. Les personnes habituées à prendre leurs repas en compagnie, notent aussi un changement dans leurs habitudes alimentaires lorsqu’elles mangent seules : repas moins élaborés, pris plus rapidement, souvent en présence de médias. 

Des goûts variés et affirmés

Les seniors partagent des préférences communes et une grande variété alimentaire, encore plus marquée chez les autonomes. Leurs aliments préférés sont : les fruits frais et compotes (cité par 85 % de seniors autonomes), les crudités (82 %), les viandes et poissons (82 %), les fromages (81 %), les œufs (75 %), les laitages (75 %), les légumes cuits vapeur (74 %), les féculents riz, pâtes, semoule quinoa (73 %) et le pain et les produits céréaliers (65 %). Les plus dépendants préfèrent (d’après les aidants) des aliments plus simples, légers et faciles à digérer comme les fruits frais et compotes, les légumes cuits vapeur, les laitages, les fromages, les soupes, potages, les viandes poissons et œufs.

Lors des entretiens individuels, plusieurs interrogés évoquent un désintérêt pour la viande rouge ou les abats, souvent par manque d’envie de cuisiner. D’autres mentionnent un retour des féculents dans leur alimentation, longtemps délaissés par peur de prise de poids.

Des repas complets et faits maison

Les seniors autonomes prennent des repas plus complets que la moyenne nationale : une entrée (34 % contre 21 %), un plat principal (97 %), du fromage (50 % contre 33 %) et un dessert (78 % contre 67 %). Le « fait maison » reste la norme dans plus de 76 % des cas, surtout au déjeuner tandis que le dîner est souvent plus léger ou simplement à réchauffer (24 % des cas contre 12 % au déjeuner). Leur cuisine s’adapte au rythme de la journée : copieuse et traditionnelle le midi, plus simple et légère le soir (potages, œufs, poissons, salades, tartes salées). Les seniors disposent généralement d’un bon équipement pour cuisiner, du four traditionnel aux appareils modernes.

Les difficultés rencontrées concernent surtout les seniors non autonomes. Leurs aidants évoquent des troubles de l’appétit, des problèmes de mobilité, de digestion ou de manipulation des emballages et des ustensiles de cuisine.

Garder le contrôle de son alimentation

Les seniors autonomes utilisent peu les solutions comme les repas prêts à l’emploi, les services de livraison de repas ou les applications de conseils nutritionnels. À l’inverse, près de la moitié des non autonomes ont déjà testé les plats préparés. Cependant, la livraison à domicile séduit peu : 80 % des autonomes et 37 % des non autonomes y sont opposés, invoquant un manque de goût, de variété et de confiance dans les produits.

Une perception sous-estimée du rôle de l’alimentation

Beaucoup    de    seniors    sous-estiment    l’impact    de l’alimentation sur la santé — le poids, l’énergie, la digestion ou le maintien de la masse musculaire. Près d’un sur deux pense qu’avec l’âge, il faut manger moins ou plus léger, ou que les besoins nutritionnels diminuent après 65 ans.

Si ces résultats se veulent globalement rassurants, ils reposent sur des déclarations plus que sur des pratiques réelles. L’échantillon, composé majoritairement de seniors urbains aux revenus confortables, reste donc peu représentatif des populations les plus exposées à la dénutrition.

Source : Baromètre de l’alimentation des seniors à domicile 2025. Septembre 2025, Institut Nutrition La fondation Restalliance et Worldpanel. 
https://www.institut-nutrition.fr/wp-content/uploads/2025/10/Rapport-complets-Barometre-2025.pdf

C. Costa

C. Costa © Société Française de Nutrition. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

Date de publication : 20/01/2026
 

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