Le Conseil national de l’alimentation vient d’émettre une cinquantaine de propositions d’action pour une alimentation compatible avec des systèmes alimentaires durables.

Qu’est-ce qu’un système alimentaire durable ?

Les systèmes alimentaires durables doivent permettre l’accès pour tous et partout à une alimentation favorable à la santé et assurer la couverture des besoins nutritionnels. Ils assurent la protection de la santé et du bien-être des animaux. Ils intègrent les enjeux relatifs au changement climatique, à la santé des sols, à la préservation des ressources en eau, et à la perte de biodiversité. Ils assurent une juste rémunération des producteurs ainsi que des salariés de la chaîne alimentaire et garantissent un accès à une alimentation durable pour tous. Ils se rapportent autant que possible géographiquement à un bassin de vie et son territoire proche et permettent aux populations qui y vivent de participer à la définition de leurs besoins et des moyens et d’y répondre.

Des comportements sous influence

Dans son avis no 90, le CNA a tout d’abord dressé un état des lieux des nouveaux comportements alimentaires à partir d’auditions d’experts et de l’analyse de la littérature scientifique. Ils ont ainsi confirmé que les comportements alimentaires sont influencés par le parcours de vie, l’âge, l’offre alimentaire et sa disponibilité financière, le marketing des produits, etc. Et que ces comportements ont des conséquences sur la santé humaine, animale et environnementale. Enfin, ils ont noté que les comportements ont évolué depuis une dizaine d’années en raison d’une prise de conscience des enjeux environnementaux par les citoyens (modes de production privilégiés, quantités consommées...).

Quatre enjeux majeurs

Après avoir identifié ceux qui pourraient avoir un impact structurant pour la durabilité des systèmes alimentaires, les membres du groupe de concertation ont pu relever 4 enjeux majeurs :
•    l’enjeu du rééquilibrage entre les consommations d’aliments d’origine végétale et d’origine animale ;
•    l’enjeu du développement de modes de production et de logistique répondant aux attentes sociétales en matière de durabilité et d’équité et limitant le gaspillage alimentaire ;
•    l’enjeu de l’encadrement et du développement des outils numériques afin de favoriser les comportements alimentaires durables ;
•    l’enjeu relatif aux contraintes limitant les possibilités de transition vers des systèmes alimentaires durables.

Une cinquantaine de recommandations

Les membres ont ensuite proposé des solutions pour anticiper les évolutions des comportements alimentaires et répondre aux attentes sociétales qu’ils soulèvent. Une cinquantaine de recommandations ont été émises parmi lesquelles des recommandations « clés » comme :
•    mieux éduquer et informer les citoyens sur les pratiques alimentaires et les modes de production cohérents avec les objectifs de transition vers des systèmes alimentaires durables. Il peut s’agir à titre d’exemple de redéfinir les repères nutritionnels en intégrant l’enjeu de durabilité, de mettre en place des campagnes d’information sur le rééquilibrage végétal/animal ou de réaliser des actions scolaires sur ce sujet ;
•    garantir l’information sur les qualités des produits et mieux informer les consommateurs afin de les encourager à consommer des produits issus de modèles agricoles durables et de rééquilibrer leur ration végétale/animale ;
•    accompagner et donner les moyens à la restauration collective d’être un levier des transformations des pratiques alimentaires en renforçant la formation des professionnels et en revalorisant le prix du repas pour introduire au moins 50 % de produits durables ;
•    promouvoir les pratiques de production, de transformation et de commercialisation contribuant au développement d’une offre de produits issus de méthodes de production plus respectueuses de l’environnement, du bien-être animal et de la santé humaine, en limitant le gaspillage alimentaire. Il serait question de rééquilibrer les aides et subventions publiques aux modes de production durables, de protéger les produits agricoles et alimentaires de la concurrence des produits importés ne respectant pas les normes sanitaires environnementales européennes ou encore de développer une offre commerciale favorable à des systèmes alimentaires durables, peu transformés, de bonne qualité nutritionnelle et simple à cuisiner ;
•    développer la recherche sur des dynamiques alimentaires en cours : identifier les régimes combinant plusieurs caractéristiques de durabilité, et identifier les freins et leviers à l’adoption de ces régimes.

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L’AFDN et Nestlé France se sont associés pour évaluer la perception, les pratiques et les besoins de formation des diététiciens nutritionnistes en matière d’alimentation durable. L’enquête, réalisée dans un contexte d’évolution forte des préoccupations des Français quant à l’impact environnemental de leurs consommations pose la question de l’accompagnement des patients.

Alimentation : une transition durable partagée

Source : Nouveaux comportements alimentaires : pro- positions d’actions pour une alimentation compatible avec des systèmes alimentaires durables — CNA Avis no 90 — 07/2022 — https://cna-alimentation.fr/avis/tous-les-avis/

C. Costa
© Société Française de Nutrition. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

Date de publication : 16/01/2023  

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